Aïki Mag n°17 déc 08 à mai 2009
Aïki Mag n°17 déc 08 à mai 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°17 de déc 08 à mai 2009

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3,5 Mo

  • Dans ce numéro : entretien avec Dominique Peinturier, le lien fondamental.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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KINOMICHI Ukemi Ukemi, dans la tradition des arts martiaux, est l’art de chuter. En Kinomichi, c’est une façon comme une autre de bouger. Dans cet esprit, le mot « chute » est remplacé par « roulade », le Kinomichi n’étant pas fondé sur un rapport de force mais sur une recherche à deux. L’ukemi n’est qu’un prolongement du mouvement dans lequel uke, dans la poussée de sa saisie, doit continuer à projeter son Ki de manière à aider nage à réaliser sa technique, accompagnant ce dernier pour faire le plus bel ukemi possible. Dans cet esprit, uke a besoin d’autant de concentration et d’habileté que nage et peut apprendre autant de nage, sinon plus. Ainsi, les deux partenaires progressent-ils ensemble et deviennent-ils graduellement plus exigeants, plus en harmonie et plus élégants. L’ukemi n’est plus alors que la recherche approfondie du contact et de l’espace, éléments essentiels du Kinomichi. bales, prises dans les interactions de la pratique en groupe, nous révèle qu’il fait travailler à des niveaux d’identification différents et, souvent, de façon dialectique. Le geste, inscrit dans la technique, donne à voir le corps, reflété par le corps de l’autre. Ce « miroir corporel » dynamique constitue un terrain d’identification réciproque provenant des sensations corporelles. Un geste, invitation à la pratique d’une technique, est proposé, offert en retour et développé dans la répétition. Ainsi, l’acceptation réciproque du même geste technique, phénomène en miroir, relation circulaire sur un mode appel-réponse, fonctionne bien comme signe de reconnaissance, chacun acceptant d’être miroir de soi à l’autre. Cet échange, en marge du langage, permet de faire l’économie de la discursivité, de pouvoir, en quelque sorte, se connaître et se comprendre sans les mots, comme en cachette. La pratique harmonieuse du Kinomichi nous montre bien comment chacun de nous peut s’accorder à la qualité du mouvement qui nous est offert et l’accompagner par rapport à l’espace, au temps, à l’énergie. Par ailleurs, se trouve privilégié un mode de communication kinesthésique à partir de l’expérience partagée et, aussi, pourrions-nous dire, chorégraphique, qu’il s’agit d’élaborer ensemble. Du symbolique s’introduit qui permet de « se dire » de façon voilée. Cela précise bien comment ce mode de recherche de l’harmonie fonctionne sans expliquer. Des phénomènes de résonance existent entre les pratiquants, qui mettent en relief différents modes de communication, non seulement non verbaux, mais indicibles, ainsi que les divers enjeux du corps. L’originalité du Kinomichi participe d’une dialectique qui ordonne le schéma corporel, amène à la redécouverte de son corps dans sa totalité. L’espace de liberté Ainsi le pratiquant, dans le silence de ses gestes, parle directement à l’image inconsciente du corps de l’autre. Enfin, paradoxalement, bien que chaque mouvement et chaque forme ait sa codification propre, le rôle de la créativité de chacun, par rapport aux formes et aux mouvements, est essentiel pour introduire un langage. Avec l’expérience de la rencontre codifiée se développent la capacité de jeu et la recherche de son propre espace de liberté dans le respect de l’autre. C’est le temps de l’expérience d’un acte dirigé par soi-même et l’engagement corporel dans le mouvement codifié où chacun peut exprimer son originalité et sa personnalité. Absorbés dans l’action, créant en nous à la fois une bulle d’aisance et un appel d’être, 22 commence alors une nouvelle expérience, celle du lâcher-prise, qui fonde le temps d’émergence nécessaire à l’acte créatif. La réalité du travail du pratiquant de Kinomichi est dans sa présence en acte. Mais l’impulsion, l’aisance, le rythme, l’énergie arrivent quand on leur laisse la place. Pour le pratiquant, la présence est aussi une absence qui fait surgir la mémoire secrète du corps. Le temps d’émergence est ce moment où le pratiquant se laisse surprendre pour, en même temps, reconnaître comme siens le geste, le mouvement, le déplacement, autant de traces éphémères d’une représentation de soi dans l’espace qui démontre que, par nos gestes, nous créons sans cesse et sans cesse nous récréons. Nous conclurons brièvement pour souligner que le Kinomichi, chef-d’œuvre de Maître Noro, est une pratique dont la recherche concernant les fondements théoriques reste très ouverte. Sa spécificité est essentiellement fondée sur la fluidité et l’intégration, par l’expérience vécue. Sa transmission reste en marge des mots et sa théorisation reste avant tout verbale. Partant d’une attention dirigée sur le corps et d’une expression par le geste, le Kinomichi ouvre un espace où peuvent s’épanouir l’imagination, les échanges, la communication et la relation authentique à soi-même et à l’autre. Il ne nous reste plus qu’à souhaiter que chacun se laisse surprendre et s’interroge sur sa pratique, dans un mouvement dialectique qui lui permette peu à peu d’élaborer quelques concepts susceptibles de l’éclairer. ● Bernard Hévin
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