Aïki Mag n°13 déc 06 à mai 2007
Aïki Mag n°13 déc 06 à mai 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°13 de déc 06 à mai 2007

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : Aïkibudo, Yudansha l'étape essentielle.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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RENCONTREDominique CHARMETTE du soleil dans l’aïki Dans le cadre estival de la côte d’azur Dominique Charmette, 3 e dan BEES, transmet avec chaleur et générosité un Aïkido construit auprès de senseï aussi différents que Saïto, Seki ou Nishio. Rencontre à Nice avec une aïkidokate qui n’hésite pas à s’engager dans les causes les plus nobles. V 4 Vous enseignez aux adultes et aux enfants. Lesquels sont les plus faciles à gérer, voire les plus réceptifs ? Je ne dirais pas que les uns sont plus faciles à gérer que les autres. Mais ils posent des contraintes différentes. Les adultes par définition sont des personnes qui ont achevé leur croissance pour parvenir à maturité (sur le plan physique, sur le développement de la personnalité), ils sont autonomes, responsables, possèdent un vécu. La communication se fera sur un plan d’adulte à adulte. L’enseignant devient alors un gestionnaire de relations humaines. Un enfant est un adulte en devenir, son développement physique est en pleine croissance, sa personnalité cherche à s’affirmer mais il a besoin d’encadrement, de limites. Dans le premier cas, le professeur d’Aïkido est un transmetteur de savoir et de savoir-faire (connaissances techniques, développement harmonieux du corps afin d’intégrer l’esprit de l’Aïkido). Cela est également vrai pour les enfants, mais le professeur d’Aïkido va devoir endosser un rôle important, supplémentaire, d’éducateur. Enseigner aux enfants suppose une gestion de la discipline, proposer un cadre car les enfants n’ont pas trop de limites. Je suis très exigeante au moment du salut, c’est un temps calme, concentré et respectueux. De même sur le fait de saluer en entrant et en sortant du tatami. Cet aspect est plus facile à gérer avec les enfants car je me situe dans un rapport d’autorité, adulte-enfants. Il est plus difficile de faire respecter les règles par les adultes si l’on ne veut pas instaurer ce rapport d’autorité. La gestion d’un cours pour enfants nécessite un minimum de connaissances de ce public. Les attentes, les capacités, les compétences des enfants de 5 à 8 ans et de ceux de 8 à 12 ans ne sont pas les mêmes. En effet, les attentes des 5 à 8 ans sont plus centrées sur le ludique, le jeu est très important. Pour les 8 à 12 ans, cela reste vrai mais ils sont plus demandeurs de technique. Les capacités diffèrent également : un enfant de 5 ans ne possède pas la même tonicité qu’un enfant de 12 ans et aura des difficultés à pousser sur sa jambe d’appui pour déclencher une chute avant. Evidemment, il existe toujours des exceptions, l’enfant de 5 ans peut être très tonique et celui de 12 ans lymphatique, apathique. Les exigences et les critères de réussite vont varier d’une tranche d’âge à l’autre et pour chaque individu. Chez l’adulte, les capacités seront différentes selon qu’il aura ou pas déjà pratiqué des activités physiques. Les difficultés, si elles existent, seront plutôt d’ordre psychologique : gérer l’appréhension de la chute ou des blocages tant physiques que psychiques. Les adultes comme les enfants seront réceptifs si l’on arrive à gérer ces différents paramètres. Quelles sont les principales différences d’approche pour vous ? J’ai plus de quinze ans de pratique avec les enfants, en effet, j’ai très rapidement assisté mon professeur dans ses cours enfants. C’est un public que je connais bien car professionnellement j’encadre des enfants de 3 à 12 ans en tant qu’animatrice. Pour les adultes, mon expérience de pratiquante m’a permis de repérer deux grandes approches d’enseignement : une démarche pédagogique, plus occidentale, qui privilégie l’analyse, l’explication et une démarche basée sur l’observation, la sensation, la pratique, la répétition qui est un peu plus asiatique. La première va permettre d’acquérir des progrès plus rapidement, la seconde va réaliser un travail en profondeur, va mouler le corps et l’esprit pour l’adapter à l’Aïkido. Pour enseigner l’Aïkido, les deux approches sont nécessaires. La démarche analytique correspond plus aux adultes qui sont demandeurs d’explications, ils veulent comprendre. Il faut que la technique marche, il y a un objectif de résultat. Par rapport à mon vécu, celui-ci est moins présent chez l’enfant. J’adopte plus l’observation, le mimétisme et la répétition, cela n’empêche pas quelques explications mais ce n’est pas la dominante. L’enseignement aux adultes consiste à leur proposer un thème de travail. Ils sont en général motivés, ils vont chercher, travailler à réaliser la technique. Ils sont venus pour çà. Ce qu’il faut gérer avec les adultes débutants c’est la recherche d’efficacité, l’appréhension des chutes, pour uke apprendre à ne pas se mettre en opposition, mais au contraire suivre tori, se mettre en harmonie avec lui. Uke doit comprendre que se mettre en
harmonie avec tori ne signifie pas être faible, au contraire : je reste présent, je crée une contrainte pour tori tout en me protégeant. C’est un message qui n’est pas si aisé à faire passer ou du moins à mettre en pratique. L’Aïkido est un art martial très technique donc, a priori, peu accessible aux jeunes enfants. De plus, de nombreuses techniques agissent au niveau des articulations. Etant donné que les enfants sont en pleine croissance, ils se plaignent quelquefois d’avoir mal aux jambes, aux articulations, j’exclue toutes techniques qui mobilisent les articulations pour les 5 à 12ans. Mon enseignement pour les 7 à 12 ans est fortement axé sur les techniques suivantes : kokyu-nage sur toutes les attaques, ikkyo sur aï hammi, katate dori, shomen, les formes sokumen irimi nage, etc. Sur un cours type d’une heure pour les 6 à 8 ans, je consacre 20 minutes pour des exercices à la fois d’échauffement et de développement des capacités motrices, physiques, toujours sur un support ludique. Par exemple : une course à quatre pattes, marcher sur les mains et les pieds, permet de travailler les changements d’appui, la souplesse (intitulé ludique le cheval) au fur et à mesure de l’aisance des enfants cela devient une course. Se déplacer sur le ventre, l’enfant va devoir mobiliser son bassin, ses hanches (faire le serpent), exercices de flexion, extension, développement de capacité musculaire (sauter comme la grenouille), etc. Ensuite de nombreux exercices à deux, pour coller à la spécificité de l’Aïkido, développer les capacités d’écoute du partenaire : s’accrocher par les bras, dos à dos, un enfant se retrouve en marche avant et l’autre en marche arrière. Si l’un va trop vite le duo tombe et il est éliminé. La course du cheval et du cavalier (l’un est à quatre pattes, l’autre enjambe son partenaire sans s’asseoir, les mains sur la tête, le duo doit arriver premier mais ensemble). L’enfant ne peut gagner tout seul, il est obligé de se mettre en harmonie avec son partenaire pour réussir. Les enfants acquièrent des capacités et des compétences qu’ils vont pouvoir réinvestir dans la pratique de l’Aïkido tout en s’amusant. Nos objectifs respectifs sont atteints. 5 Les conditions estivales de la côte méditerranéenne n'entame en rien le sérieux dans la pratique. Quels sont les points forts sur lesquels vous insistez pour accrocher les jeunes pratiquants débutants ? Si, par jeunes, vous entendez les 12-18 ans, les trois-quarts ont commencé dans les cours enfants et ils ont gravi tous les échelons. D’où l’intérêt des cours enfants. Il est plus facile d’attirer le public enfant que celui des adolescents plus tenté par les sports de combat. Les enfants sont quand même amenés par des parents qui recherchent une activité pour leur enfant possédant des qualités physiques et humaines comme le respect, la confiance en soi, la concentration, la maîtrise de soi… D’autres adolescents arrivent par le bouche à oreille, par copinage, parrainage en quelque sorte. Un enfant ou un jeune qui arrive en ne connaissant personne doit très rapidement créer des relations amicales pour continuer la pratique. Ce qui s’applique également aux adultes. Si l’Aïkido c’est la recherche de l’harmonie, il est important que l’élève, avant de la trouver dans sa pratique, la ressente dans l’ambiance du club. L’attitude, le comportement du professeur vont être déterminants. Pour les enfants, deux points essentiels : l’aspect ludique et les faire bouger. Je privilégie les kokyunage pour les techniques, surtout pour les enfants de 7 à 12 ans. Ce qu’ils aiment avant tout c’est chuter, sur une heure de cours, j’ai au moins 10 minutes de chutes : arrière, avant, plaqué, latérale, tampon-buvard, chute à deux (ils sont face à face, je tape dans les mains, ils courent l’un vers l’autre, au point de rencontre l’un se met en boule l’autre chute. Les enfants travaillent sur le timing, les réflexes, avec un exercice qui est ludique pour eux. Les enfants à partir de 12 ans peuvent intégrer le cours adulte, mais, à leur demande, je leur ai réservé un cours. Cette deuxième heure est plus détendue, plus bruyante aussi. On travaille sur des esquives de frappe telles qu’ils peuvent en rencontrer à l’école : deux enfants se font face, à une distance proche, l’un doit essayer de toucher l’autre avec la main. On peut faire le même exercice un contre deux etc. Mon objectif, c’est qu’ils développent des réflexes pour esquiver et non subir l’évènement. Peut-on faire travailler les techniques avec armes aux enfants ? Les armes sont un atout attrayant pour les enfants, ce serait dommage de s’en priver. La difficulté est de mettre en place un cadre de sécurité. Ils sont en général très attentifs.



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