Aïki Mag n°1 oct 00 à mai 2001
Aïki Mag n°1 oct 00 à mai 2001
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 de oct 00 à mai 2001

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : Les racines de Mayiano Aristin - technique Bernard Palmier.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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itinéraire mariano aristin C’EST SUR DES TATAMIS DE JUDO QUE VOUS AVEZ DÉBUTÉ VOTRE PRATIQUE DES ARTS MARTIAUX, COMMENT S'EST PASSÉE LA TRAN- SITION VERS L'AIKIDO ? En effet j'ai commencé de pratiquer le Judo vers l'âge de 17 ans à Caen. A cette époque seul le Judo était connu et surtout en tant qu'art martial Japonais, encore mystérieux. Ce n'était pas tout à fait le même enseignement qu'en ce moment. Il y avait beaucoup de techniques très intéressantes mais par la suite, les plus dangereuses, ont été retirées de l'entraînement quand le Judo est devenu un sport de compétition plus qu'un art Martial. C’est vrai, le Judo me plaisait beaucoup et je me suis investi à fond dans la pratique, et un peu plus tard dans l'enseignement, (1er dan en 63 - 2ème dan en 67 et 3ème dan en 1971). J'ai pratiqué avec de bons professeurs tel que L e v a n n i er, Leberre, Pelletier, etc. J'ai passé mon Brevet d'état en Juin 1968. Puis j'ai formé de nombreuses c e i n t u res noires aux Clayes S/Bois, dont certains et certaines ont enseignés à leur tour. Par la suite l'esprit de compétition prenant le dessus sur la re c h erche purement traditionnelle du Judo, le Karaté commençant à se faire connaître, je me suis inscrit aux cours de Karaté réservés aux professeurs de Judo sous l'enseignement de M a î t re Hiroo Mochisuki, qui pour moi représentait un style de karaté très pur et très technique. Le courant passait bien 1 2 avec Hiroo et d'ailleurs plus tard nous nous sommes retrouvés en Aïkido. Là encore, la compétition comme en Judo, prenant le dessus sur la recherche technique et ayant atteint le niveau de 1er dan, je ne trouvais toujours pas la voie que je recherchais. C'est alors qu'un ami judoka me parla d'Aïkido. J'avais entendu parlé de l'Aïkido par mon premier professeur de Judo suite aux stages dirigés par Maître M i n o ru Mochizuki, qui en 1951 fut le premier à présenter l'Aïkido et par la suite par Maître Tadashi Abe. Ce professeur donc enseignait après les cours de Judo, quelques techniques d'Aïkido qu'il présentait sous la forme d'un Jiu Jitsu supérieur. C'est alors que je me suis présenté au club Sigrand à Paris, ou enseignait Maître André Nocquet. Dès les premiers cours je fus séduit par son enseignement et l'esprit qu'il dispensait. Tout en continuant d'enseigner le Judo, j'ai choisi quelques élèves Judoka et c'est ainsi que j'ai commencé à faire c on n a î t re l'Aikido autour de moi. Par la suite j'ai passé le relais du club de Judo à mes élèves pour me consacrer uniquement à l'Aikido. Compte tenu de mes bonnes relations avec les clubs de Judo dans les Yvelines, j'ai enseigné et développé l'Aikido tout en continuant de pratiquer moi-même à Paris. L'Aïkido s'est bien développé dans cette région par les élèves c e i n t u res noires que j'ai formés et qui sont enseignants maintenant 4ème et 5ème dan, Brevet D'État. Cela m'a valu d'ailleurs d'être médaillé « Jeunesse et Sport » et fait « Citoyen d'honneur » des Clayes s/Bois. Voilà donc en résumé ma transition du Judo vers l'Aïkido. DE QUELS SENSEI RESSENTEZ- VOUS UNE INFLUENCE MAJEURE SUR L'ÉVOLUTION DE VOTRE AIKIDO ? En fait tous les professeurs dont j'ai suivi l'enseignement ont e x ercé une influence sur ma pratique, tant technique que L’e n r a ci ne me n t D E L’A R T La réelle s é r é n i t é qui se dégage de M a r i a n o A r i s t i n, 6ème dan, t é m o i g ne d’une maîtrise par l’A ï k i d o qu’il s’est forgé au fil du temps dans une pratique à la fois p a s s i on n é e et réaliste dont il évoque pour nous le sens pr o f on d. philosophique, à des moments différents. Le premier c'est bien sûr André Nocquet qui fut certainement le grand pionnier Français de l'Aikido et même Européen. Il parlait beaucoup d’O'Senseï, avec passion, et aimait nous m on t rer ses photos avec le Grand Maître durant son séjour au Japon. Cela me manque maintenant car hélas les
anciens élèves de Maître Ueshiba se font rares. Ensuite et surtout à partir de la création de l'UNA j’ai eu l'occasion de faire la connaissance et de travailler plusieurs années avec M a î t re Tamura. Avec lui aussi, dès les premiers "contacts", j'ai ressenti autre chose, le "courant" est très vite passé entre nous, sa rigueur et sa gentillesse ont fait que je me suis accroché à l'Aïkido dans des moments très d i fficiles de conflits de personnes qui étaient loin de l'esprit Aïki. Ensuite, Maître H i rokazu Kobayashi m'a beaucoup impressionné par sa rigueur et la précision de son travail aux armes, Jo et Ken. Puis Christian Tissier m'a apporté également une forme d'Aïkido qui me convenait parf ai t e me n t dans le travail de contact et la prise en compte de Uke. Je ne peux pas oublier bien sur l’enseignement de Maître Yamagushi, certainement un des plus grands, hélas lui aussi disp a ru. Actuellement je pre n d plaisir de travailler avec Maître Endo. Cette variété d'experts à beaucoup influencé m'a pratique dans son évolution. L'ENSEIGNEMENT DIFFÈRE-T- I L F O N D A M E N TALEMENT D'UN SENSEÏ À L'AUTRE ? Ayant pratiqué avec plusieurs Sensei, je me suis efforcé de travailler suivant les explications et les formes de chacun, de façon à me remettre en cause à chaque fois. Comme vous le savez O'Sensei disait souvent que « chercher à m'é g a l er, à m’imiter n'off r ai t aucun intérêt ». C'est peut-être pour cela que chacun des sensei, avec leurs personnalités propres, dispense un enseignement, un style, une forme qui semble différente à première vue, mais quand on prend la peine d'étudier, d'obs erv er, on se rend bien vite compte que les "techniques de base" sont les mêmes et qu'elles n'ont pas fondamentalement de différences. L'enseignement peut lui être différent, c'est normal et surtout tant mieux, mais l'Aïkido créé suivant les principes et la philosophie de O'Sensei reste fondamentalement respecté malgré son évolution. EST-CE QU'IL VOUS ARRIVAIT AVEC HIROKAZU KOBAYASHI DE PARLER DE L'ESPRIT DE L'AIKIDO TEL QU'IL L'AVAIT REÇU DU FONDAT E U R, QU'EN DISAIT-T-IL ? Je me souviens, surtout de la pre m i è re fois ou j'ai vu Maître Kobayashi. C'était à Boulogne où Maître Nocquet l'avait invité. J'étais très curieux de rencontrer ce maître Japonais 8ème dan. Je crois que je suis arrivé le premier, ou en tout cas un des premiers. Il était assis devant une petite table, crâne rasé et petite moustache, impassible et impressionnant (tel l'officier Japonais dans les films américains). Très impressionné, étant désigné comme Uke, je me demandais à quelle sauce j'allais être mangé ? Ce fut formidable, tant sa technique était pure, je me suis demandé souvent si je ne tombais pas tout seul. Par la suite je n'ai jamais manqué ses cours où il était assisté de son élève Enuki Inoué qui servait d'interprète. A partir de ce jour une grande passion de l'Aïkido s'est manifestée en moi. Je le suivais partout à chaque séjour en France et en Suisse. C'est avec lui que j'ai compris toujours plus le travail du Jô et du Ken. Il venait à la maison et enseignait à mes enfants l'écriture japonaise, voulant même m'amener au Japon avec lui. J'ai dû choisir entre mon travail, ma famille et le Japon… je ne suis pas allé au Japon. Bien sûr il nous parlait beaucoup d’O'Sensei et de l'Esprit de l'Aïkido. Nous avions le privilège, avec quelques amis, de nous réunir au Dojo pour travailler et ensuite, il nous invitait à sa table. C'était lui qui faisait la cuisine. Au cours de ses réunions, il nous racontait des anecdotes avec 0'Sensei. J'ai beau cherché dans mes souvenirs, je n'arrive pas à expliquer exactement ce qu'il nous disait, sans doute parce que nous n'avons pas vécu ces moments vécus par eux avec 0'Sensei. LES REPÈRES DE LA COMPÉTITION EN JUDO NE VOUS ONT-ILS PAS MANQUÉS ? Bien sûr au début, étant encore jeune, la compétition me manquait un peu, surtout une forme de compétition qui permet de se situer. Mais compte tenu de la place de plus en plus importante de la compétition par rapport à l'enseignement plus technique du Judo, je me suis consacré à fond à l'Aïkido, c'est bien dommage car le judo est très riche à mon sens, et aussi passionnant que l'Aïkido. Physiquement j'y retrouvais un grand plaisir car l'Aïkido demande également une bonne condition physique sans pour autant penser à la compétition. Et puis je voulais malgré tout f ai re partie des meilleurs en Aïkido, et comme on n'a rien sans se donner du mal, une compétition avec moi-même existait en quelque sorte. 1 3



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