Aïki Mag n°12 juin à nov 2006
Aïki Mag n°12 juin à nov 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°12 de juin à nov 2006

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,1 Mo

  • Dans ce numéro : Mare Seye, ouvrir les portes du partage.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 8 - 9  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
8 9
RENCONTRE Cornelia DEMMERS un chemin en commun pour Cornelia Demmers, 4e dan, l’Aïkido, en constante évolution, porte en lui les moyens de rassembler toutes les énergies vers une relation harmonieuse, au delà des différences de chacun. Quels senseï qui vous ont le plus influencée ? Tout d’abord il y a eu Wolfgang Sambrowski, aujourd’hui 5e dan, que j’ai suivi fidèlement pendant neuf ans. C’étaient des conditions d’entraînement particulières, un dojo exclusivement « Aïkido » dans une cour d’une ville moyenne d’Allemagne (Oldenburg). Il y avait des cours tous les jours de la semaine, une heure le matin et deux heures le soir. Avant l’entraînement du matin, on pouvait pratiquer Za Zen. Mon professeur favorisait l’aspect spirituel, on faisait toujours des exercices de respiration et purification en début de cours, parfois pendant vingt minutes. Souvent, on faisait un travail sur le ki. Il introduisait aussi le Shiatsu et le Kinomichi dans des séquences du cours. Pour terminer l’heure, le salut pouvait durer cinq minutes et plus. La prise de conscience de son corps et de sa respiration était un outil de travail de base, on pourrait dire le kihon waza par excellence. Par ailleurs, il n’expliquait jamais une technique, il fallait regarder et pratiquer, voilà la pédagogie. Seul Katsuaki Asaï, aujourd’hui 8e dan avait le droit de donner des kyu et dan à l’époque. Je l’ai suivi régulièrement en stage les week-end. Mais je ne peux pas dire qu’il m’a beaucoup influencé dans ma pratique. J’ai été plus impressionnée par son meilleur ami, maître Noro qui venait régulièrement en Allemagne pour co-animer des stages avec lui. Il y avait d’abord la transformation de l’Aïkido dans un art qu’il appelle le Kinomichi et où il avait enlevé tous les aspects martiaux proprement dits. Il est vrai, que le pratiquant en ressent immédiatement les bienfaits car la mécanique des mouvements et techniques de l’Aïkido respectent totalement, à mon avis, les principes morphologiques du corps humain. Maître Noro a utilisé notamment le principe de l’extension en mettant en avant les spirales qui se travaillent naturellement dans le corps, par ailleurs on sait 8 que chaque os et muscles sont constitués sur ce même principe. Cette pratique irrégulière m’a donc enrichie de manière générale. D’autre part maître Noro partageait avec nous ces expériences auprès d’O sensei, il avait étéuchi dechi de Morihei Ueshiba. Disciple qui vit avec son maître, l’uchi dechi est un serviteur du maître et reçoit en même temps son enseignement. On connaît tous les légendes qui sont aujourd’hui racontées, il est décrit comme un sage. Et bien, Noro sensei nous racontait d’autres aspects du personnage, et j’ai fini par penser qu’O sensei avait aussi un caractère particulier, bien trempé… J’ai bien aimé cette démystification tout en gardant un respect total
pour le fondateur. Comme je me déplaçais souvent les week-end pour pratiquer avec d’autres professeurs j’ai fait connaissance de Christian Tissier et Franck Noël. Mais leur enseignement était encore trop abstrait pour moi. C’est en rencontrant Patrick Bénézi que tout a changé. Pour la première fois quelqu’un expliquait le rôle d’uke et de tori de manière abordable et nous proposait des exercices pour travailler certaines qualités sur le comportement des deux partenaires. À partir de cette découverte ma pratique a pris un autre chemin, j’ai éliminé le côté spirituel et l’ai remplacé par le côté martial, j’avoue un peu trop radical… L’enseignement de Patrick m’a aidé à aborder l’enseignement de Christian Tissier et Franck Noël, je venais alors régulièrement en France pour m’entraîner. La pratique allemande devenait de plus en plus fade à mes yeux et je n’avais plus envie d’aller m’entraîner. J’ai pris alors une décision : j’ai démissionné de mon travail, entreposé les meubles de mon appartement dans le garage de mon père et hop… installation à Paris. Cela date d’il y a onze ans. Je me suis inscrite au Cercle Tissier, je venais de passer mon 2e dan en Allemagne. Christian m’a fait progressé À l’arme blanche ou à mains nues, l’efficacité de l’Aïkido passe par une grande maîtrise de la technique. régulièrement et m’a préparé aux passages des 3e et 4e dan. C’est un excellent professeur, son Aïkido est en évolution permanente et l’effet d’accoutumance n’existe pas. Il sait trouver à chaque cours des points qui mettent nos récepteurs en éveil, il surprend. Il joue sur la vitesse des déplacements et les accélérations, la précision du geste. C’est beau et efficace. L’aspect martial est prépondérant. Pendant toutes ces années au « Cercle », j’ai aussi suivi Franck Noël régulièrement. Franck a fait un travail de recherche exceptionnel sur la compréhension des principes qui régissent la pratique. Linguiste de formation, il sait expliquer avec un langage précis et facile d’accès sa pratique étonnamment pure, sans parasite. Esthétiquement c’est la plus belle pratique pour moi. Bien sûr je dois aussi évoquer Bernard Palmier que je suis régulièrement et qui lui aussi est un très bon pédagogue. Sa pratique est dynamique et ample. C’est également un ami. Comment êtes vous venue à l’Aïkido ? J’avais fait connaissance d’un pratiquant d’Aïkido lors de mes études. À ce moment je pratiquais le Tai Chi quan et nous avons 9 échangé sur divers aspects au sujet des pratiques « parallèles ». Il voulait à tout prix me faire connaître l’Aïkido et par politesse je n’ai pas pu refuser de l’accompagner pour assister un cours. J’ai été très impressionnée par le cadre et l’ambiance du dojo. Venant d’un milieu catholique pratiquant et ayant renoncé à suivre cette éducation depuis quelques années seulement, l’ambiance de cet endroit « sacré » -le dojo- me faisait en quelque sorte faire un retour à ces origines : personne ne parlait, tous vêtus de ces habits blancs si purs, on s’inclinait en entrant au « dojo » devant la photo d’un personnage accrochée à un de ses murs, une atmosphère de respect de l’autre et du lieu dominait. Ici on voulait du « bien ». Je caricature, bien évidemment, et ce que je viens de décrire m’était totalement inconscient à l’époque. C’est avec vingt ans de recul que j’ai ce regard sur mes origines dans la pratique. L’Aïkido est un art martial, une femme s’en accommode-t-elle facilement ? Dans la pratique de l’Aïkido les différences physiques entre hommes et femmes restent un fait et il est clair que le plus fort physiquement a un avantage important dans une pratique martiale. Il me semble aberrant de croire qu’une femme puisse être aussi puissante qu’un homme si on appliquait seulement les principes d’Aïkido. Si on regarde les autres arts martiaux, on voit bien que lors de compétions il y a une classification en



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :