Aïki Mag n°1 oct 00 à mai 2001
Aïki Mag n°1 oct 00 à mai 2001
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 de oct 00 à mai 2001

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : Les racines de Mayiano Aristin - technique Bernard Palmier.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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entretien gina croisan 8 Vous pratiquez et enseignez aux antilles, qui a introduit l’Aïkido dans votre département ? En Quelle année ? L’Aïkido que nous pratiquons aujourd’hui est arrivé en Martinique en 1976 avec Jean-Louis Rousset, 3ème Dan, élève de Louis Clériot.Pendant 8 ans, Jean-Louis Rousset a formé quelques élèves. En quittant le département en 1984 il a laissé des 1er Dan et certains 2ème Dan qui ont poursuivient le développement qu’il avait initié. Quelle a été l’évolution de la discipline ? En 1983, le Comité Départemental d’Aïkido de la Martinique transformé en Ligue était également responsable de la Guadeloupe et de la Guyane Française. De nos jours, les 3 départements sont autonomes. D’un club à Fort-de-France en 1976, nous avons eu 5 clubs en 1992 et actuellement 11 clubs, avec évidemment une évolution de l’effectif global (1992 : 190 licenciés, 2000 : 566 licenciés). Nous notons 54% d’adultes et 46% d’enfants dont près de 40% de nouvelles licences. L’Aïkido est très souvent considéré comme un sport féminin mais quand nous analysons les effectifs nous constatons qu’il n’a même pas la moitié de l’effectif en femme (environ 30% de femme). Cette évolution très favorable a été due en parti à la politique de la Ligue qui en 1992 avait pour objectif global le développement de l’Aïkido en passant par des objectifs intermédiaires à savoir : ◆ Formation des cadres (mise en place d’une école des cadres avec des sessions de Brevets fédéraux en 1993 et 1999 et aide financière aux enseignants qui désirent passer le Brevet d’état), ◆ Développement de l’Aïkido enfants (nous avons vu le nombre de participants au stage enfants passer de 15 à plus de 100). Pour y parvenir nous avons eu l’opportunité de la venue en Martinique de Daniel Vaillant, 4ème Dan d’Aïkido de 1986 à 1988. Il nous a permis de connaître Saotome Sensei et Maître Christian Tissier. Chacun à sa manière nous a fait découvrir les trésors contenus dans les techniques d’Aïkido. Nos voyages nous ont permis de rencontrer puis d’inviter de nombreux experts : Mariano Aristin, Patrick Benezi, Jean-Michel Mérit, Philippe Goutard, François Kappeler, Dominique Mazereau et dernièrement Franck Noël et Ikeda Sensei. Ils ont apporté un plus à l’Aïkido en Martinique et nous les en remercions. S O U SL E SOLEIL DE L’H A R M O N I E Comment concevez-vous l’enseignement de l’Aïkido ? Enseigner pour moi c’est partager, donner et pour donner il faut recevoir. C’est pour cette raison que je réserve une grande place à ma formation personnelle. Cela fait plus de 20 ans que je pratique et c’est toujours avec beaucoup de joie que je redeviens débutante, lors de mes déplacements en France, en Europe et aux Etats- Unis. Pour moi, l’enseignant doit être un formateur mais aussi un guide. Il doit pouvoir détecter les compétences et les attentes de ses élèves et bien sûr les satisfaire, dans la mesure du possible. Je conçois parfaitement, la vie dans un Dojo où les anciens élèves ont leur place dans l’enseignement (assistant ou enseignant aux débutants par exemple), tout en respectant l’ancienneté de chacun. J’ai pu apprécier cela dans certains dojo, où les anciens ont des créneaux horaires choisis, selon leur compétence et leur disponibilité, sous l’autorité du Sensei, bien sûr. Ainsi, ils peuvent s’épanouir et partager leur savoir tout en respectant le Sensei qui garde un cours où tous sont réunis (anciens et débutants). Certes, on ne peut arriver à ce niveau d’enseignement qu’après de nombreuses années et si l’on désire vraiment partager.
Enseigner l’Aïkido ce n’est pas enseigner des sciences physiques, des langues ou des lettres ; c’est enseigner une technique la plus juste, la plus pure mais aussi permettre l’épanouissement de tout un chacun. Donc nous ne pouvons pas le faire avec agressivité ou pire dans la tristesse. Nous pouvons très bien allier Rigueur et Plaisir, enfin je pense... Vous enseignez aussi aux enfants, pourquoi ? J’ai commencé l’enseignement enfant en 1985, à la demande de quelques pratiquantes mères qui souhaitaient partager ce plaisir avec leur enfant. Je profite de l’occasion, pour les remercier d’avoir si fortement insister car j’aurais raté quelque chose de beau dans la vie. L’enseignement enfant est tellement riche en expérience humaine et pédagogique, que je souhaite que tous les clubs d’Aïkido du monde, puissent proposer des cours aux enfants. Les besoins des enfants sont différents selon les tranches d’âge et nous devons adapter la pratique selon ces besoins. Par exemples : -Les petits aiment bien jouer, à nous de proposer des techniques à connotation ludique qui développent les aptitudes physiques spécifiques. Cela demande aux enseignants beaucoup d’imagination et de compétences pédagogiques. (Jean-Michel Mérit a fait un gros travail à ce propos, en nous sugérant des thèmes de réflexions et des directions de recherche). -Les plus grands ont des difficultés à se situer dans l’espace, à gérer leur corps qui est en pleine mutation ; par contre ils ont un excellent sens de l’observation et une faculté de mémorisation très poussée, nous devons en profiter. Quelque soit leur âge, les enfants sont très sensibles à l’ambiance qui se dégage dans le cours et s’identifient très vite à leur enseignant, qui de ce fait a de très lourdes responsabilités. Ainsi, il ne faut surtout pas sous estimer ces enseignants. Personnellement, quand j’enseigne aux enfants, je ne cherche pas à faire d’eux des « champions » mais des enfants qui auront pendant un an ou plus appris à se tenir dans un groupe. Tous les jours, nous avons des parents qui nous témoignent de l’effet bénéfique de l’Aïkido dans la vie de leurs enfants. On a tendance à douter à tort de la durée de pratique de l’enfant mais l’expérience nous prouve en Martinique le contraire puisque nous avons des enfants qui ont commencé l’Aïkido à 7 ans et qui sont encore avec nous à 18 ans et plus. L’avenir appartient aux enfants, à nous adultes de savoir ce que l’on fait d’eux. 9



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