Aïki Mag n°18 jun à nov 2009
Aïki Mag n°18 jun à nov 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°18 de jun à nov 2009

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : aïkibudo, Alain Floquet, 50 ans de ceinture noire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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RENCONTRE Michel Laurent Michel Laurent 6 e dan, BEES 2, 40 ans de pratique au service de l’Aïkido ! Un parcours impressionnant : membre du comité Drôme-Ardèche de 1975 à 1984, président du comité de cette région du temps de l’UNA, puis président de la ligue Rhône-Alpes, également membre du Comité Directeur de la FFAAA de 1985 à 1992 et de la CSGA dans le cadre de l’UFA en 1996. Rencontre avec une mémoire de notre art. partage et tolérance Quel fut pour vous le déclic qui vous a fait quitter le Judo pour l’Aïkido ? J’ai pratiqué le Judo de 1953 à 1965. Le Judo se tournant vers un entraînement physique pour répondre au besoin de compétition, l’esprit initial du Judo « la voie de la souplesse » était délaissé. C’est suite à une rencontre avec Alain Guerrier, qui enseignait l’Aïkido dans une école pour enfants difficiles, que je me suis mis à la pratique de cet art. Nous avons ouvert le dojo de Pierrelatte en septembre 1967 dont Alain assurait l’enseignement. Lors de ses déplacements au Japon, ce sont Claude Noble et Roberto Arnulfo qui en ont assuré les cours. J’ai suivi le cursus d’enseignement à partir de 1970 au sein de l’ACFA avec les maîtres Tamura et Chiba, puis en 1973 dans le cadre de l’UNA, conclu en 1976 par un BE 2. Après plus de 40 ans de pratique, quels sont les points essentiels dans votre transmission de l’Aïkido ? Maintenir la transmission des bases de l’Aïkido enseignées par O’Senseï et ses élèves successifs (Tamura, Chiba, Yamaguchi, Saotome) notamment sur les notions de travail d’esquive, de distance, d’attitude générale, de disponibilité de l’esprit et du corps. Développer l’harmonie entre ce travail et la respiration qui conduit à l’expression du ki, son développement en soi. L’Aïkido est avant tout un travail sur soi. L’Aïkido n’est pas une compétition mais avant tout un échange avec le partenaire où chacun doit jouer Michel Laurent, budoka passionné au service de son art. son rôle avec harmonie, dans la recherche d’une évolution commune qui a pour but l’enrichissement personnel. Dans les premières décennies, nous nous sommes polarisés sur le travail de tori sans prendre en compte celui d’uke. Hors, son travail est primordial car il doit y avoir un engagement total de sa part pour que tori puisse effectuer l’esquive et le contrôle du partenaire avant son immobilisation ou sa projection. Il faudrait enrichir le travail de uke pour qu’il y ait un bon échange entre les deux partenaires afin de favoriser la réalisation d’une bonne technique,... C’est une école de vie qui nous rend plus humble et nous enseigne la tolérance... 22 celles-ci sont liées aux formes d’attaque. L’Aïkido est un art martial, où rien ne peut être interdit en matière de saisie, de frappe et autres. Il faut être libre dans sa tête et dans son corps pour faire face à toutes les situations. Quels sont vos liens avec les grands maîtres de la FFAAA ? Au début, en 1965, j’ai participé à des stages avec Maître Nakazono, notamment à Annecy en juillet/août 1972 où plusieurs experts étaient présents (Nakazono senseï, Tamura senseï, Ichimura 6 e dan Iaï, et Ishisawa sensei), puis également avec Chiba sensei au temps de l’UNA. Dans le cadre du congrès international de la FIA en 1980, que j’ai suivi en tant que président de la région Dauphiné/Savoie, j’ai travaillé avec une dizaine d’ex-
perts japonais dont le doshu Kisshomaru Ueshiba qui nous avait fait l’honneur de venir en France. Après la scission en 1982 et la création de la FFAAA en 1983, j’ai suivi les différents maîtres japonais venant effectuer des stages en France comme Yamaguchi, Nishio, Endo et Yasuno senseï, puis, depuis 1984, l’enseignement de Christian Tissier rentrant du japon. Dans le cadre de la FFAAA, j’ai participé les 6 et 7 juillet 1985 à la Maison du judo de Lyon à un stage sous la direction de Moriteru Ueshiba. Pendant 20 ans, de 1986 à 2006, j’ai suivi les stages d’été de Saotome senseï au Vigan. Votre engagement au sein des instances fédérales a été fort durant toutes ces années, quels enrichissements en avez vous tiré ? J’ai été membre du Comité National de la FFAAA de février 1985 à novembre 1992. Avec ce comité nous avons engagé tous nos efforts pour mettre en place l’union des deux fédérations, sachant que nous venions du même endroit et que nous avions suivi le même enseignement initial des même sensei. C’est un regret pour moi de ne pas avoir pu réaliser cette UNION, quel énorme gâchis !!! Je regrette personnellement que nos initiatives de rapprochement n’aient pas été couronnées de succès malgré tous nos efforts (cf. CRUAF*). Mais que faire devant une mauvaise volonté si tenace ! Puis j’ai été membre de la CSGA** de juin 1989 à fin 1990, instance où les deux fédérations étaient représentées. Quel regard portez-vous sur l’étiquette dans notre pratique ? L’éthique de notre discipline et l’étiquette ne sont plus respectées comme elles l’étaient dans nos premières années de pratique. Le manque d’information à ce sujet y contribue pour une bonne part. Il serait bon d’en rappeler l’enseignement lors des stages de formation et écoles de cadre. Quel aspect fondamental vous intéresse plus particulièrement dans l’étude de l’Aïkido ? Le « non-faire », c'est-à-dire la vacuité du corps et de l’esprit. Pour les « brutes » oublier leur force, pour les « faibles » travailler le ki, développer le sens de l’esquive. Ceci conduit à une meilleure connaissance de l’individu, de son anatomie, permettant de développer l’énergie naturelle qui l’habite. Quel sens prend la pratique des Travailler le centrage, la distance, par la pratique avec armes. armes dans votre recherche en Aïkido ? J’ai eu la chance de suivre les stages de Saotome Mitsugi senseï depuis 20 ans. Il nous a donné une bonne approche de la pratique des armes. Nous avons pu développer centrage, distance, réflexe, timing, qui permettent une meilleure pratique de l’Aïkido à mains nues. Un bon pratiquant d’armes n’éprouve plus le besoin de s’en servir, on approche ainsi les recommandations de maître Ueshiba, fondateur de l’Aïkido. 23 Votre sens de la transmission vous a valu d’ouvrir de nombreux dojos, de préparer de nombreux aïkidoka aux passages de grades et au rôle d’enseignant, en quoi cette démarche est-elle importante pour vous ? Quand on aime quelque chose, on aime aussi le faire partager. J’ai eu la chance d’avoir des élèves compréhensifs et motivés sachant s’engager à leur tour et qui partagent ma passion. Ainsi, j’ai pu former plus d’une trentaine de BF et de BE ainsi que de nombreuses ceintures noires, 1ère, 2 e, 3 e et 4 e dan. J’ai eu la joie de créer de nombreux clubs dans le sud Drôme-Ardèche, sans compter ceux qui ont essaimé à l’extérieur. Dans vos cours du samedi matin pour les plus anciens, que désirez-vous transmettre ? Là aussi, c’est le « non-faire », la disponibilité, la liberté de l’esprit et du corps. Ne pas se polariser sur les techniques, oublier la raideur et la force physique. Contrôler sa respiration, respect de l’intégrité des deux partenaires, attitude, respect de l’étiquette et des valeurs spécifiques de l’Aïkido. Cette énergie qui est la vôtre à plus de 80 ans, vous vient-elle d’une pratique régulière de l’Aïkido au-delà du dojo ? L’Aïkido est pour moi une école de vie qui peut être pratiquée jusqu’à un âge avancé : la preuve ! La confrontation permanente dans sa pratique n’est pas une fin en soi, le plus important est le travail sur soi-même qui doit bonifier avec le temps comme un élixir de jouvence. Je voudrais aussi souligner l’extraordinaire enrichissement généré par les contacts humains qu’il suscite, l’amitié toujours présente et renforcée au fils des ans, une meilleure connaissance de soi-même et des autres. C’est une école de vie qui nous rend plus humble aux regards des tâches futures et nous enseigne la TOLERANCE ! ● Propos recueillis par Pascale et Yves Soulabaille * Comité Représentatif Unique de l’Aïkido Français ** Comité Spécialisé des Grades d’Aïkido



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