Aïki Mag n°1 oct 00 à mai 2001
Aïki Mag n°1 oct 00 à mai 2001
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 de oct 00 à mai 2001

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : Les racines de Mayiano Aristin - technique Bernard Palmier.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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entretien « La pratique de l’Aïkido dans le dojo n’est qu’un début. Le dojo est le lieu où l’on apprend la technique, le savoirfaire, le savoirvivre. Nous devons appliquer tout ceci dans la vie de tous les jours... « 1 0 Y-a-t-il des aspects techniques précis qui vous paraissent incontournables ? En tant que femme et vu mon petit gabarit, il y a un aspect technique qui à mon sens est incontournable pour que la technique soit crédible et efficace. Je pense à la notion de déséquilibre qui est fondamentale pour amener le partenaire au sol. Et ce déséquilibre ne peut se réaliser que si la construction de la technique passe par un déplacement et un placement adapté. Avec les années, j’ai pris conscience de l’importance du déplacement et donc de la notion dynamique qui donne à la pratique une autre dimension puisqu’il faut tenir compte du Ma-aï, du timing et de la dynamique de l’autre. L’autre aspect technique incontournable est l’apprentissage de la chute. En effet, cette chute qui semble être préméditée pour le non initié, est d’une nécessité fondamentale pour préserver l’intégrité de celui qui chute (uke). Le travail de uke n’est pas aussi facile qu’on peut le croire et doit développer l’intuition et la perspicacité. Uke doit avoir « le geste juste au moment juste », c’est à dire ne pas anticiper sur la chute et ne pas attendre le moment destructeur de l’action. Donc, je pense que cet apprentissage doit se faire dès les premières séances d’Aïkido pour « protéger » ce corps que nous avons reçu. Vous enseignez aux Antilles, comment est perçu l’Aïkido dans un univers très imprégné de compétition ? L’absence de compétition en Aïkido a des avantages mais aussi des inconvénients. Les inconvénients sont certainement valables pour tous les départements de France : -difficultés pour être reconnus par les médias (problème de promotion) -difficultés pour obtenir des aides des collectivités locales (problème financier) -considéré comme le dernier « petit » de la famille des Arts Martiaux. Par contre, l’Aïkido est apprécié par les non violents, pour son côté non compétitif. Que ce soit aux Antilles ou en Métropole ceux-ci pensent à juste titre que l’Aïkido doit être de plus en plus présent dans notre société, où compétition scolaire et dans le milieu du travail, violence, délinquance, non respect de soi et des autres augmentent de jours en jours. L’Aïkido doit nous permettre de canaliser correctement les tensions intérieures, les rivalités que nous avons. En effet, nous ne devons pas nous voiler la face : l’homme est foncièrement compétitif, mais avec la pratique et le temps nous arrivons (si on le désire ! …) à minimiser ce côté-là. Cet Art a l’honorable avantage d’harmoniser notre corps et notre esprit. Comme disait O’Sensei : « l’homme est fait d’un corps et d’un esprit qui par définition est brillant, c’est le corps qui ternit l’esprit, l’Aïkido dépoussière le corps ». Existe-t-il à votre sens un travail de l’Aïkido en dehors du dojo ? La pratique de l’Aïkido dans le dojo n’est qu’un début. Le dojo est le lieu où l’on apprend la technique, le savoirfaire, le savoir-vivre. Nous devons appliquer tout ceci dans la vie de tous les jours. Si on prend l’exemple de la notion d’Irimi et de Taïsabaki, on peut noter qu’il nous arrive fréquemment d’alterner des attitudes directives avec celles qui sont plus souples. Dans le dojo nous sommes amenés à pratiquer avec des gens de différents sexes, âges, niveau technique, milieux sociaux, ce qui développe des qualités de communication, d’échange, de convivialité et de tolérance. Il serait dommage que cet apprentissage ne se poursuive pas en dehors du dojo. Vous avez également des activités fédérales importantes, quelles sont-elles, et comment arrivez-vous à concilier le tout ? Effectivement, depuis près de 8 ans, je suis responsable de la Ligue d’Aïkido de la Martinique. Au départ, mon objectif était de structurer et de dynamiser la Ligue. Je pense que j’ai réussi en parti ce but grâce à la participation active de tous ceux qui m’entourent et me font confiance. J’avoue que concilier les activités administratives, l’enseignement de l’Aïkido et ma vie professionnelle me demande beaucoup d’énergie et de temps, mais c’est pour la bonne cause. Malheureusement, pour y parvenir je dois sacrifier ma vie de famille, c’est un choix (pour le moment !...).
Vous pratiquez en Martinique, pensez vous qu’il y a un Aïkido « Martiniquais » ? Non, pas du tout. Il n’y a pas d’Aïkido « Breton » ou « Marseillais ». Les techniques restent les même puisque malgré notre éloignement nous pouvons échanger avec différents experts et nous avons aussi la chance d’avoir la visite depuis 12 ans de Maître Christian Tissier qui fait un travail en profondeur dans notre département. Chaque année, nous organisons des passages de grade 1er et 2ème Dan dans notre région et régulièrement depuis quelques années des pratiquants vont passer leur 3ème et 4ème Dan en métropole avec succès. Je dirais simplement que l’ambiance durant la pratique est influencée par le climat du pays et par notre tempérament. C’est-à-dire que la chaleur ne nous incite pas à pratiquer en fin de matinée, les problèmes de déshydratation ne sont pas négligeables et notre tempérament « cool » et jovial peut surprendre certains. Mais c’est là notre spécificité ! … En conclusion vous êtes présidente, enseignante mais avant tout pratiquante d’Aïkido. Quels sont vos projets pour l’Aïkido en Martinique ? Pour le cours terme, à la demande d’Ikeda Sensei du Colorado (USA), nous aurons une rencontre exceptionnelle entre deux experts de haut niveau à savoir Maître Christian Tissier et Ikeda Sensei lui même, les 8 et 10 Décembre 2000. Et pour la 1ère fois nous invitons Bernard Palmier, D.T.R de la région Ile de France. A moyen terme, nous prévoyons un voyage au Japon pour nos licenciés. A long terme, nous souhaitons la construction d’un Dojo départemental ou régional qui permettrait à toute la famille des Arts Martiaux de bénéficier d’une structure permanente pour toutes les grandes manifestations. Personnellement, je souhaite continuer à pratiquer et à partager ma passion avec ceux qui le désirent. ❁ 1 1



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