Aïki Mag n°15 déc 07 à mai 2008
Aïki Mag n°15 déc 07 à mai 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°15 de déc 07 à mai 2008

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : entretien avec Luc Mathevet, la rencontre des corps.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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AÏKIBUDO budo, chêne ou roseau ? Les représentations couramment véhiculées sur les arts martiaux tendent à assimiler le budo (japonais) à la force physique, la puissance voire même une certaine forme de brutalité. Plus fort que la pierre, le véritable budoka casserait des planches ou des briques. En réalité, un budo comme l’Aïkibudo ne s’approche-t-il pas davantage du roseau que du chêne ? Le Judo, quant à lui, n’est-il pas l’art de la souplesse ? Il nous a importé ici de montrer en quoi cette souplesse, cette « flexibilité » est profondément inscrite dans le budo japonais, dans son histoire qui oscille souvent entre faits avérés et légendes ; cette souplesse constitue également un principe technique fondamental, voire plus, un art de vivre et une façon de réguler nos relations sociales. Histoire, contes et légendes À l’origine de cet article, il y a la relecture, cet été, du célèbre roman d’Eiji Yoshikawa, La pierre et le sabre, qui retrace les premières expériences de shyugosha du jeune Miyamoto Musashi. Alors qu’il venait de battre les héritiers de la célèbre école Yoshioka, une dame courtisane d’une très grande renommée, Yoshino, offrit refuge à Musashi que la témérité, le courage et les victoires rendaient de plus en plus célèbre. Restée en tête-à-tête avec le jeune samouraï, Yoshino lui aurait reproché son immaturité et les risques insensés qu’il prenait au combat. Bien entendu, vexé par un tel reproche, Musashi ne comprit pas la remarque et pria instamment la femme de lui préciser ce qu’elle entendait par là. Elle commença par lui réciter les vers d’un poème de Po Chu-i qui décrit la multitude des sons du luth. Elle prit ensuite son propre instrument qu’elle transperça d’un coup de couteau afin d’en montrer la structure interne au jeune samouraï. Puis elle lui dit : « Comme vous pouvez le constater, (…) l’intérieur du luth est presque entièrement creux. Toutes les variations proviennent de cette seule traverse près du centre. Cet unique morceau de bois, c’est l’ossature de l’instrument, ses organes vitaux, son cœur. S’il était entièrement droit et raide, le son serait monotone ; mais en réalité, il a été taillé en forme de courbe. Cela ne suffisait pas à créer l’infini variété du luth. Elle provient du fait qu’on laisse à la traverse une certaine dérive pour vibrer à chaque extrémité. En d’autres termes, la richesse tonale vient du fait qu’il existe une certaine liberté de mouvement, une certaine détente aux extrémités du noyau central… Pour les êtres humains, il en va de même. Dans la vie, nous devons avoir de la souplesse. Notre esprit doit être en mesure de se mouvoir librement. Etre trop rigide, c’est être cassant et manquer de faculté de réagir. (…) Cela devrait être évident pour ▼…Un vase d’argent se brisa soudain ; l’eau jaillit ; Il en bondit des chevaux caparaçonnés, des armes qui s’entrechoquaient… Et avant de reposer son plectre,elle termina sur une caresse, Et les quatre cordes rendirent un seul son, comme de la soie que l’on déchire… Po Chu-i,VIII e siècle ▲ 20 tout le monde, continua-t-elle ; mais n’est-il pas caractéristique des êtres humains de se raidir ? D’une seule caresse du plectre, je puis faire sonner les quatre cordes du luth à la façon d’une lance, d’un sabre, d’un nuage qui se déchire, à cause du délicat équilibre entre la fermeté et la flexibilité dans l’âme du bois ». ▼…Etre trop rigide,c’est être cassant et manquer de faculté de réagir.(…) Cela devrait être évident pour tout le monde… La pierre et le sabre, Eiji Yoshikawa. ▲ La scène, bien entendue romancée, est néanmoins révélatrice d’un principe fondamental de souplesse du corps et de l’esprit qu’on retrouve dans nombre d’écrits sur la genèse des arts martiaux, mêlant bien souvent la légende et les faits avérés, à l’instar de la mythologie japonaise ou de l’histoire de Shiro Saïgo à la fin du XIX e siècle. Dès le Kojiki (Livre des choses anciennes) qui date de l’an 712 de notre ère, il est fait référence à un combat féroce entre un dieu terrestre, kami Minakata, et les divinités célestes Takemikazuchi et Futsunuchi. Le premier était, selon la légende, d’une force extraordinaire, capable de soulever mille hommes. Cependant, il ressortit vaincu du combat, jeté comme un fêtu de paille par Futsunichi. Selon la légende du Daïto ryu, cette victoire des divinités célestes seraient une mani-
1 2 3 4 5 6 21 Le kaeshi waza, un renversement plus qu'un contre.



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