Aïki Mag n°10 jun à nov 2005
Aïki Mag n°10 jun à nov 2005
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°10 de jun à nov 2005

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,7 Mo

  • Dans ce numéro : Nishio Shoji, un grand maître nous a quittés.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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KINOMICHI la beauté intérieure du geste Fusion de la martialité nippone et de l’esthétique occidentale, le Kinomichi est une discipline vécue, par ses pratiquants, comme une relation d’harmonie parfaite entre partenaires. Rencontre avec un quintette d’expertes. QUELLE MOTIVATION POUR COMMENCER ? Françoise Paumard : L’occasion m’est donnée ici de rendre hommage à maître Noro et à l’Art qu’il propose : le Kinomichi (art résultant d’une rencontre entre Orient et Occident). Commencer la pratique de cet art a répondu pour moi à un appel, une quête d’unité que je ne trouvais pas dans la danse. Je n’hésite pas à dire aujourd’hui que ce fût une sorte de re-naissance dans le sens d’ouverture à la vie. Tout d’abord, se mettre en route comme on se met à marcher ; tout le corps s’engage dans la reconnaissance de ses difficultés mais aussi de ses possibilités. Il y a dans ce contact avec la qualité du mouvement, quelque chose où tout l’être se sent concerné, quelque chose d’autre… et de précieux. Une des premières questions que maître Noro posait dans un de ses cours dont je me souviens était : « Qu’est-ce qu’un mouvement sincère ? » Tout homme ou femme à n’importe quel âge de leur vie peuvent décider d’entrer dans une expérience de travail, même si la motivation pour commencer relève du mystère. On garde au fond de soi une petite lumière qui nous a mis un jour sur le chemin et l’on y revient lorsque notre quotidien nous remet dans l’obscurité, ou que le doute devient moteur pour continuer. COMMENT POURSUIVRE ? Françoise Paumard : L’espace du dojo où l’on entre dans un rituel propice à l’écoute, au regard, à l’ouverture de ce qui est vivant en nous, est un lieu de transformation. Grâce au mouvement, la pratique avec nos partenaires devient un temps d’apprentissage, un révélateur de notre état intérieur ; si notre 10 énergie est bloquée par des causes physiques, psychiques ou émotionnelles, entrer dans la répétition des techniques devient libérateur. Le mouvement créé dans le Kinomichi participe de
l’engagement spontané des deux partenaires à vivre l’aspect réceptif (yin) et l’aspect actif (yang). Le mouvement que les participants réalisent ensemble est le partage de ces deux énergies complémentaires. C’est un acte donné, non pris ; tenter ce projet révèle l’aspect dynamique et joyeux du travail. Ainsi, dans la pratique, il est important de se mettre dans la situation qui permet à son partenaire de réaliser son mouvement, en offrant la plus juste résistance afin de ne pas être dans la complaisance. C’est peut-être ça la recherche d’harmonie. Cela nous demande une présence, une attitude qui nous permettent d’affiner sans cesse notre sensibilité. QUELLE RÉSONANCE POUR CHAQUE LENDEMAIN ? Françoise Paumard : Tout d’abord on s’appuie sur la patience pour apprivoiser la technique tout en laissant en soi un veilleur sur nos illusions, on s’arme de courage et on se donne chaque jour l’occasion de préserver la beauté du geste ; on garde dans son cœur la bonté perçue dans le regard de ceux qui nous ont aidés sur le chemin et on poursuit afin d’aller au plus simple, au plus dépouillé. Développer des capacités d’intériorisation. Geneviève et Sylvie. SUR QUELS PRINCIPES DE BASE SE DÉVELOPPE LA PRATIQUE DU KINOMICHI ? Catherine Bazin : Quand j'enseigne le Kinomichi, deux principes de base sont présents que je m'adresse aux débutants ou aux anciens, et ceci quelles que soient les techniques travaillées. Ce sont ces deux principes qui, à mon avis, font que j'enseigne le Kinomichi. D’abord le "contact" : Le Kinomichi se développe avant tout dans une recherche d'harmonisation avec le partenaire. Le contact est donc la première expérience que je propose au débutant, celle qui va orienter toute son approche du Kinomichi, celle qui va être le filtre de toute technique, la première étape d'une rencontre pacifiée et égalitaire avec l'autre. Le contact se passe au niveau épidermique : une main qui se pose sur une autre main révèle notre état psychologique dans la relation à l'autre, notre calme, nos incertitudes, la qualité de notre organisation et de notre technique. C'est la qualité de ce contact qui rend le mouvement "un" englobant la totalité des deux partenaires. Peaufiner ce contact est un travail permanent et fondateur. Et c'est une recherche sans fin : les "gammes" du Kinomichi. Il va permettre aussi de réaliser les techniques sans crispation dans les mains, crispation qui se propagera inévitablement dans tout le corps. J'aime parler de la qualité de saisie du bébé qui attrape un doigt, aucune force mais quel contact ! Les femmes qui débutent dans le Kinomichi se heurtent souvent à un écueil, comment englober une main plus grande que la leur sans crispation ! Si le contact est trop serré, cramponné, il bloque l'énergie qui ne peut plus circuler. À l'opposé, la tentation du contact "évanescent " est un piège ; la relation y devient une illusion. Seul un contact de qualité permet une écoute et une prise en compte bienveillante de l'autre, de l'énergie qu'il peut donner, de ses capacités physiques et techniques. Ainsi, un mouvement pourra démarrer sous les pieds de l'un pour se propager jusqu'aux pieds de l'autre… avec fluidité, sans violence ni blocage. Ensuite, la "verticalité"étroitement liée à celui d'"espace". L'enseignement du Kinomichi construit 11 Le travail aux armes développe les sensations de directions avec le boken et de cercle avec le jo. Martine et Catherine ci-dessus, Françoise Paumard ci-contre. un axe qui crée un lien dynamique depuis la terre vers le ciel. Cet axe charpente le pratiquant et le mouvement. Sans cette ligne de force, l'espace ne peut pas prendre forme ni l'énergie circuler (le travail avec armes est un moyen que j'utilise très tôt avec les débutants pour travailler cette qualité). Dans la dynamique de ses mouvements, le Kinomichi peut être comparé à un mouvement planétaire qui s'organise autour de la ligne des pôles et englobe ses satellites C'est un système où les deux partenaires participent de la même énergie. La verticalité va être l'ancrage d'un mouvement le plus vaste possible, tout en rondeurs et spirales. Tout problème technique doit, selon moi, passer par le filtre de ces deux qualités, mouvement de Kinomichi. Enseigner le Kinomichi c'est aider les pratiquants à passer toute technique, sans concession, par ce filtre, techniques qui deviennent alors un moyen et non une finalité. Y A T’IL UN LIEN ENTRE TECHNIQUES AVEC ARMES ET TECHNIQUES À MAINS NUES ? Martine Pillet : Pour moi, c’est une approche com-



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