Aïki Mag n°10 jun à nov 2005
Aïki Mag n°10 jun à nov 2005
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°10 de jun à nov 2005

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,7 Mo

  • Dans ce numéro : Nishio Shoji, un grand maître nous a quittés.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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HOMMAGENISHIO SHOJI un grand expert nous a quittés Nishio sensei est décédé à Tokyo le 15 mars 2005 à l’âge de 77 ans. C’est un très grand expert qui quitte ainsi le monde des Arts Martiaux. Il excellait non seulement en Aïkido, mais aussi en sabre, donc en Iaïdo, discipline dans laquelle il avait été autorisé par la fédération japonaise de Iaïdo à créer son style : l’Aïkido Toho Iaï. Il était depuis de longues années 8 e dan en Aïkido et 8 e dan en Iaïdo, mais aussi 7 e dan de Karaté et 5 e dan en Judo. Il nous a laissés également de splendides calligraphies. Son parcours Nishio sensei est né à Aomori, dans le Nord du Japon le 5 décembre 1927. Ses débuts au sein des Arts martiaux dès l’âge de 18 ans se sont focalisés sur le judo et le karaté. En judo il fréquente le Kodokan et en Karaté il fait ses débuts dans le dojo de Konishi Yasuhiro Sensei. Mais étudiant à Tokyo il pratique plusieurs styles : la capitale en reconstruction n’offrait pas un choix immense de dojos. C’est au printemps 1951 (il avait alors 24 ans), qu’il frappe à la porte de l’Aïkikaï et devient élève de O sensei Morihei Ueshiba. Il fréquente alors tous les hommes qui inscrivirent leurs noms dans le who’s who de notre discipline : Tohei sensei, Saito sensei avec lequel il conserva de solides liens d’amitié, Osawa sensei, Arikawa sensei, et bien d’autres. C’est avec Nakazono sensei et Yamaguchi sensei qu’il m’a dit avoir ouvert un certain nombre de dojos dans tout le Japon. C’est avec Tada sensei qu’il rentre le soir après l’entraînement vers la station Okubo. Il retrouve également Tomiki sensei qu’il avait connu au Kodokan. Il partage d’ailleurs un court moment la vision compétitive de l’Aïkido de Tomiki sensei mais uniquement pour la formation de jeunes pratiquants dans les lycées. Il voit aussi de temps à autre Shioda sensei qui ne vient plus qu’aux grandes occasions. Il n’est pasuchi deshi. Ce sont SunadomarI et Arikawa qui sont dans cette position à cette époque. Il se retrouve cependant instructeur à l’Aïkikaï dès les années 60. (Cf. le volume 2 du livre de Saito senseï) C’est en 1955 qu’il se met à pratiquer le Iaïdo et le Jodo. Il s’est mis à ces deux disciplines pour mieux comprendre et développer son Aïkido dans la direction indiquée par O sensei, qui insistait sur la filiation de son art à mains nues avec la pratique et la voie du sabre. Compte- tenu de cette motivation initiale, il s’est ainsi astreint à pratiquer de nombreux styles. Il a eu la chance de pouvoir suivre l’enseignement de quelques grands sensei 9 e ou 10 e dan, tel que Shigenori Sano sensei. En Jo do il a suivi l’enseignement de Shimizu Takaji dans le Shindo muso ryu dojo. Concernant l’Aïkido, après la mort d’O senseï, il décide d’arrêter son enseignement à l’AÏKIKAÏ, mais en conservant de bonnes relations avec la maison mère et des liens étroits avec le second Doshu, Kishomaru Ueshiba. Il fait partie du comité des hauts gradés de l’Aïkikaï et continue à siéger dans ce comité de 8 Shihan parmi les plus anciens et les plus 16 Nishio Shoji sensei, un des plus grands experts formés par O sensei Morihei Ueshiba dont les stages en France étaient particulièrement attendus. respectés de l’Aïkido. Il n’exerce pas son enseignement en Aïkido et Iaïdo dans un dojo unique, mais il donne des cours réguliers dans 4 dojos du Nord de Tokyo et à Yokohama. Il dirige des stages dans de nombreuses villes du Japon mais aussi en Europe, aux USA et au Mexique. En fait à la lecture de son CV, on pourrait en déduire qu’il était professionnel en arts martiaux. Il n’en était rien. Il avait une position de fonctionnaire au ministère des finances, dans un
secteur en relation avec l’imprimerie des billets. Mais dès sa première visite en France, accompagné de Shigeru Suzuki (6 e dan), celui-ci nous a fait savoir, que compte-tenu de sa notoriété en Aïkido et en Iaïdo, il n’était pas astreint à une régularité de présence à son travail officiel. Il avait en fait une grande liberté de son temps tout en conservant sa position de fonctionnaire… « détaché » aux Arts Martiaux en quelque sorte. Ma rencontre avec Nishio senseï. Le contexte. Avec la scission de l’Aïkido français en 1982 où Tamura Sensei, sous l’influence de Pierre Chassang quitta l’UNA (composante de la FFJDA), un certain nombre de hauts gradés, parmi les plus anciens, décidèrent de ne pas le suivre dans les conditions alors proposées. Je faisais partie de ce groupe. Un an après, en 1983, les 50 à 60% d’aïkidoka qui étaient restés au sein de l’UNA-FFJDA trouvaient également leur autonomie en quittant la FFJDA mais cette fois en plein accord avec elle. C’était la naissance de la FFAAA. Elle avait une caractéristique qui n’avait quasiment jamais existé en France : il n’y avait pas d’expert japonais présent sur le territoire, ni même ailleurs –au tout début - qui lui soit attaché. Nous, les anciens élèves des trois experts qui ont séjourné en France : Noro sensei, Nakazono sensei et Tamura sensei, nous retrouvions pour la première fois dans une structure sans sensei japonais. Il faut ajouter l’absence d’un autre expert important dans ma formation : Chiba sensei. Celui-ci était intervenu en France à la demande de Tamura sensei après le départ de Nakazono, de 1973 à 1978. Au bout d’à peine une année, nos camarades (également anciens élèves de ces trois sensei résidant en France) mais qui avaient fait une partie de leur carrière au Japon, proposèrent la venue de plusieurs experts de l’Aïkikaï : Yamaguchi sensei, puis Saotome sensei et d’autres. Ceux qui, comme Roberto Arnulfo, Max Mechard et moi-même, avaient fait toute notre formation avec les trois sensei japonais résidant en France (Nakazono a quitté la France pour les USA en 1972) ne trouvèrent pas toujours leur compte dans la pratique proposée par ces experts venus du Japon ou des USA. En particulier le rejet (initial) du travail aux armes en Aïkido et l’extrême participation demandée à Uké dans l’exécution des mouvements, ne nous convenaient pas. Nous étions en recherche ; était-il possible de trouver des experts pratiquants dans le même esprit que ceux que nous avions perdus dans les aléas des jeux politiques ? Le déclic. En 1985 Stanley Pranin, rédacteur en chef et créateur de la revue Aïki news, me fit parvenir, pour me remercier d’un service rendu, une cassette vidéo de la All Aikido Japan Demontration de 1983. Il y avait sur cette cassette les démonstrations de sensei tels que Sunadomari, Arikawa et Kuroïwa (initialement boxeur et spécialise du bâton court). J’avais déjà eu l’occasion de voir ces personnalités sur des films en 8mm lors des soirées des stages d’Annecy (stage de 4 semaines en juillet et août de 1963 à1972). Mais c’est sur le film vidéo de Stan que j’ai découvert cet homme extraordinaire, fulgurant en démonstration, très spectaculaire par sa vitesse et sa précision : Nishio sensei. De plus il joignait au travail à mains nues, un travail d’armes très complet : les mouvements dans les 5 formes précédemment cités. Et la démonstration se terminait par des katas de IAÏ. Cette similitude de style, avec la vitesse, le brio, l’extrême pureté des mouvements, jointe au travail intensif des armes, me rappelait certains ▼ C’est en 1955 qu’il se met à pratiquer le Iaïdo et le Jodo.Il s’est mis à ces deux disciplines pour mieux comprendre et développer son Aïkido dans la direction indiquée par O sensei. ▲ 17 de mes sensei. C’est là l’expert que je cherchais, que nous cherchions. C’est en 1986, lors de mon premier séjour au Japon, que j’ai pu entrer en contact avec lui. C’était encore grâce à Stanley Pranin. Il n’était pas possible en effet de se présenter immédiatement dans un de ses dojos. Rendezvous fut pris par Stan dans le local d’Aïki news à Tokyo avec un de ses assistant 6 e dan. Et les présentations faites, un rendez-vous fut fixé pour un cours dans le grand dojo d’état de Yokohama où Nishio sensei enseignait une fois par semaine.



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