Aïki Mag n°12 juin à nov 2006
Aïki Mag n°12 juin à nov 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°12 de juin à nov 2006

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,1 Mo

  • Dans ce numéro : Mare Seye, ouvrir les portes du partage.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 20 - 21  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
20 21
PORTRAIT Mare SEYE Une recherche sans cesse renouvelée, une transmission toujours plus sincère de son acquis. Voilà le fond de la pratique de Mare Seye, 5e dan, aïkidoka passionné de communication, de rencontres et de partage. ouvrir les portes du partage L « L’Aïkido, c’est magique ! C’était ma première exclamation… Et puis, progressivement, j’ai réalisé qu’il n’y a pas vraiment de magie, que l’Aïkido c’était surtout du travail, beaucoup de travail », nous dit Mare Seye, avec dans le cœur le même enthousiasme aujourd’hui, semble-t-il, qu’il y a 20 ans, lors de sa découverte, un peu par hasard, de cet art martial. Un grand nombre de rencontres jalonne et étaye le chemin de l’aïkidoka : des enseignants, des partenaires, d’un jour ou de plusieurs années. C’est à travers un maillage de relations de cet ordre que s’est tissée, comme pour bien d’autres, la pratique de Mare Seye. Bien sûr, tout a un commencement et celui de Mare, en Aïkido, s’est produit dans les années 80 par une simple rencontre, lors d’une randonnée, un échange qui allait avoir des conséquences alors insoupçonnées pour lui, « Un refuge de montagne au début des années 80 ; une rencontre comme on peut en vivre après une journée de marche. Une discussion avec mon voisin s’engage autour des arts martiaux. C’était un passionné d’Aïkido. Il m’en parle avec une telle conviction, que dès la rentrée de septembre, je me décide à franchir les portes d’un dojo. Louis Clériot donnait le cours. Tout de suite je me suis dit « Ça a l’air magique cette chose-là ! ». Immédiatement séduit, je m’inscris, mais à l’époque, je n’ai pas beaucoup de temps à consacrer à cette nouvelle activité. Au bout de quelques mois, j’arrête, me promettant d’y revenir lorsque je pourrai m’y employer plus Mare Seye a enrichi son potentiel technique à l’école de sensei divers et multiples. sérieusement. » Le temps passe, mais Mare n’a pas oublié cette première expérience avec la Voie de l’Harmonie. Après cinq années, tout de même, passées loin des dojos, Mare était encore sous l’effet de cette « chose magique » et décide de s’inscrire à nouveau à Fontenay-aux-Roses, le lieu de ses premiers contacts avec l’Aïkido. Un nouveau professeur y enseigne depuis un an. C’est Christian Mouza, actuellement DTR de la Corse, « Il 20 était 1er dan à l’époque et nous faisait partager ses connaissances avec une énergie et un enthousiasme contagieux. Il n’a cessé durant des années de se former pour améliorer sa pratique et son enseignement, parce que, derrière, nous étions quelques « fous furieux » à progresser relativement vite. » Dans ce même club, Philippe Bersani, accompagné de Francine Rambaud, assure un cours hebdomadaire de Ken-jutsu, « Ils m’ont transmis leur passion pour le travail du ken » précise-t-il. Cette rencontre avec ce couple de budoka, travaillant avec un grand sens des traditions, a été, encore une fois, déterminante pour Mare. Audelà des apports techniques, ils ont été et restent pour le débutant qu’il était « un exemple par leur goût d’apprendre, de découvrir, de pratiquer encore et encore avec cette humilité et cette fraîcheur que j’aimerais savoir garder. » Une rencontre décisive Ces premiers professeurs, depuis ses tous premiers pas sur les tatamis, ont guidé Mare, l’ont soutenu et encouragé à aller plus loin dans la pratique de ce qui devient pour lui une passion, un art de vivre. Tout naturellement se met en place une quête de progression et la demande de rencontres et de partage devient de plus en plus forte chez ce néo-débutant. Les stages se succèdent, toujours plus enrichissants. Puis vint l’inscription à celui de Pâques —aujourd’hui traditionnel— que Christian Tissier dirige à Vincennes. Nous sommes cinq mois seulement après les seconds débuts et cette nouvelle rencontre va sceller définitivement les liens entre Mare, le néophyte, et l’expert reconnu par tous les aïkidoka. Pour Mare, ces moments exceptionnels de pratique intense marquent inconsciemment un tournant dans sa vie d’aïkidoka, « Ce que je voyais me dépassait complètement, mais quel bonheur ! J’ai été ébloui.
On peut dire que, depuis, Christian Tissier éclaire ma pratique. Beaucoup de choses ont été écrites et dites sur lui. Au-delà de ses fulgurantes techniques, de sa capacité à penser l’Aïkido, à évoluer en permanence, je souhaiterais insister sur deux aspects qui en font, à mes yeux, un maître d’une valeur rare : d’abord sa science de l’enseignement, sa capacité à alimenter chaque pratiquant, débutant ou expert, qui ont permis, au fil des années, de former un nombre impressionnant d’aikidoka du 6e kyu au 6e dan, dans une pyramide des niveaux —comme on parle d’une pyramide des âges— dans laquelle il n’y aurait pas de trous à l’un ou l’autre des étages. Et puis sa grande cohérence, sur le plan technique et pédagogique bien sûr, mais peut-être surtout sur le plan moral, intellectuel et humain, la relation harmonieuse entre ce qu’il est sur le tatami et ce qu’il est en dehors. » Tout est dit et vécu intensément, au point de décider que l’Aïkido sera un jour au centre de sa vie, comme il se doit pour tout budoka qui respecte son engagement dans la voie. À la fin des années 90, par un étonnant concours de circonstances, Mare a la possibilité, inespérée, d’effectuer un voyage au Japon accompagné de Christian Mouza, son premier professeur. Une expérience qui tient du pèlerinage, « L’Aïkikai était pour moi un lieu mythique. Cela a été une belle expérience. On a participé à quasiment tous les cours. Plus que la technique, c’est le rapport à la pratique qui m’a semblé différent. Pas ou peu d’explications, une pratique entièrement basée sur l’expérimentation personnelle, très loin de notre volonté d’accumulation de connaissances. » Tori et uke La décision est prise, assez rapidement après son retour, le quotidien de Mare devra s’articuler entre sa pratique personnelle et le partage par l’enseignement. Personnalité aux polarités multiples, qu’elles soient sociales, culturelles ou ethniques et linguistiques, Mare va se donner avec bonheur, après avoir mûri son art et quelques passages de grades réussis, dans une transmission où sa générosité s’exprimera pleinement, « C’est tout naturellement et avec plaisir que je me retrouve alternativement sur les tatami tori ou uke, enseignant ou élève, parfois maître du jeu, parfois le subissant. Chacune de ces situations est nécessaire pour enrichir et alimenter mon travail. Elles forment un tout. » nous dit-il, en précisant sa vision très personnelle de l’art de Morihei Ueshiba où, à ses yeux, chaque être peut et doit trouver à s’exprimer le plus librement, en tout cas bien plus que dans le contexte du quotidien. « L’Aïkido tient du jeu de rôles, mais un jeu dans lequel les cartes seraient distribuées selon un mode différent de celui que nous connaissons dans la vie courante. Sur le tatami, nous dévoilons des aspects de notre personnalité que nous avons parfois pris l’habitude de dissimuler. Inversement, des éléments qui, à l’extérieur, pourraient influencer notre vision d’autrui, n’entrent pas en ligne de compte. La relation se construit sur un mode de communication, sur des codes différents. Ce qui se met en place, en termes d’adaptation à l’autre, de respect, de confiance, permet parfois d’enjamber des fossés que l’on aurait, en dehors du tatami, difficilement pu franchir. J’ai pu rencontrer, découvrir et apprécier au cours de ces presque vingt ans de pratique, des gens extrêmement divers, d’une grande richesse. » Dans ce « microcosme, ce monde d’artistes », où les querelles d’écoles « fondées ou non » précise-t-il, entre anciens et modernes, prisonniers d’un cadre rigide ou bien vrais créateurs, Mare voit une similitude dans les bons et les mauvais aspects avec 21 certains univers artistiques, « La discipline, la recherche de perfection dans le geste, l’attitude, l’utilisation de la technique comme moyen et support pour essayer d’atteindre quelque chose d’autre, de plus fort. Les groupes de population aussi : on y trouve des génies —fort rares—, des artistes de talent, des amateurs dans les différentes acceptions du terme, quelquefois aussi, malheureusement, des faussaires ou des escrocs. » Cependant, Mare note quelques différences notables, avec d’autres arts plus visibles qui font la spécificité de l’Aïkido, « D’abord, nous travaillons exclusivement sur l’humain. Pas de médiation par la toile, le livre ou l’image. Ensuite, notre travail ne vise pas à être exposé au public, même si nous sommes amenés à montrer ce que nous faisons. La relation avec les autres, à l’autre, est le cœur de notre pratique. La notion d’échange est donc prépondérante. Mais à travers cet échange, on effectue aussi un véritable travail sur soi. C’est comme un va-et-vient. Par cette confrontation à l’autre, par ce travail sur soi, on modifie son rapport à autrui. » Une certaine vérité Sur cette base Mare travaille sans ménager son énergie, avec une grande sincérité dans ses rapports. Sincérité essentielle, surtout dans une discipline qui ne connaît pas de compétition donc d’évaluation tranchée et directe. Travailler encore et toujours, sérieusement, mais sans se prendre au sérieux pour autant ; être conscient de ses acquis, mais être tout aussi conscient de ses manques ; en fait chercher une certaine vérité à travers une situation que nous créons de toutes pièces, « La pratique de l’Aïkido n’a d’intérêt à mes yeux que dans la mesure où je ne mens pas. Aux autres, bien sûr, mais surtout à moi-même ; il faut sans cesse répéter, peaufiner, polir, même si parfois j’ai l’impression d’être plutôt au stade



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :