Aïki Mag n°16 jun à nov 2008
Aïki Mag n°16 jun à nov 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°16 de jun à nov 2008

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : entretien avec Christine Sigrist, la communication aux limites.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ENTRETIENGilbert Maillot Gilbert Maillot, 5 e dan, BE 2 e degré, s’investit depuis de nombreuses années dans l’art complexe de la transmision aux plus jeunes. Lors d’un récent stage de formation, il nous a confié quelques éléments essentiels de ses recherches. Comment définissez-vous « enfant » en terme d’Aïkido fédéral ? C’est le terme « Aïkido jeunes » qui est préféré. Deux paramètres définissent les jeunes : — ils ont moins de 14 ans, — le prix de leur licence est inférieur à celui des adultes. Leur permettre de pratiquer l’Aïkido c’est aussi leur offrir un cadre de pratique à leur mesure. Ce qui revient à dire une couverture d’assurance, un encadrement qualifié et des conditions de pratique ajustées. L’âge préconisé par la commission jeunes pour débuter dans l’Aïkido se situe à 6 ans mais ce n’est en aucun cas une obligation. On voit actuellement arriver des demandes de licence pour des enfants de 3 ans ! La question qu’on est en droit de se poser est la motivation des clubs dans ce choix d’accueillir des petits. Estce une réelle motivation pour initier les plus jeunes ou alors est-ce pour se donner de la crédibilité auprès des collectivités ? Ajoutons à cela la recrudescence des professeurs diplômés d’État chaque année. À quelle clientèle peuvent-ils prétendre ? ! ! Quelles sont les dispositions actuelles pour l’enseignement spécifique ? Les statistiques actuelles montrent une recrudescence des licences jeunes et une baisse des licences adultes. On constate une fidélisation des adultes (65%) d’une année sur l’autre. Donc un vieillissement de la population sur les tatamis. Un grand turn-over s’imposait au début de la FFAAA. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. À l’origine la fédération voulait créer des événements autour de la pratique des enfants. Ont alors été mis au calendrier des stages nationaux à leur intention. Mais les enfants ne faisaient pas de déplacement d’une ligue à une autre. De plus, une partie des techniciens nationaux était contre ce développement par crainte Le principe martial de l’Aïkido est-il transmissible ? La martialité dans l’Aïkido ? La pratique actuelle met en avant bien des points contestables sur ce plan. Nous n’en sommes plus à une vision de combat pour vaincre à travers un affrontement. Nous agissons sur un « fond » de martialité fourni par les techniques venant de pratechniques, applications et savoir-être 4 des débordements connus au Judo, transformant les tatamis en lieux de garderie ou d’animation, éloignés de l’activité. Cet engouement risquait de prendre le pas sur la fréquentation des adultes. Et la formation du personnel n’était pas encore assurée. D’où la décision de ne plus proposer ces rassemblements et d’en rester aux stages de ligues, animés par des professeurs sensibilisés à ce public. Cette disposition est toujours maintenue à ce jour. La formation des enseignants existe maintenant depuis huit années au sein de notre fédération : deux stages de trois jours chaque année, pour une approche différenciée, par rapport à l’Aïkido adultes, sous la direction de techniciens qualifiés dans ce domaine. On y aborde, d’une part, le contenu d’enseignement et, d’autre part, l’attitude pédagogique adaptée.
tiques anciennes. Mais nous ne sommes pas d’humeur belliqueuse. L’Aïkido propose une transposition de la martialité sur le versant de la dissuasion ou de l’apaisement. L’idée de la victoire disparait au profit d’une relation gagnant/gagnant. Peut-on encore parler de martialité dans un contexte comme celui-là ? Reste le principe d’irimi signifiant l’entrée dans l’action. De ce point de vue on s’y retrouve. On va au devant des risques pour les maîtriser. Mais, au-delà de cette première phase, le projet diffère. Nous fonctionnons dans une dimension idéaliste, bâtie sur des notions de sincérité, de logique de réaction, de respect, d’attention réciproque et, pour tout dire, d’une simulation bien orchestrée. De là peuvent naître des applications, des compétences transposables mais non recherchées au départ. Le maître est là pour transmettre et corriger la gaucherie des débutants. Autour de Gilbert Maillot, les professeurs présents lors du stage national de formation des enseignants Aïkido jeunes à Paris en mars 2008. La pratique avec armes peut-elle être proposée à tous ? Les armes font partie des outils susceptibles d’aider l’enseignant dans sa mission. Auprès du jeune public, elles donnent un intérêt supplémentaire à la pratique et offrent de multiples opportunités d’actions motrices. L’extension du corps à travers l’objet et tout le travail de précision qui en découle sont un apport indéniable. Tout est fonction du professeur et de son ingéniosité à mettre en interaction les besoins de l’élève et la situation de travail. Nous utilisons des armes blanches… Ce qui veut dire qu’elles ne deviennent offensives que par la volonté de l’utilisateur. De plus, elles sont en bois. Pas de crainte démesurée à avoir ! Comme dans toute approche il suffit de savoir où l’on veut en venir. L’enfant recevra ce qu’on veut bien lui transmettre. L’utilisateur y gagnera dans la précision de ses gestes. Et pour cela il n’y a pas d’âge. Pour l’enfant c’est un contexte favorable au développement psychomoteur (coordination, adresse, latéralisation, schéma corporel). Et puis, la prudence dans l’usage de l’arme ! Manier le danger et s’en protéger. Bien des aspects éducatifs à ne pas manquer. C’est encore une fois l’instructeur qui est en cause et non pas la forme de travail. À lui d’en faire bon usage. Comment les progrès sont-ils sanctionnés ? Les passages de grades représentent un intérêt certain pour les enfants dont l’adhésion à un club n’est pas forcément définitive. Il lui faut savoir comment est appréciée sa progression. Les couleurs de ceinture, ça donne de la fantaisie. Chacun peut ainsi se situer dans le groupe. Et puis sur une période donnée il peut se faire une idée de ses acquis. Pour les très jeunes pratiquants, qui devront attendre de longues années avant l’accès à la ceinture noire (16 ans minimum), des étapes intermédiaires peuvent être envisagées. Un système de barrettes ou de ceintures bicolores encourage la patience avec des évaluations plus fréquentes. L’important dans tout ça c’est que les élèves se sentent pris en compte dans leur progression et que le professeur, lui-même, manifeste son intérêt pour le travail fourni par l’élève. 5 Où se situe le port du hakama dans la progression du jeune aïkidoka ? Le port du hakama est souvent vécu comme l’étape la plus importante dans une carrière d’aïkidoka. Le pratiquant ayant démarré à un jeune âge se verra ainsi promu et admis dans la cour des grands. Autant cibler le moment où un réel changement s’opère. En l’accordant aux « petits » on s’expose à une perte de sens. Gardons l’idée que cet attribut va marquer l’accès à une nouvelle dimension dans la pratique, rassemblant le niveau technique, l’engagement dans la discipline, le potentiel physique et l’accès aux valeurs véhiculées par l’Aïkido. Ce qui revient à dire que c’est à l’approche du 1 er kyu et à partir de l’âge de 14 ans qu’on pourra l’envisager. C’est un minimum en vérifiant parallèlement que ce jeune présente toutes les qualités citées précédemment et qu’il est sur le chemin d’un passage de grade dan à l’âge requis de 16 ans. Quels rapports avec le monde de la compétition ? Le monde de la compétition a ses propres règles et ses propres valeurs qu’il convient de respecter même si on n’y adhère pas dans notre activité. l’Aïkido propose une approche idéologiquement différente. La compétition avec soi-même doit devenir le principal mobile. Les jeunes y sont tout aussi sensibles que les adultes. Dans ses jeux, l’enfant en vient spontanément à se mesurer aux autres, faire mieux, être plus fort, gagner, dominer. Une tendance qu’il nous faut mettre à profit en la



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