Aïki Mag n°13 déc 06 à mai 2007
Aïki Mag n°13 déc 06 à mai 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°13 de déc 06 à mai 2007

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : Aïkibudo, Yudansha l'étape essentielle.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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AÏKIBUDO YUDANSHA Passage décisif dans le parcours du pratiquant, le 1 er dan est le premier niveau d’importance à atteindre pour le budoka. Le 1 er dan atteste de la période au cours de laquelle le pratiquant a acquis les bases de la pratique de son art. Il devient un yudansha et obtient le droit de porter la ceinture noire. yudansha, l’étape essentielle Il est fort coutumier d’entendre parler de la ceinture noire comme d’un but ultime qui certifie l’expérience martiale d’un individu. Avoir sa ceinture noire c’est, pour le débutant, quasiment l’inaccessible, c’est le seuil d’un autre monde. Mais en réalité, le premier dan n’est certainement pas l’aboutissement ultime que l’on imagine fréquemment. Il constitue en fait ce qu’on appelle en sociologie un « rite de passage », à savoir une épreuve qui nous change, nous transforme. Ainsi, s’il n’est pas le but ultime, le premier dan joue un rôle essentiel dans le parcours technique et spirituel d’un individu. Le premier dan… une transformation Le premier dan est l’aboutissement d’une période au cours de laquelle le pratiquant découvre les bases du budo, ici l’Aïkibudo. Pendant les trois, quatre, cinq années (parfois plus) durant lesquelles il est « kyu 1 », il appréhende les principes essentiels de l’art martial et son travail est surtout axé sur les fondements de la pratique. En Aïkibudo, ces bases sont une utilisation physiologiquement cohérente de corps, de son énergie par le travail des te hodoki 2, l’apprentissage des esquives (taï sabaki), l’utilisation harmonieuse de la dynamique initiée par l’attaque d’un L'art de l'ukemi : un bon pratiquant, c'est avant tout un bon uke. partenaire à travers les wa no seishin 3, et enfin l’application de ces principes fondamentaux à travers des techniques de base (kihon). À l’issue de cette période, le pratiquant est loin d’avoir accédé à une maîtrise parfaite de l’art, mais il a « fait ses gammes », acquis les principes fondamentaux – qu’il devra sans cesse répéter et affiner tout au long de sa future pratique – qui lui permettront de découvrir des facettes plus riches et d’affiner continuellement 20 la forme et le fond de sa pratique. Bien entendu, cette découverte ne se fait pas seul et par conséquent, elle nécessite du pratiquant une disponibilité physique et un état d’esprit qui lui permettent de recevoir ce futur enseignement et de progresser avec les autres. Autrement dit, l’autre qualité attendue d’une ceinture noire, c’est d’être un bon uke. Ce rôle est particulièrement riche puisqu’il s’agit à la fois de savoir porter des attaques réalistes, maîtriser l’art de la chute (ukemi) mais aussi sentir précisément l’action du partenaire. Ainsi, devenir ceinture noire, un « yudansha 4 », c’est entrer véritablement dans une école, être apte à découvrir plus largement le contenu de l’art martial. C’est une sorte d’adoubement à l’issue duquel on a le droit de porter le hakama (qui ▼…L’accès au grade supérieur n’est pas un but en soi : il n’est qu’une étape qui doit conduire l’élève à découvrir une nouvelle dimension dans la pratique de son Art*…▲
était réservé, comme les deux sabres, à l’élite guerrière dans le Japon féodal) et qui demande par conséquent un investissement technique conséquent et des qualités morales nécessaires à la poursuite du parcours : Le yudansha assiste l'enseignant et constitue un véritable trait d'union entre le professeur et les débutants. de la fidélité, du respect envers son professeur et les autres pratiquants ; du courage, de la persévérance, de la générosité et une bonne dose d’humilité afin de pouvoir poursuivre la pratique, progresser avec les autres, et surmonter les difficultés, parfois même les doutes. Le premier dan… une épreuve Comme tout autre rite de passage, l’obtention de la ceinture noire est une épreuve. Dans la plupart des arts martiaux compétitifs, la réussite au premier dan est conditionnée par des victoires acquises sur des adversaires. Dans les arts martiaux traditionnels, il n’y a pas de compétition. De telles modalités d’examens sont donc impensables. Néanmoins, il apparaît nécessaire pour que cette étape ait du sens, qu’elle soit vécue comme une véritable épreuve. Par conséquent, ce n’est pas un choix de passer sa ceinture noire : c’est le professeur qui présente son élève parce qu’il l’estime prêt à franchir le cap, et/ou qu’il considère, à un moment donné, cette étape nécessaire à sa progression. La présentation d’un élève à un grade relève donc de la responsabilité du professeur : n’oublier personne, permettre à tous de progresser, mais également donner le temps au temps, se garantir que l’élève aura la maturité physique et technique nécessaire pour aborder l’examen – et la suite – dans les meilleures conditions. Après son passage de grade, le jeune yudansha sera invité à pratiquer de façon de plus en plus intensive, à aborder des techniques plus aériennes, plus dangereuses : kaeshi waza 5, sutemi, kata anciens, autant d’éléments qu’il appréhendera dans des conditions les meilleures si ses premières 21 ▼…L’évolution technique doit s’accompagner d’une fidélité sans faille aux principes fondamentaux, ancrage de sa genèse*…▲ années d’apprentissage lui ont permis d’acquérir des bases justes et solides. Progressivement, il devra également jouer un rôle de trait d’union au sein de son club entre le professeur et les débutants. Tout cela justifie une fois de plus la nécessité de laisser du temps au temps et de ne pas précipiter la présentation d’un élève au passage de grade, au seul prétexte qu’il a le nombre réglementaire de timbres de licence pour se porter candidat. Par ailleurs, les candidats présentés à la ceinture noire sont amenés à donner le meilleur d’euxmêmes : ils vont être poussés, sollicités par le jury, pour puiser dans toutes leurs ressources phy-



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