Aïki Mag n°12 juin à nov 2006
Aïki Mag n°12 juin à nov 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°12 de juin à nov 2006

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,1 Mo

  • Dans ce numéro : Mare Seye, ouvrir les portes du partage.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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RENCONTRE Sylvain PARÉ à Montolieu l’Aïkido se livre Quitter la grande ville pour s’installer loin du tumulte, certains en parlent, d’autres le font… C’est le cas de Sylvain Paré. Enseignant à Bordeaux, il abandonne la sécurité de l’Éducation Nationale pour se lancer dans une aventure remarquable, le livre et l’Aïkido aussi. VOUS AVEZ ÉLU DOMICILE DANS UN ENDROIT EXTRA-ORDINAIRE, PARLEZ-NOUS EN. 1 village, 800 habitants, 1 épicerie, 1 boulangerie, somme toute c'est assez banal. 3 médecins, 1 pharmacie, 1 notaire, et 1 curé, c'est déjà plus inquiétant. 2 restaurants, 1 petit hôtel, 1 tabac presse, 1 café, ça devient plus rassurant. 21 libraires d'ancien et d'occasion, 500 000 livres, 1 relieur, 1 graveur, 1 musée, alors là on se sent mieux ! 1 club de pétanque, 1 de danse, 1 de yoga, 1 club d'Aïkido, qui dit mieux ? J'arrête là cet inventaire à la Prévert et ce brin de chauvinisme, même si j'ai des circonstances atténuantes : je ne suis pas d'ici. Ce village m'a accueilli voilà 10 ans. Montolieu, qu'un doux rêveur, 5 ans auparavant, a choisi pour en faire ce qu'il est maintenant, Montolieu Village du livre et des Arts Graphiques, connu et reconnu partout en France et par-delà les frontières. Il l'a sorti de sa torpeur, paisible sur son rocher entre les gorges de l'Alzeau et de la Dure, somnolant sur le versant sud de la Montagne Noire, face aux Pyrénées et à l'ombre des Remparts de Carcassonne. On y cultivait la vigne et l'olivier, on y fabriquait du drap, on y tannait la peau... maintenant, entre autres, on y vend des livres, on y fait de l'Aïkido. Cela m'a séduit. Après avoir enseigné pendant plus de vingt 14 Montolieu, charmant petit village sur son rocher, somnolant sur le versant sud de la montagne noire. ans les Mathématiques et l'Algorithmique dans la région bordelaise, j'ai renoncé à l'Éducation Nationale pour venir vendre des livres à Montolieu. Ce n'était pas mon premier tai sabaki, puisque je pratique l'Aïkido depuis 1972, mais celui-ci n'est pas le moindre. N'EST-CE PAS DIFFICILE DE MONTER UN CLUB D'AÏKIDO EN MILIEU RURAL ? Il faut tout simplement être patient. Quand j’ai
créé, avec quelques amis, l’association Budobi afin de faire de l’Aïkido à Montolieu nous étions 4 ou 5 personnes. Certaines sont encore là, il y eut évidemment des défaillances, mais avec le temps le groupe s’est étoffé. Un noyau conséquent d'inconditionnels s'est formé, il est le levain d'un groupe grandissant. Le grand-père, le père et la petite-fille d'une même famille sur le tapis donnent le signe fort de cette évolution. Je suis évidemment satisfait d'avoir 14 inscrits — dont 7 féminines — dans ce village de 800 habitants, mais, pour moi, le plaisir d'évoluer sur un tapis d'Aïkido n'est pas proportionnel à la taille du groupe. 50% DES PRATIQUANTS DE VOTRE CLUB SONT DES PRATIQUANTES, BELLE PARITÉ ! Oui, et il n’y a là rien que de très normal. L’Aïkido permet aux hommes, femmes, jeunes et moins jeunes de pouvoir pratiquer ensemble. La seule réserve que je ferais concerne les enfants de moins de 12 ou 13 ans. Le fait que leur appareil tendino-ligamentaire ne soit pas arrivé à maturité implique, à mon sens, un enseignement spécifique. Quant aux femmes, si elles n’ont pas, a priori, de penchant naturel pour la martialité, il n’en demeure pas moins qu’elles ont des prédispositions certaines à une pratique efficace et juste. Elles privilégient plus facilement la sage attitude de recherche d’économie de gestes à celle de la débauche d’énergie souvent inutile et génératrice d’erreurs ; et généralement les débutantes ont moins tendance que les garçons à vouloir forcer, à se crisper sur une saisie. J’ai aussi constaté que les femmes arrêteront plus facilement un mouvement qu’elles sentent faux, alors que les hommes chercheront à aller au bout coûte que coûte. COMMENT ÊTES-VOUS VENU À L'AÏKIDO ? Étudiant à l'Université de Bordeaux, j'apprenais qu'une japonaise enseignait cet art au Science Université Club. Je n'avais pas la moindre idée de ce qu'était l'Aïkido. Mais, avec quelques copains la curiosité nous conduisit à assister à un cours. Nous fûmes subjugués par la rapidité, la précision et la beauté des mouvements d'Émiko Inoué. Il n'en fallut pas plus pour que nous nous inscrivions, et beaucoup d'entre nous continuons encore. Je voudrais, ici, rendre hommage à René Le Mennqui était le professeur en titre de ce dojo et qui confia, avec la modestie et le désintéressement qui le caractérise, son cours à Émiko, venu à Bordeaux étudier le français à l'initiative de maître Kobayashi qui voulait une interprète. Il resta cependant l'animateur d'un groupe, où convivialité, bonne humeur et sérieux régnaient en maître. À QUELS MAÎTRES VOUS RÉFÉREZ-VOUS ? Bien sûr à maître Kobayashi que j'ai suivi dans un très grand nombre de stages. Je lui servis d'uke de nombreuses fois en France et à l’étranger et une complicité réelle s'était tissée. Mais il À l’instar de ses sensei, Sylvain Paré enseigne un Aïkido clair, rigoureux et précis. n'était là que pendant les vacances de Noël et d'été. Je n'ai jamais gâché mon plaisir à aller sur les tapis de tous les maîtres qui venaient dans ma région. Au début maître Nocquet, puis maître Yamagushi, maître Ikesuchi, maître Endo, maître Saotome, et bien sûr Christian Tissier, Franck Noël et bien d'autres. Inconsciemment je me suis ainsi créé un capital, certes de références intellectuelles qui me sont utiles dans mes explications sur le tapis, mais surtout d'automatismes à géométrie variable qui s'adaptent aux situations que je rencontre, c'est ce que j'appelle la mémoire du corps. Cependant je n'oublie pas mes professeurs, René et Émiko, qui étaient toujours présents, semaine après semai- ▼j'ai renoncé à l'Éducation Nationale pour venir vendre des livres à Montolieu.Ce n'était pas mon premier tai sabaki,puisque je pratique l'Aïkido depuis 1972,mais celui-ci n'est pas le moindre… ▲ 15



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