Aide et Action n°99 jui/aoû/sep 2006
Aide et Action n°99 jui/aoû/sep 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°99 de jui/aoû/sep 2006

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Aide et Action France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : Mali, une école maternelle libère un quartier.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Dossier Éducation et Petite enfance Mali : le clos d’enfants libère le quartier En maternelle, les enfants s’habituent à l’environnement scolaire. Banconi-Plateau est un quartier populaire de la périphérie de Bamako, traversé par une route goudronnée. Les infrastructures s’y établissent doucement. La population du quartier est l’une des plus pauvres de Bamako. Cette situation a de nombreuses conséquences sur la vie familiale et donc sur les enfants. La plupart des parents ont comme principale activité la recherche quotidienne de moyens de subsistance. Du matin au soir, le père effectue des petits travaux ou se consacre à son commerce. Les femmes, traditionnellement, s’occupent du foyer. Mais les ressources du mari ne suffisent pas et elles doivent Dans un quartier populaire de Bamako, une association réunit les familles pour l’avenir de leurs enfants. Au cœur de cette association, un petit clos d’enfants. Ici, le bien-être des plus petits améliore aussi la vie des plus âgés… Par Aide et Action Mali régulièrement travailler pour améliorer les revenus. Elles vendent des fruits ou des beignets cuisinés sur le bord de la route, tressent les cheveux ou effectuent les tâches ménagères d’une famille plus aisée. DES ENFANTS LIVRÉS À EUX-MÊMES Pendant ce temps, les enfants sont livrés à eux-mêmes. Très vite et très jeunes, ils arpentent les rues et récoltent quelques pièces pour compléter les repas, en mendiant ou grâce à de menus travaux. Beaucoup d’enfants qui errent dans le centre-ville de Bamako viennent de ce quartier. La problématique 8 » Dossier Éducation et Petite enfance » mag 99 » juillet 2006 de la garde inquiète bien entendu les mères et touche également les grandes sœurs. Celles-ci doivent s’occuper de leurs frères et sœurs : les efforts pour la scolarisation des filles sont donc largement compromis. Au cœur du quartier, faisant face au centre de santé communautaire, se trouve l’Association malienne de suivi et d’appui à la femme et à l’enfant (AMSAFE), partenaire du programme Aide et Action Mali. Le mur ocre qui sert de façade est parsemé de dessins représentant des enfants jouant ou tenant la main de leurs parents. La porte métallique s’ouvre sur une petite cour. Au fond, un toit de tôle protège du soleil deux groupes Photo : A&A Mali
d’enfants séparés par un tissu. D’un côté, ils entonnent des chansons, de l’autre ils récitent des contes. C’est le « clos d’enfants » qui rassemble, depuis 2002, une centaine d’enfants de 3 à 5 ans. Certains d’entre eux sont là gratuitement, identifiés par un comité comme étant très démunis. D’autres paient un forfait d’inscription et une mensualité minimale permettant de rétribuer les animatrices. Ils participent à des activités d’éveil : jeux traditionnels, pliages, musique, contes, comptines, chants… LES MÈRES PENSENT QUE L’AVENIR PASSE PAR L’ÉCOLE La coordinatrice de l’AMSAFE, M me Safiatou Doumbia Coulibaly, explique que le clos est une nécessité de premier ordre qui répond aux besoins exprimés. Comme les mères présentes le confirment, il leur permet de vaquer à leurs occupations, sachant leurs enfants en sécurité. Les grandes sœurs sont aussi libérées et peuvent aller à l’école. Les familles font partie de l’association, qui compte 45 membres. Elles se réunissent régulièrement au centre afin d’exposer leurs difficultés et leurs inquiétudes, de décider des actions à mener. Une manière de prendre en main leur avenir et celui de leurs enfants. Parce que les garder n’est pas tout, il faut aussi leur donner toutes leurs chances d’avenir. Les mères pensent que cet avenir passe par l’école et qu’il faut s’attaquer à l’ensemble des causes qui en prive leurs enfants. « C’est à travers la problématique de l’enfant que les familles abordent patiemment la globalité des problèmes qu’elles rencontrent » L’entrée de l’Association malienne de suivi et d’appui à la femme et à l’enfant (AMSAFE). Les freins à la scolarisation sont multiples. D’abord, l’absence d’acte de naissance, indispensable pour inscrire l’enfant à l’école : malgré la gratuité du document, certains parents n’en voient pas l’utilité, puisque eux-mêmes n’en ont pas. Les frais scolaires, droit d’inscription et achat de matériel sont souvent une charge trop importante pour certains. Enfin, l’enfant est encore fréquemment une source complémentaire de revenus ou une aide précieuse dans le foyer. SE FAMILIARISER AVEC LES CHIFFRES ET LES LETTRES Comme le souligne M me Doumbia Coulibaly, « nous essayons de travailler dans une synergie d’actions malgré les contraintes ». Le matin, pendant que les petits écoutent des contes, les enfants plus âgés prennent des cours pour intégrer l’école. À midi, d’autres enfants du quartier viennent les rejoindre dans la cour pour y jouer le reste de la journée. Des cours d’alphabétisation pour adolescentes sont organisés. Le soir, c’est au tour des adultes d’envahir les lieux pour tenir une réunion ou simplement discuter. Ponctuellement, d’autres activités sont prévues : des rencontres pour préciser les besoins et des réunions pour défendre des causes communes comme l’accès gratuit pour tous à l’école. Le Mali connaît un taux d’échec important à l’école et le clos permet d’envisager de le réduire. Il offre à ces enfants un premier contact avec un milieu et une activité proches du monde de l’école. Photo : A & A Mali Le coin des petits : séance d’éveil sur le tapis. Il s’agit de les familiariser avec les chiffres et les lettres dans un environnement où ceux-ci existent à peine et de leur permettre d’apprivoiser une structure nouvelle avec ses règles spécifiques. Les parents s’habituent à l’école et la voient alors comme une étape normale pour leurs enfants. Encore faut-il que les enfants y aient accès… ce qui est un autre combat de l’association. DONNER UNE CHANCE AUX ENFANTS AMÉLIORE LA VIE DES FAMILLES Les animatrices sont des jeunes filles en difficulté, en partie formées sur le tas par les partenaires et le ministère de l’Éducation de base. Selon elles, ces formations sont indispensables et elles espèrent pouvoir en suivre d’autres. Malgré les difficultés, elles sont motivées et dévouées. L’une d’entre elles rapporte : « Je suis contente de pouvoir offrir aux enfants ce que j’aurais aimé qu’on m’offre. » Le travail du clos a donc une double portée. S’il permet aux jeunes enfants de mieux appréhender le milieu scolaire tout en quittant la rue, il conduit les familles et surtout les femmes à dépasser leurs difficultés quotidiennes. Donner leur chance aux enfants en améliorant quelque peu la vie de leur famille est un mariage qui se veut réaliste. Avec des moyens réduits, les résultats sont convaincants. Des démarches politiques auprès des autorités jusqu’à la garde de petits enfants, l’AMSAFE vise une action complète. Le « clos d’enfants » est au centre du dispositif. Car c’est à travers la problématique de l’enfant que les familles abordent patiemment la globalité des problèmes qu’elles rencontrent. Ensemble, elles en prennent conscience et, ensemble, elles cherchent des solutions. ■ Dossier Éducation et Petite enfance » mag 99 » juillet 2006 » 9 Photo : A & A Mali



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