Aide et Action n°99 jui/aoû/sep 2006
Aide et Action n°99 jui/aoû/sep 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°99 de jui/aoû/sep 2006

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Aide et Action France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : Mali, une école maternelle libère un quartier.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Dossier Éducation et Petite enfance Petite enfance : des pistes pour une prise en charge réussie À Tchandina (Togo), c’est la communauté qui a créé son projet Petite enfance. Village de Tchandina, Togo. En 1995, la communauté villageoise sollicite Aide et Action pour la construction d’une école primaire « en dur ». Les bâtiments traditionnels en banco résistent peu aux successions de périodes humides et de grosses chaleurs. Les parents pensent qu’une construction en briques de ciment permettra une meilleure prise en charge des élèves sur le long terme. Peu à peu, c’est tout un complexe scolaire qui est édifié : maisons pour les enseignants – qui évitent ainsi des déplacements trop longs –, une cantine – pour permettre aux élèves de gagner du temps et d’avoir un repas équilibré tous les jours – et une bibliothèque. Malgré ces aménagements, les villageois s’aperçoivent que des jeunes filles ne vont pas à l’école. Elles gardent leurs petits frères et sœurs pendant que L’importance de la prise en charge des enfants de 0 à 6 ans ne fait plus débat. Mais cet accueil doit être possible partout et répondre aux besoins spécifiques des plus petits. Comme au Togo et au Vietnam, les solutions existent. « Toute l’évolution de la situation éducative du village de Tchandina a été choisie et portée par la communauté elle-même » les parents travaillent. Face à ce constat, la communauté décide de construire une garderie pour les plus petits, au départ en banco puis en dur depuis cette année. Le succès est total. LE VILLAGE SOULÈVE LA QUESTION DU JARDIN D’ENFANTS L’une des leçons à tirer d’une telle expérience, c’est l’importance de l’implication des communautés dans leur projet. C’est vrai pour tout le système scolaire, ça l’est aussi pour la Petite enfance : si personne dans le village n’avait soulevé la question de la garde des petits, rien n’aurait pu changer, même avec une volonté externe. Toute l’évolution de la situation éducative du village de Tchandina a été choisie et portée par la communauté elle-même. 14 » Dossier Éducation et Petite enfance » mag 99 » juillet 2006 Cette mobilisation est une des principales clés du succès pour le développement de la Petite enfance. Mais pas la seule… Car si l’on parle de nécessité de prise en charge pour les tout-petits, encore faut-il s’intéresser à la qualité des programmes. Les enseignants ont-ils reçu des formations adaptées aux besoins spécifiques des plus petits ? Disposentils de tous les outils pédagogiques nécessaires ? Au Vietnam, l’apprentissage de l’hygiène. Photo : A. Bordallo Photo : A & A Vietnam
Au Vietnam, les enseignantes de trois écoles maternelles (Van Thanh, Van Thang et Dai Lanh) ont participé à une formation. L’objectif : apprendre à mieux adapter l’école aux besoins des enfants. Les éducatrices se sont vu décrire l’aménagement possible d’une classe de maternelle : quatre coins divisent la salle pour que les enfants se constituent des repères. Un coin pour les travaux liés à la construction qui développent l’esprit de groupe. Un deuxième coin pour les activités artistiques (dessin, peinture…) où l’imagination et la créativité prennent tout leur sens. Le troisième est dédié à l’apprentissage : des livres pour la lecture et des jeux de chiffres pour apprendre à compter. Le quatrième coin est consacré aux métiers : les enfants s’amusent à les simuler. Pendant la formation, les éducatrices ont également mesuré l’importance du rappel des bases de l’hygiène. « Nous avons travaillé sur des choses concrètes et importantes, comme apprendre aux enfants à se laver les mains avant chaque repas, après avoir été aux toilettes, à se brosser les dents, à manger correctement… », précise M me Chi, directrice de l’école de Van Thang. SE FORMER AUX BESOINS DES TOUT-PETITS Comme dans cet exemple, il est essentiel de se former à travailler avec les enfants sur des activités liées à leur développement personnel, mais aussi à l’apprentissage des règles de base d’hygiène, sociales et alimentaires. Cela assure aux éducateurs de la Petite enfance les compétences fondamentales pour satisfaire les besoins de leurs jeunes élèves. Au Togo, dans la région de la Kara, au-delà de la question de la formation des enseignants, les centres de la Petite enfance disposent pour la plupart de très peu de jouets. Comment imaginer qu’un enfant puisse grandir et s’épanouir dans ces conditions ? Le coin jeux d’une classe de maternelle au Vietnam. M me Looky, inspectrice des jardins d’enfants dans la région, a remarqué cette faiblesse. La solution, elle est allée la chercher au Ghana où les éducatrices sont formées à fabriquer des jouets avec des matériaux locaux (voir encadré ci-dessous). Photo : A & A Togo De nombreux jardins d’enfants manquent de jouets, souvent trop coûteux. Ils sont pourtant indispensables à l’éveil de l’enfant. M me Looky, inspectrice des jardins d’enfants de la région de la Kara au Togo, a trouvé une solution… Interview. Aide et Action : Quelle est la situation des jardins d’enfants de la région de la Kara au Togo ? M me Looky : Les structures qui accueillent les plus petits ne sont, pour la plupart, pas adaptées. Il n’y a pas de jouets, d’aires de jeux avec balançoires ou toboggans. Or, l’apprentissage par les jeux est fondamental pour le développement des enfants. Aide et Action : Que faites-vous pour améliorer cette situation ? M me Looky : Sous l’impulsion et avec l’appui d’Aide et Action, nous avons eu l’idée de créer une fabrique de jeux sur place. Pour lancer le projet, nous nous sommes rendus au Ghana où des initiatives intéressantes sont menées en la matière. Nous avons rencontré les artisans du village « Art Center ». Ils nous ont transmis beaucoup Des jouets « made in Africa » Assurer la sécurité alimentaire et sanitaire, permettre aux familles et aux communautés d’agir sur le système éducatif, former les enseignants aux outils et aux pratiques pédagogiques novatrices : autant de leviers qui assureront l’avenir des plus jeunes d’entre nous. ■ de leur savoir-faire dans la confection de jeux avec des matériaux locaux. L’idée est très intéressante parce qu’elle est accessible et peu coûteuse. Des voitures ou des blocs logiques 1 en bois, des poupées à partir de gourdes, rembourrées de coton ou de kapok 2 et couvertes de tissus, sont des idées de jouets que nous avons ramenées avec nous. Aide et Action : L’atelier est-il créé aujourd’hui ? M me Looky : Oui. L’atelier est installé dans les locaux de l’inspection des jardins d’enfants, avec l’appui d’Aide et Action. Nous y formons des éducatrices à imaginer et à créer des jouets avec ce qu’elles trouvent autour d’elles. Il est équipé de petits et de gros marteaux, de rabots, de scies, de mètres… tout ce qu’il faut pour fabriquer de beaux jouets et améliorer les conditions d’apprentissage des plus petits. Propos recueillis par Gisèle Bogra, assistante ressources Aide et Action Kara, Togo. 1 Éléments (cubes, cylindres, etc.) de différentes tailles, formes et couleurs. 2 Le kapok est une matière similaire au coton. On l’obtient à partir des gousses du kapokier, grand arbre tropical encore appelé fromager. Dossier Éducation et Petite enfance » mag 99 » juillet 2006 » 15 Photo : A & A Vietnam



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