Aide et Action n°99 jui/aoû/sep 2006
Aide et Action n°99 jui/aoû/sep 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°99 de jui/aoû/sep 2006

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Aide et Action France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : Mali, une école maternelle libère un quartier.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Dossier Éducation et Petite enfance Photo : N. Plante principales maladies infantiles, 19 n’auront pas accès à l’eau potable, 40 à des équipements d’assainissement convenables, et 17 n’iront jamais à l’école. La conséquence la plus terrible, c’est que près de 11 millions d’enfants par an —soit environ 30 000 par jour — meurent avant d’avoir atteint l’âge de 5 ans, le plus souvent de causes que l’on aurait pu éviter. Mais même lorsque les enfants survivent, trop souvent ils ne s’épanouiront pas. Par manque de soins, de protection, d’activités d’éveil, ils sont plus de 200 millions à souffrir de capacités d’apprentissage diminuées qui les empêcheront le plus souvent de réaliser tout leur potentiel. Ces chiffres sévères confortent l’engrenage de la pauvreté et de la maladie qui affecte tant de pays. Ignorer le caractère fondamental de l’éducation et des soins apportés aux plus petits est une tragédie tant pour les enfants que pour les nations. Sous l’impulsion des forums internationaux comme celui de l’Éducation pour tous à Dakar en 2000 (cf. interview p.21 et article p.24), les pays ont compris que l’un des meilleurs investissements pour leur développement et la lutte contre la pauvreté est de garantir l’essor des programmes liés à la Petite enfance. Un rêve à notre portée. ■ L’épanouissement de l’enfant dépend beaucoup de son entourage. Ici, au sud de l’Inde. 12 » Dossier Éducation et Petite enfance » mag 99 » juillet 2006 Photo : A & A Burkina Faso Burkina Faso : « Maman, je veux voir maman bissongo » Bissongo. Depuis plusieurs années, ce mot a changé la vie de centaines de familles burkinabés. Centre villageois destiné aux enfants de 3 à 6 ans, il répond aux besoins de familles en mal de structures d’accueil pour les plus petits. Au départ, un constat : en 1999, seuls 2% des enfants de 3 à 6 ans ont accès à une structure d’encadrement et d’éveil. Centre Bissongo au Burkina Faso. Face à cette situation, les autorités ont initié le programme à base communautaire du développement de la Petite enfance. Placé sous la tutelle du ministère de l’Action sociale et de la Solidarité nationale (MASSN), les centres bissongos (« Enfant sage » en langue mooré) respectent les cultures locales. Les éducatrices des centres, appelées « mamans bissongos », sont de jeunes mères alphabétisées et identifiées au sein des communautés. Ces « petites mamans » sont formées par les autorités à la santé, à l’éducation civique ou à la nutrition. Mises en valeur, motivées, elles assurent l’animation par des activités d’éveil, des jeux, des chants, le tout en langue locale. Elles enseignent aussi le jardinage et les règles d’hygiène aux enfants qui les répètent à leur tour aux parents. Les salaires de ces éducatrices, généralement au nombre de trois par bissongo, sont pris en charge par les communautés grâce aux cotisations des parents. Au-delà de l’éveil et des soins apportés aux plus petits, ces centres offrent aux grandes sœurs l’accès à l’alphabétisation, alors qu’auparavant elles étaient chargées de la garde de leurs petits frères et sœurs. Les mères profitent également de ce temps libéré pour exercer des activités génératrices de revenu ou pour s’alphabétiser. De fait, les centres bissongos apparaissent d’ores et déjà comme un maillon indispensable de la chaîne éducative.
« La Petite enfance est la source de tous les développements » ➜Aide et Action : Pourquoi la Banque mondiale s’intéresse-t-elle aux projets liés à la Petite enfance ? Tatiana Romero : Investir dans des programmes en faveur de la Petite enfance est une nécessité, en premier lieu pour les besoins de l’enfant. Sa capacité à développer des facultés sociales, émotionnelles et intellectuelles est directement liée à son état de santé, de nutrition et au climat affectif environnant. Grandir avec un seul repas par jour est tout simplement impossible. Ensuite, sur le plan physiologique, on connaît désormais l’importance du développement du cerveau dans les premières années de vie. Ce que nous appelons le développement cognitif, en quelque sorte « apprendre à apprendre », est essentiel chez les plus petits. L’objectif est de jeter les bases de l’apprentissage le plus tôt et le plus facilement possible…, et les résultats sont probants. ➜A&A : Vous soutenez des programmes liés à la Petite enfance depuis plus de trente ans. Quel bilan en faites-vous ? T. R. : Globalement, les enfants inscrits dans les centres de Petite enfance et accompagnés par des professionnels formés ont de meilleurs résultats et redoublent moins. Ils sont également plus préparés socialement, émotionnellement et montrent un développement verbal et intellectuel plus élevé. D’autre part, nos analyses soulignent que le développement intégré de la Petite enfance (santé, nutrition, développement cognitif, émotionnel et social) se traduit directement en retombées économiques réelles. Les pays qui font ce choix prennent de l’avance, car ils font baisser le taux de mortalité infantile, augmentent le niveau Tatiana Romero est consultante pour la Banque mondiale. Elle a travaillé sur le projet « Développement de la Petite enfance » en Guinée, avec Aide et Action. Elle revient sur les perspectives fondamentales des projets en faveur de la Petite enfance. Tatiana Romero (au 2 e rang, la troisième personne en partant de la droite) et l’équipe Petite enfance en Guinée. d’éducation et donc leur capacité à créer de la richesse. La Petite enfance est certainement l’une des meilleures mesures préventives contre le « maldéveloppement ». ➜A&A : Comment incitez-vous les gouvernements et les communautés à s’investir dans ces projets ? T. R. : En Amérique latine, au départ, les gouvernements donnaient des appuis ponctuels pour garantir la nutrition, la garde et la sécurité des enfants. Nous avons beaucoup insisté sur l’approche « développement personnel » qui était complètement absente. Aujourd’hui, les pays sud-américains sont en train de faire la transition « Le développement de la Petite enfance se traduit en retombées économiques réelles » et le volet éducatif fait partie intégrante des initiatives. Pour l’Afrique, la réflexion est bien plus récente. Surtout au niveau de la relation avec l’éducation. Nous avons énormément valorisé le travail des animateurs communautaires pour la sensibilisation des populations. La formation des femmes pour la fabrication des jouets est une initiative originale qui vise le développement communautaire. Une excellente entrée en matière car il est important de développer la co-responsabilité de tous : la société civile, l’État, la communauté, la famille. La Petite enfance est la source de tous les développements. Chacun doit la prendre en compte. ■ Dossier Éducation et Petite enfance » mag 99 » juillet 2006 » 13 Photo : D. R. Photo : P.Théophile



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