Aïki Mag n°18 jun à nov 2009
Aïki Mag n°18 jun à nov 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°18 de jun à nov 2009

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : aïkibudo, Alain Floquet, 50 ans de ceinture noire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 12 - 13  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
12 13
AÏKIDO Yoko Okamoto Pour les aïkidoka qui se rendent au Japon, un lieu de pratique à ne pas manquer, au cœur de Kyoto, le dojo de Yoko Okamoto 6 e dan. Lieu d’exception où sont concentrés les éléments essentiels de la voie de l’harmonie. Zen, Aïkido, culture et tradition garantis. yoko kyoto’s dojo Racontez-nous la genèse de votre dojo traditionnel de Kyoto. Lorsque j’ai commencé à enseigner à Kyoto en novembre 2003, il n’y avait que trois élèves. Aujourd’hui, avec les enfants, le club Aïkido Kyoto compte plus de 120 inscrits. Dans de telles conditions, il était devenu indispensable de créer notre propre salle de pratique et d’entraînement. Kyoto, ville d’histoire et de traditions, est un centre culturel toujours très actif au Japon. Pourtant, les arts martiaux n’y sont pas très populaires et la ville ne compte que trois salles municipales équipées de tatamis ! Cela devenait de plus en plus difficile, voire même impossible, de réserver une salle, tout particulièrement pour les cours du soir. Plus le club s’élargissait et plus je sentais la nécessité de créer mon dojo, pour enseigner Sous le kakemono zen, l’autel du kamiza est en ginko biloba massif, essence d’arbre sacré. 12 bien sûr, mais aussi pour que la pratique de l’Aïkido soit mieux représentée et mieux reconnue. Au début de l’année, j’ai commencé à me mettre sérieusement à chercher un local. Lorsque j’ai visité cet ancien atelier de tissage traditionnel (nishijin), malgré les relents d’huile et les amats de poussière, j’ai tout de suite su que c’était le bon endroit pour ouvrir un dojo. J’en ai donc parlé à mes élèves et nous nous sommes tout de
suite mis au travail. Il y a bien eu quelques difficultés avant de signer le bail mais après, tout est allé très vite*. C’est ainsi que le Nishijin dojo a vu le jour. Voilà pour les causes directes. À cela, il faut bien sûr ajouter toutes les causes indirectes ou les hasards de la vie qui ont permis la création de ce nouveau dojo ici, à Kyoto. Quels sont les principaux principes de votre enseignement ? J'ai commencé a pratiquer l’Aïkido à l’Aïkikaï de Tokyo, il y a 30 ans. Je pense que pendant ces trois dernières décennies, l’Aïkido en général s’est beaucoup développé, dans un sens très positif et très constructif. Après la mort d’O Sensei, à l’Aïkikaï et dans le monde entier, les shihan se sont appliqués, et continuent encore aujourd’hui, à conserver la qualité de la pratique. Je n’ai pas le même niveau technique ni le même niveau de compréhension de l’Aïkido mais je pense que c’est ma responsabilité et ma tâche de transmettre l’art que j’ai hérité de ces grands maîtres. Pour moi, l’enseignement de l’Aïkido, est avant tout une question de rigueur. Rigueur vis-à-vis de soi-même pour suivre la voie tracée par les shihan et ne pas déformer cet art. Cela ne veut pas dire que l’Aïkido est une pratique figée car avec la maîtrise du corps on acquiert aussi la liberté d’esprit. Pour répondre à votre question plus concrètement, je pense, qu’à mon niveau, il est encore important de répéter les techniques de base plutôt que de chercher à faire des techniques très personnalisées. Quelle est la technique de base qui vous paraît la plus fondamentale pour la compréhension de l’Aïkido ? C’est une question difficile. Pour moi, ikkyo et irimi sont des techniques inséparables. Les plus fondamentales et en même temps les plus profondes. Sur quoi faut-il se concentrer en entrant dans le dojo et dans la pratique ? Le dojo n’est pas une simple salle de pratique. C'est un espace consacré à l’apprentissage du do (la voie), et en ce qui nous concerne, du budo. Quand on pousse la porte du dojo, il est nécessaire de laisser derrière soi son ego, ses titres, ses soucis personnels, etc. On vient tous là pour apprendre quelque chose de nouveau. Dans 13 Les techniques doivent être répétées inlassablement jusqu’à la maîtrise parfaite. un dojo, il y a bien évidemment des protocoles à suivre. Il est important de respecter les autres et l’endroit où l’on vient apprendre. De même, la pratique doit être la plus sincère possible, c'est-à-dire avec une attitude humble et l’esprit ouvert. Chacun doit ménager son partenaire et se concentrer sur son rôle : en tant que tori ou uke, en tant qu’ancien ou débutant. Bien sûr, tous ces principes sont valables aussi en-dehors des tatamis, à mon sens, ce sont les bases de la vie en société. À chaque entraînement, on répète les mêmes techniques : ikkyo, irimi-nage, shiho-nage, etc., mais les conditions de pratique, les partenaires ne sont jamais les mêmes donc il faut toujours recommencer comme si c’était la première fois. Quand on sent que le mouvement est toujours le même, alors il faut commencer à douter. C’est sûrement le signe que l’on est sur la mauvaise voie et qu’il est temps de se remettre en question. Tout cela est facile à dire mais extrêmement difficile à mettre en pratique tous les jours. Il se dégage une réelle sérénité de votre dojo et de vous, est-ce celle de l’expérience ? Peut-être que ce sentiment de sérénité se dégage de la calligraphie suspendue au kamiza ? C’est un moine zen de ma connaissance qui l’a réalisée pour le dojo. Il a écrit quatre caractères chinois qui se lisent Jinen Godo. Jinen signifie la nature des choses, Godo signifie la voie de l’harmonie et, par extension, l’Aïkido. Ilest vrai que lorsque j’ai créé ce dojo, j’avais en moi l’image d’un dojo de zazen. Dans un dojo de zazen comme dans un dojo d’Aïkido, chacun vient chercher sa nature profonde, ou, pour utiliser un mot plus propre à l’Aïkido : le shizentai. Yamaguchi sensei parlait souvent de cette posture correcte. Je pense que c’est la posture naturelle que nous devons trouver au fond de nous. Cela ne veut pas dire que l’on est libre de faire n’importe quoi, il s’agit d’avoir l’esprit pur pour trouver l'attitude juste au moment juste, en harmonie avec tous les éléments de l’univers. Mais on ne peut atteindre cet état qu’après de nombreuses années d’entraînement assidu. Je voudrais que les pratiquants qui entrent dans ce dojo, à travers leur pratique quotidienne de l’Aïkido, cherchent ce shizentai qui leur est propre, cette source d’énergie et de créativité inépuisable qui est en eux. ● Propos recueillis par Albert Wrac’h *Voir l’animation sur le site du Nishijin dojo : http://aikidokyoto.com/



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :