Aïki Mag n°16 jun à nov 2008
Aïki Mag n°16 jun à nov 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°16 de jun à nov 2008

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : entretien avec Christine Sigrist, la communication aux limites.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 20 - 21  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
20 21
AÏKIBUDO Alain Roinel budoka l’idéal Le hasard fait parfois bien les choses… Pourquoi a- t-il fait part à un copain de lycée de son envie de pratiquer un art martial ? Et pourquoi ce copain l’at-il « traîné » au cours d’Aikido de Raymond Cocatre, avenue Parmentier, à Paris ? Mieux, on peut l’avouer aujourd’hui, il y a prescription : séduit par l’aisance et la technique du professeur, par l’esthétique de l’accoutrement (le hakama !), pourquoi fut-il pris par la bonne idée de modifier discrètement son âge sur ses papiers d’identité pour pouvoir intégrer les cours de l’avenue Parmentier avant les 15 ans révolus réglementaires ? C’était au printemps 1962 et il faisait ses premiers pas dans un dojo, sans savoir qu’il foulerait encore, 45 ans plus tard, le tatami. À la rentrée sportive suivante, il fut néanmoins surpris d’apprendre qu’il n’y avait plus de professeur et faute de sensei, il s’entraînait sous la direction des plus anciens qui, bon an, mal an, tentaient d’entretenir les minces acquis de chacun. C’est alors qu’un jeune yudansha 2 e dan, tout juste de retour de l’armée, entra par effraction dans la vie de ce petit groupe : Alain Floquet prenait place devant le kamiza et bouleversa l’existence de cette jeune troupe pour laquelle, très rapidement, l’Aïki devint une réelle passion, prenant une part croissante dans l’emploi du temps et la vie de chacun… Les 12 heures d’entraînement par semaine furent très vite couronnées de succès : le 27 juin 1963, Alain Floquet présenta celui qui était devenu l’un de ses élèves les plus assidus à l’examen pour l’obtention de la ceinture noire 1 er dan devant une commission au sein de laquelle siégeait Hiroo Mochizuki, alors représentant du groupe Aïkido Yoseikan pour la France. Plus jeune ceinture noire Le succès à l’examen prit pour lui une importance considérable. Nanti du titre de plus jeune ceinture noire de France du groupe Aïkido Yoseikan, il accédait alors au groupe des yudansha et au privilège de porter le hakama qui avait tant attiré son œil quelques mois plus tôt. Il avait tout juste 16 ans. 20 Avec toute sa simplicité, Alain Roinel est une personnalité de l’Aïkibudo, l’un des rares 7 e dan. Plus de 45 ans qu’il suit fidèlement, amicalement et discrètement Alain Floquet dans son parcours. 45 années d’expérience qu’il met, sans prétention mais avec conviction, au service des nouvelles générations. Plus tard, lui et ses compagnons durent quitter le dojo de l’avenue Parmentier. Décidés cependant à continuer l’Aïkido et à conserver leur professeur en qui ils sentaient une sorte « d’idéal budoka », le groupe chercha un lieu où s’entraîner. Pendant quelque temps, les entraînements se firent tantôt à droite, tantôt à gauche, chez qui voulait bien leur prêter quelques tatamis installés à la hâte. Après bien des pérégrinations, le groupe eut la chance de pouvoir intégrer l’ASPP (Association Sportive de la Police de Paris) au sein de laquelle Alain Floquet venait d’avoir l’opportunité de créer une section Aïkido et une section Karaté. Plus tard, il y lança la section Kendo. Leurs ports « d’attache » furent pendant longtemps la salle de la rue Massillon au pied de Notre-Dame de Paris et la salle de la rue du Gabon près de la porte de Vincennes. Souvent aux prises avec les tempêtes fédérales, alors que son maître essayait d’asseoir l’Aïki à la place légitime qu’il devait avoir, il assurait les cours à Massillon. Pratiquant également
le Karaté, selon les souhaits d’Alain Floquet pour que chacun soit un budoka complet, le groupe put se présenter en 1964 à la Coupe de France, s’inclinant, malgré son courage et sa vaillance (l’honneur était sauf !), devant l’équipe qui allait faire les beaux jours et la réputation du Karaté français pendant les années qui suivirent. Maître et ami Les années passèrent. Bien des personnes, des copains, montèrent sur le tatami, restèrent quelques mois, quelques années, puis disparurent. Lui partagea toutes ces années avec son ami et maître. Les souvenirs sont innombrables comme cette anecdote, lors d’une rencontre franco-allemande. Il raconte : « Nous étions partis pour Saarbrück avec des judoka de l’ASPP, alors champions d’Europe par équipe. On nous avait demandé de faire une démonstration de nos arts, car, à cette époque, nous nous exprimions à la fois en Aïkido-yoseikan et en Karaté. Dans la démonstration de Karaté, Alain Floquet présentait l’épreuve de frappe – le shiwari. Je tenais avec un autre pratiquant une planche d’environ 3 centimètres d’épaisseur et le maître s’apprêtait à frapper en oï-tsuki pour casser la planche. Le silence s’était abattu sur la salle comme si le public participait à la concentration de l’expert. Le maître prit une large inspiration, prêt à frapper, et alors que nous assurions notre saisie pour maintenir la planche lors de la frappe, elle se brisa en deux morceaux. Le maître ne l’avait pas encore pas encore effleurée. Stupeur, puis éclats de rire dans la salle. Bien sûr, nous aurions pu à cet instant prétendre, comme d’autres l’auraient peut-être fait, que c’était Alain Roinel et son maître Alain Floquet, 45 ans de fidélité constructive. 21 Alain Roinel et Alain Floquet en 1964. l’expression du Ki qui avait brisé la planche. Mais tout compte fait, il fallut se rendre à l’évidence. C’était le poids de l’autocar (10 tonnes) qui avait brisé le matériel. En effet, une panne survenue pendant le trajet avait amené le chauffeur à utiliser nos planches pour caler le véhicule et mouillées par la neige fondante, ces planches avaient été mises à sécher sur un radiateur avant la démonstration… Je souris encore aujourd’hui de la mésaventure, et ce, sans irrévérence à l’égard de notre maître qui fit preuve, ce jour-là, d’un grand sens de « l’humeur » (la bonne bien entendu). La démonstration Aïki qui suivit effaça la mésaventure et combla d’aise, par sa qualité, un public allemand avide de curiosités martiales. » Le 31 janvier 1965, il passa son 2 e dan, à 18 ans, et le 23 mars 1969, il obtint son 3 e dan devant Hiroo Mochizuko. Cette même année, de nouveaux pratiquants rentraient dans le cercle des yudansha de l’Aïki, qui allaient devenir ses amis et des piliers du groupe qui allait se constituer sous l’appellation du CERA : André Tellier qui développa prodigieusement l’Aïkibudo en Normandie ou Claude Jalbert (qui sera plus tard le Président de la FFAAA entre 1985 et 1988) qui passa son 1 er dan en juillet devant un jury présidé par son futur copain, fraîchement promu, Sandan. Durant l’année sportive 1970/1971, il lança la section Aïkido de l’association sportive des facultés de médecine de Paris. Deux fois par semaine il sévissait : une fois sur le tatami du dojo de Jean Sarrail et l’autre fois à Jussieu (qui allait devenir le « sanctuaire » pour les stages de la ligue Ile-de-France). Dans la même année, lui fut confiée la responsabilité technique de la Bretagne et plusieurs stages qui l’aideront à développer l’Aïkido local, multipliant les articles de presse et ayant même droit à un passage à la télévision régionale. Le regroupement Quelque temps écarté des dojos par le service militaire, il constata à son retour les grands bouleversements qui frappaient alors l’Aïkido français. Cet éclatement conduisit au regroupement autour d’Alain Floquet de jeunes budoka fidèles, sincères et dévoués



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :