Aïki Mag n°11 déc 05 à mai 2006
Aïki Mag n°11 déc 05 à mai 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°11 de déc 05 à mai 2006

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 7,2 Mo

  • Dans ce numéro : Jean-Paul Nicolaï, un artiste peut en cacher un autre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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RENCONTRE Jean Paul NICOLAÏ Jean-Paul Nicolaï, 5e dan, a découvert l’Aïkido chez Nakazono senseï aux côtés de Christian Tissier et de Franck Nœl. Comédien de théâtre hors du tatami, il enseigne dans son dojo de La Celle-St-Cloud un Aïkido très inspiré par son expérience d’artiste. Rencontre avec un esthète passionné. d’un art l’autre À quels sensei vous réferez vous techniquement Pour moi un maître n’est pas qu’une simple référence technique. À l’intérieur du choix des techniques qu’il enseigne et la façon dont il les exécute, il transmet sa propre vision de l’Aïkido. L’élève a intérêt à choisir le maître qui correspond à ses propres motivations, à son expérience, à sa sensibilité et à sa compréhension du moment. Dès le début de ma pratique, j’ai été proche de Christian Tissier. Après avoir pratiqué assidûment avec Tamura sensei et Chiba sensei, je l’ai retrouvé, dès son retour du Japon, et maintenant encore je m’entraîne régulièrement à Vincennes. C’est lui qui m’a ouvert les portes. Alors que j’avais déjà fait un grand parcours avec lui, il m’a présenté à Yamaguchi sensei lors de ses premiers stages à Paris et quelques mois après, je partais pendant huit mois à Tokyo pour pratiquer exclusivement l’aikido, à raison de quatre heures par jour. J’ai pu profiter alors de l’enseignement de Yamaguchi sensei qui m’avait invité, dès mon arrivée à l’Aïkikai, à son dojo privé de Shibuya. Cette rencontre se situait au moment où j’avais décidé de changer radicalement de vie et la 10 vision de l’Aïkido de Yamaguchi sensei correspondait exactement à mon aspiration. Depuis je continue inlassablement ma recherche dans cette direction. Sur quels principes fondez- vous votre enseignement ? J’enseigne depuis trente ans. Ma démarche pédagogique n’est surtout pas dogmatique.
Je me remets en question en permanence. Un club d’Aïkido est avant tout une rencontre d’êtres humains et je cherche à chaque fois à faire un cours adapté au moment. Il y a les principes d’Aïkido connus par tous. Et puis il y a la façon de pratiquer qui est propre à l’enseignement du professeur mais aussi à la personnalité de l’élève Deux choses m’ont marqué au cours de mes années de pratique. La première c’est la consigne que m’a donnée Yamaguchi sensei à mon arrivée à Tokyo : « Décontractez les bras et les épaules ; le reste suivra ». La deuxième c’est la correction que m’a infligée Myamoto sensei, à l’époqueuchideshi à l’Aïkikai. J’ai attendu quinze jours avant de le réinviter : j’avais pris le temps de la réflexion. Lorsque je suis retourné au « combat », je n’étais plus à sa merci et j’ai pu pratiquer dans un autre esprit. J’avais compris concrètement ce que voulait dire « avancer avec son centre sur celui du partenaire ». Facile à dire mais il faut beaucoup de temps pour préparer et conserver son corps à cette aptitude. Ce sont ces deux clés qui m’ont donné les éléments de ma propre recherche et de mon enseignement J’insiste donc sur la décontraction, la sensation et le principe d’irimi dans l’exécution dynamique des techniques. L’union de l’esthétique dans l’efficacité ne pose plus de problème à Jean-Paul Nicolaï… sur le tatami comme sur une scène de théâtre. À quoi faudrait-il attacher le plus d’importance dans la pratique de l’aikido ? De ce que j’ai pu remarquer dans l’enseignement des maîtres sur le long terme, c’est que le nombre de techniques qu’ils enseignent est très limité et les maîtres font étudier inlassablement ces techniques à longueur de cours : l’objectif est de faire expérimenter la sensation de l’élève pour s’approprier la technique et l’exécuter avec des partenaires à chaque fois différents. Cela veut dire une recherche à partir de la sensation, à l’écoute des réactions de l’autre. La technique n’est pas une finalité mais un outil pour développer son corps, pour exécuter cette technique en harmonie avec les réactions de son partenaire et se libérer (devenir libre). À partir de mêmes techniques, chaque maître a son propre style. Dans sa technique, il nous propose sa propre vision de l’Aïkido car celui-ci est extrêmement riche et permet un approfondissement dans des directions apparemment très différentes. Quand j’enseigne et quand je pratique, je continue inlassablement cette recherche qui nécessite un doute permanent, qui oblige à accepter qu’une technique ne se réalise jamais de la même manière, qui refuse les certitudes définitives Pour moi, ce merveilleux instrument qu’est l’Aïkido est un outil de recherche permanente de découverte, de prise de conscience de son corps et d’échange avec le partenaire. Cette recherche est illimitée et nécessite un travail permanent. Et c’est dans ce sens-là qu’elle est inépuisable et enthousiasmante. Quand je participe à un cours ou un stage avec un maître, je cherche à sentir, à expérimenter, au-delà du détail, sa vision de l’Aïkido. Et c’est de cette façon que je travaille avec mes élèves. Je cherche très vite à les rendre autonomes et à développer leurs facultés à reconnaître si leur technique est juste. Et il n’y a qu’un passage possible… 11 Mais dans cette démarche, on va vers l’inverse de la simplification ; on accepte la complexité de la vie et on creuse toujours. Les résistances qui se présentent les premières sont celles de notre corps, et si nous sommes intéressés à pousser plus loin, nous nous apercevons qu‘elles correspondent aussi à celles de notre mental. Faut-il pratiquer les armes pour bien comprendre l’aikido ? Pendant longtemps, j’ai pratiqué les armes comme tous les aïkidoka mais sans en dégager d’intérêt particulier ; j’avais déjà suffisamment de choses à approfondir avec l’Aïkido. Aujourd’hui je considère le jo comme un outil pédagogique intéressant pour compléter l’accent mis sur les postures et développer les sensations en situation de combat. Ces derniers temps, je me passionne pour le Ken-jutsu que je trouve totalement complémentaire du style d’Aïkido que j’ai choisi. Dans la pratique du Ken-jutsu, on est dans un état de vigilance permanent, nécessaire au jaillissement d’une coupe ou d’une pique fulgurante, à tout moment, dès qu’il y a une faille. Et pour moi cet état est absolument nécessaire



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