Aïki Mag n°14 jun à nov 2007
Aïki Mag n°14 jun à nov 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14 de jun à nov 2007

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : entretien avec Michel Erb, à la rencontre de l'apprenant.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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KINOMICHI Le mouvement et la spirale « La forme n’est qu’une vue de l’esprit, une spéculation sur l’étendue, réduite à l’intelligibilité géométrique, tant qu’elle ne vit pas dans la matière. » H. Focillon. A Aux injonctions sans cesse répétées par maître Noro nous demandant de travailler à partir d’une organisation terre-ciel, s’ajoute le rappel permanent de la forme qui doit nous inspirer : la spirale. Toutes les techniques du Kinomichi réalisent une ou plusieurs spirales. Que ce soit dans les initiations I ou V, dans la canne, le boken ou le sabre, le ou les deux pratiquants doivent être dans la recherche du « passage terre-ciel » et ceci dans des formes plus ou moins spiralées. Ainsi, dans la première technique de ciel, Iten, les deux partenaires, dès la « première manière », c’est-à-dire l’initiation I, sont, dès le départ, dans une recherche simultanée de l’expansion terre-ciel, et ceci en liaison chacun avec l’autre. Mais, également, des pieds à la main, pour l’un 16 Le mouvement spiralé de l’un s’enlace dans celui du partenaire pour réaliser la fusion parfaite.
et pour l’autre, s’amorce, dans une forme qui n’est pas figée, le mouvement qui va suivre. Tout est là, dans ce mouvement qui va suivre. Tout est là, dans ce mouvement, du début à la fin : l ‘étirement, l’expansion et le passage terreciel, le contact et la spirale. Nous retrouvons ici une idée développée à propos du contact : le troisième terme ; le mouvement c’est ce qui émerge de ces deux étirements, de ces deux intentions de réaliser « ensemble » spirale et « passage d’énergie ». Les deux s’enroulent comme des troncs de glycines, sans crispation, sur le même rythme, chacun sachant que sa réalisation passe par celle de l’autre et réciproquement. Jusqu’à la fin de Iten où la forme que constituent les deux partenaires, spirales enlacées, s’étire, s’expanse et réalise, l’espace d’un instant, une des plus belles manifestations de l’énergie organisée. L’autre version de Iten, négative, exprime, dans un dynamisme différent, l’harmonie de ces deux spirales se formant, évoluant jusqu’à la position finale, sans à-coups et, surtout, détail important, permettant au partenaire qui se trouve en position haute, de ne pas se tasser, s’écraser au niveau lombaire ; c’est précisément la recherche de la liaison terre-ciel, du repoussé vers le sol combiné à la spirale, la même que nous retrouverons dans Ichi, Goten, Santen, qui permet cette belle expansion sans blocage et avec un soulagement total de la charnière sacro-lombaire. Ce double enroulement de la spirale que chacun réalise, nous le retrouvons encore dans le passage Ichi, au moment où l’un des deux partenaires s’étant approché de l’autre, commence « l’ouverture » de l’épaule en dessinant un grand cercle vers le haut et l’arrière ; les deux sont alors dans un étirement terre-ciel et les deux corps tournent comme deux engrenages reliés, jusqu’à la position finale où le partenaire en position haute termine sa spirale en expansion. Nous retrouvons ces spirales dans le travail dit des « formes », beaucoup plus dynamique, surtout celles se réalisant dans les Ichi négatifs. Quelle extraordinaire sensation tant à percevoir, si l’on exécute, qu’à voir, si l’on regarde. Dans les deux rôles, du début, où s’exprime l’expansion terre-ciel annonciatrice du départ du mouvement jusqu’au déroulement total de la série de spirales, qui s’enroulent, se déroulent, s’infléchissent et s’expansent pour venir jusqu’à la position finale où, l’un des deux partenaires étant allongé sur le sol, l’autre, à genoux, mains sur le coude et le poignet du bras étiré, se continue l’ouverture. Combien de fois ai-je proposé à mes élèves pour traduire ce que je ressens et que j’intuite de ce mouvement, le tourbillon de l’eau qui s’écoule dans un siphon. Nous pourrions décrire ici toutes les techniques et toutes les formes de rencontre que nous propose maître Noro. Toutes, à des degrés différents, s’inscrivent dans cette double exigence : la spirale et l’organisation, le passage terre-ciel Le lecteur non habitué à ces descriptions métaphoriques de la motricité pourrait y voir un excès d’ésotérisme ou un discours plaqué sur ce qui en somme, ne relève que d’une description purement technique d’inspiration bio-mécanique. À mes yeux il n’en est rien et l’intérêt que je trouve dans le Kinomichi réside précisément dans ce renversement de perspective pour ne pas dire de paradigme que me permet d’effectuer la recherche de maître Noro. Masamichi Noro, toujours très présent sur le tatami, aime insuffler l’esprit d’ouverture qui prévaut dans la pratique de l’art qu’il a créé. 17 La spirale est partout Même si elles sont le résultat de phénomènes et causes dissemblables, de nombreuses structures spiralées sont présentes dans l’univers. Cela a été souligné à propos du cosmos, (qui, comme le rappelle Jill Purce, veut dire en grec : ordre). Nous retrouvons ces formes au niveau de l’animal (ammonites), coquilles (il ne saurait être trop recommandé de lire à ce propos l’admirable texte de Paul Valéry : L’homme et la coquille, Variété V). Dans l’organisme lui-même la spirale est l’expression de la morphogenèse de certains organes voire de certains éléments : ainsi en est-il de la double hélice de l’ADN, échelle torsadée de laquelle dépendent les éléments constitutifs de l’être vivant, des chaînes protéiniques d’actine-myosine qui s’enroulent et donnent les fuseaux neuro-musculaires, parties contractiles de la fibre musculaire. Dans le cerveau du nouveau-né, les cellules de Schwanntissent les gaines de myéline en s’en-



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