Aïki Mag n°1 oct 00 à mai 2001
Aïki Mag n°1 oct 00 à mai 2001
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 de oct 00 à mai 2001

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : Les racines de Mayiano Aristin - technique Bernard Palmier.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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aïkibudo Maître Alain FLOQUET définit l’AIKIBUDO comme « un Art Martial Traditionnel, sophistiqué et pragmatique, particulièrement adapté vers la défense, qui ne saurait être ce qu’il est, s’il n’était étudié en réponse à des attaques précises, sincères, réelles et variées, issues des Arts Martiaux anciens et modernes ». Dans le Japon médiéval, la classe des Bushi était seule autorisée à détenir des armes, et les samouraï étaient porteurs en permanence, et selon leur rang et les circonstances, d’une ou plusieurs armes blanches. Le DAISHO (KATANA, WAKIZASHI et TANTO) était le symbole de leur devoirs et de leurs droits. Ils vivaient par le sabre et mouraient par le sabre. Nécessité vitale à pro pre me n t parlé, la maîtrise de cette arme et de l’ensemble de celles présentes sur les champs de bataille, impliquait un entraînement intensif, soutenu, varié, leur permettant de c on n a î t re leur maniement pour mieux pouvoir les utiliser et s’en défendre. C’est pourquoi la plupart des écoles traditionnelles d’Art s Martiaux ont inclus dans leur programme d’enseignement les diverses armes en vigueur à leurs époques, ainsi que le principe de travail efficace contre ces armes à mains nues. La logique qui prédominait en l’espèce était que l’expert 2 0 en KOBUDO devait pouvoir suppléer avec succès l’impossibilité d’utiliser l’arme de prédilection et sortir en vie d’une confrontation toujours possible. De ce souci de complémentarité et d’efficacité découle la logique profonde de la pratique AIKIBUDO, avec ses composantes historiques traditionnelles et le lien étroit, pour ne pas dire intime, qui relie les diff é rentes pratiques existantes en son sein. Ce souci de réalisme et d’efficacité totale qui provient en droite ligne de l’utilité historique (DAITO RYU AIKIJUJUTSU) se ret rouve dans les pratiques de l’école TENSHIN SHODEN KATO- RI SHINTO RYU ou du YOSEI- KAN SHINTO RYU, et reste d’actualité dans la pratique évolutive contemporaine ; la complaisance à un certain degré et l’absence de rigueur technique ne sont pas de mise en AIKIBUDO, et entraînent irrémédiablement une riposte mesurée mais précise dans le cadre du KAESHI WAZA. 1°/LA PRATIQUE DU KOBUDO : La pratique des armes traditionnelles est un impératif à la fois technique et moral au sein de la pratique AIKIBUDO, ce que le pratiquant aborde au travers de l’ensemble des écoles historiques que sont le DAITO RYU AIKIJUJUTSU, le TENSHIN SHODEN KAT O R I SHINTO RYU et le YOSEIKAN SHINTO RYU. Au travers de l’école KAT O R I SHINTO RYU, le pratiquant d’AIKIBUDO découvre l’enseignement complet d’une école de sabre du XVème siècle, l’une des plus anciennes et des plus prestigieuses de l’ancien Japon.. Le travail du sabre (KENJUTSU) est complété par ceux du bâton de 1m80 (BO JUTSU), de la lance fauchard e composée d’une hampe à l’extrémité de laquelle est montée une lame (NAGINATA JUSTU) avant de passer au sabre court (KODACHI) et LE LIEN ENTRE PRAT AUX ARMES ET A MAI aux deux sabres simultanément (RYO TO) puis à l’utilisation de la grande lance de 2m50 (YA R I JUTSU), ainsi qu’au IAI JUTSU ou l’art de sortir son sabre en coupant. Le travail se fait sous la forme de KATA ou exercice imposé contenant la quintessence de l’enseignement du Maître fondateur, IIZAZA CHOISAI IYENAO et de ses successeurs. Cette infime partie du programme occupe toutefois le pratiquant jusqu’à son grade de 6ème Dan. Dans le cadre de l’école YOSEI- KAN SHINTO RYU, le pratiquant touche du doigt une mise en application pratique de ses connaissances au sein d’exercices réalisés en KUMI TACHI (avec partenaire), avec un souci de réalisme et d’authenticité, sans toutefois se départir du contrôle et de la maîtrise imposées par l’utilisation d’arme s réelles. Le travail aux armes fait référence aux combats entre samouraï sur le champ de bataille, en armu re s Yo roï : l’armu re japonaise était constituée de petites plaques élémentaires de protection rattachées entre-elles par des cordelettes pour en composer les différentes parties que le samouraï enfilait successivement. Il faut remarquer ici que les points vulnérables de ces armures correspondaient aux points d’arti-
culations du corps humain (cou, épaule, coude, poignet, hanches, genoux, chevilles), offrant ainsi un compromis intéressant entre protection et mobilité du combattant, tout en ne laissant que peu de points de faiblesse susceptibles de faire l’objet d’une coupe ; aussi, le pratiquant d’AIKIBUDO commence-t-il sa pratique des armes par l’étude des points de frappes élémentaires précis de cette armure imaginaire, à l’exclusion de toute autre partie du corps. P artie intégrante du pro g r a m me AIKIBUDO, le KOBUDO permet une approche complémentaire de la notion de combat. Le danger apparaît quelque peu différent bien que tout à fait réel, et le risque de pre n d re un coup de BOKKEN (sabre en bois) puis l’appréhension dûe au travail avec l’ensemble des armes permet une concentration et une mise en situation réaliste pleine et entière du pratiquant. Par ailleurs, la notion de distance (MA- AI) et celle de la nécessité des TAI- SABAKI transparaissent immédiatement, laissant le pratiquant devant ses pro pres doutes, ses propres appréhensions, ses propres peurs... Il se trouve alors en situation réaliste d’apprentissage profond, retrouvant alors les véritables sensations du combat, si difficiles à approcher par ailleurs... 2°/LA CORRESPON- DANCE ENTRE LE TRAVAIL AUX ARMES ET A MAINS NUES : ATIQUE AINS NUES Il faut préciser ici que l’ensemble des logiques de travail et des techniques employées aux armes sont directement transposables dans le cadre de la pratique manuelle. Le même souci de danger lié à l’arme se retrouve dans le risque d’atémi, les mêmes formes d’attaque se ret rouvent sur des points similaires, tant par des coups que des pressions douloureuses (KYU- SHO). Seule la notion de distance (MA-AI) diffère, non dans la dynamique de travail, mais dans l’adaptation nécessaire aux distances de la confrontation manuelle : la maîtrise des TAI-SABAKI s’avère fondamentale dans la sortie de l’axe d’attaque de SEME et dans sa mise en déséquilibre lors du KUZUSHI, l’importance de la notion de vigilance (ZANSHIN), le danger potentiel des attaques et le risque de réactions de SEME (KAESHI WAZA) demeurent primordiaux et ce tant dans une confron t a t i on ancestrale en armu res traditionnelles que dans un contexte plus moderne en keikogi... Cette correspondance intime des pratiques aux armes et manuelles transparaît dans chacun des aspects du programme. Le kata SHIHO-NAGE/SHIHO-GIRI (niveau 1er Dan) fait le parallèle en t re la technique du SHIHO-NAGE et le travail de coupe au sabre d’un adversaire en armure féodale. Le GEN RYU NO KATA (niveau 3ème Dan) présente la transposition symétrique précise et fidèle des principes fondamentaux tant de coupes au s a b re que de pro j e c- tions. La stratégie du combat à mains nues rejoint directement celle du duel aux armes, car les deux adversaires (partenaires de nos jours) sont sur un pied d’égalité en ce qui concerne leurs possibilités d’actions et leur risques, qu’ils soient en armure traditionnelle ou en simple keikogi. Ainsi, dans le combat au s a b re, nous pouvons constater que la victoire repose sur la rapidité à couper efficacement l’un des points de défaut de l’armure portée par son opposant. Ces points correspondants, comme nous l’avons vu plus avant, à des points d’articulations, il s’ensuit une incapacité physique pour le blessé qui se termine irrémédiablement par sa mort. Dans le combat manuel, le danger potentiel correspond à l’un de ces mêmes points qui sera attaqué diff é re m me n t selon que l’adversaire sera ou non porteur d’une protection ; en l’absence d’armure, il sera possible de porter directement un ou plusieurs atémi en sortant de l’attaque de SEME avant de se décaler pour porter une technique. A l’inverse, les atémi pourront être avantageusement remplacé par des points de pressions douloureux (KUYSHO) ou des blocages articulaires dans le cas d’un adversaire porteur d’une armure ancestrale. Nous pouvons constater une parfaite symétrie entre les photographies illustrant le travail au sabre et celui à mains nues de la présente page : les distances de garde (KAMAE) sont adaptées à la présence ou non d’une arme, la coupe de KIRI KOMI au niveau du cou (OMOTE YOKO MEN UCHI) correspond à l’attaque de SEME au niveau de la tempe de TORI. Ce dernier sort de la même façon de l’axe d’attaque en IRIMI et porte selon le cas une coupe au niveau du poignet ou un atémi au niveau 2 1



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