Aïki Mag n°14 jun à nov 2007
Aïki Mag n°14 jun à nov 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14 de jun à nov 2007

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : entretien avec Michel Erb, à la rencontre de l'apprenant.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ENTRETIENMichel ERB Michel Erb, 5 e dan Aïkikaï de Tokyo, BE 2 e degré, vit l’Aïkido comme un extraordinaire moyen de construction et de développement personnel, qui, grâce à la culture de l’esprit de l’apprenant, développe des qualités d’observation, de réflexion et d’application. Que représente aujourd’hui pour vous l’Aïkido ? Je vis l’Aïkido comme un extraordinaire moyen de construction et de développement personnel. L’aspect martial, avec sa considérable panoplie de formes et son importante rigueur technique, nous permet de développer un ensemble de qualités. L’image qui me parle beaucoup est celle de la pierre brute qu’il convient, à travers un polissage régulier, de rendre de plus en plus lisse et brillante, voire vivante. Vous avez également pratiqué le Karaté, quelles qualités pensez- vous avoir développées au contact de cet art martial ? Peu de temps après avoir débuté l’aïkido, j’ai voulu compléter ma pratique martiale en étudiant le karaté. Bien que l’Aïkido avait une résonance plus forte en moi, j’ai tout de même pratiqué le Karaté, en parallèle, pendant environ dix ans. Je pense qu’à cette époque, j’avais besoin d’apprendre à donner et à recevoir un coup de pied ou un coup de poing. De plus, le Karaté me permettait de pratiquer en l’absence de partenaire ; ainsi, dès que j’avais un moment de libre, je pouvais m’exercer à effectuer les kata seul. Aujourd’hui, je pense que la pratique du Karaté a été pour moi une expérience martiale importante qui a aiguisé mon esprit de détermination dans l’action ainsi que ma concentration Pouvez-vous nous parler de votre parcours d’apprenant ? J’ai débuté l’Aïkido en 1981. Rapidement, j’ai l’esprit de l’apprenant 12
ressenti le besoin d’enrichir ma pratique au contact de professeurs différents. À cette époque, je pouvais facilement réaliser plus de 1000 kilomètres par semaine (Montbéliard, Strasbourg, Nancy, etc.) pour l’apprentissage de l’Aïkido (5 cours par semaine, ainsi que les stages le week-end). Ma curiosité et mon envie de découverte m’ont poussé à me rendre au berceau de l’Aïkido. J’ai effectué mon premier voyage au Japon en 1987, suivi d’un deuxième, deux ans plus tard ; j’ai ainsi étudié environ six mois sous la direction des experts du Hombu dojo à Tokyo. Cette expérience m’a permis de prendre conscience qu’un milieu totalement inconnu, au lieu d’être angoissant, pouvait devenir un véritable stimulant de l’apprentissage, et m’a amené à aller au-delà de mes limites, à me surpasser. Mais ce qui véritablement a marqué un tournant décisif dans mon approche de l’Aïkido, c’est ma rencontre avec Christian Tissier. À partir de cet instant, au-delà de la pratique, c’est toute une perception qui a changé. Aujourd’hui, en ma qualité de délégué technique régional et professeur de trois clubs, je me consacre pleinement à l’étude et à l’enseignement de l’Aïkido. Parlez-nous un peu des qualités que développe pour vous la pratique de l’Aïkido. Dans un premier temps, la perception et la gestion de son potentiel physique me semblent être les qualités les plus visibles. Cela se traduit par la prise de conscience de son potentiel articulaire, de ses postures et attitudes, mais aussi de son partenaire, qui, tel un miroir, nous renvoie notre propre image. La prise de conscience de l’espace développera ensuite la capacité à utiliser ce potentiel physique pour l’apprentissage des formes jusqu’à leur application. Enfin, la rigueur et la persévérance dans l’étude des formes cultiveront, en parallèle, des qualités plus profondes. En effet, le courage, le goût du travail et de l’effort, le respect, la bienveillance, la gestion des peurs et des urgences sont autant de qualités que la pratique régulière de l’Aïkido nous permet de développer. Il convient d’apprendre à cultiver le sens des priorités dans l’urgence. Pour Michel Erb, l’échange et le partage sont au cœur de la pratique de l’Aïkido. Qu’entendez-vous par « gestion des urgences » ? Une situation de conflit, sous l’effet du stress, a tendance à amoindrir, voire nous faire perdre notre capacité de réaction et notre sens des priorités, ceci peut entraîner des effets plus ou moins dévastateurs. Ainsi, et dans le but d’éviter souvent le pire, il convient d’apprendre à cultiver ce sens des priorités dans l’urgence. L’entraînement, avec le support de situations variées, proposées dans le cadre de l’étude de l’Aïkido, permet de réaliser cela en apprenant à tenir compte de l’ensemble des paramètres d’une problématique et en proposant rapidement et dans l’ordre, les solutions idéales. Chaque problème a sa ou ses solutions, mais il convient de disposer de la capacité à s’extraire de la problématique pour pouvoir bénéficier d’une analyse claire et sereine. L’étude de l’Aïkido nous propose cela sous forme de mises en situation dans un contexte sécurisé, indispensables à la maîtrise du stress. Toute évolution repose sur la prise de conscience du maillon que l’on représente au sein d’une chaîne. Vers quels axes orientez-vous votre pratique et comment considérez-vous la notion d’apprentissage ? Pour moi, l’apprentissage est avant tout un échange. Tout d’abord échange avec son professeur, qui représente la principale source d’inspiration de l’apprenant. Le professeur sert d’exemple et de référence pour l’apprenant, par sa présentation, son discours, son attitude 13 et les valeurs qu’il transmet. L’image véhiculée par le professeur permettra de faire converger la forme et le fond de son enseignement. A l’inverse, l’étudiant qui reçoit cet enseignement, par sa perfectibilité, donne au professeur les moyens de trouver une partie de ce qui lui permettra de s’élever à son tour. Toute évolution repose sur la prise de conscience du maillon que l’on représente au sein d’une chaîne. On peut également parler d’échange avec son par-



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