Aide et Action n°99 jui/aoû/sep 2006
Aide et Action n°99 jui/aoû/sep 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°99 de jui/aoû/sep 2006

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Aide et Action France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : Mali, une école maternelle libère un quartier.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Dossier Éducation et Petite enfance Photo : A & A Vietnam Les maternelles changent le monde Tôt le matin, la maternelle s’active ! Une vingtaine d’enfants de 2 à 5 ans prend possession de la classe. Ce sont les petits frères et petites sœurs, parfois même les propres enfants des plus grands qui sont en remise à niveau scolaire ou en formation professionnelle dans les centres de l’ONG Mith Samlanh/Friends, au Cambodge. Chaque matin, une séance d’hygiène est L’école maternelle : un début de formation à la vie. Ici, au Vietnam. Et si « apprendre à apprendre », acquérir son autonomie, savoir vivre avec les autres, être en bonne santé étaient les moyens les plus sûrs de lutter contre la pauvreté ? Au cœur de cette lutte, on peut être actif et mesurer moins de un mètre. programmée. Les enfants se lavent le corps avec du savon, apprennent à changer et à laver régulièrement leurs vêtements, se coupent les ongles et si besoin se font couper les cheveux. L’éducatrice sait organiser sa classe. Elle a reçu une formation à la faculté de pédagogie de Phnom Penh et fait des leçons qui tiennent toujours compte de l’environnement de l’enfant : le jour, 10 » Dossier Éducation et Petite enfance » mag 99 » juillet 2006 la date, l’observation d’images simples et familières dans des livres. Elle sait intéresser ses petits élèves. Avant toute activité, chacun doit se présenter : nom, prénom. Les enfants s’amusent à répéter les noms de leurs copains. Mais ce rituel si plaisant cache des vertus pédagogiques insoupçonnées pour eux. M me Oun, responsable de l’éducation chez Mith Samlanh/Friends témoigne de
Photo : A&A Cambodge Phnom Penh, Cambodge. Il est 7 h du matin, l’heure du lever de drapeau et du chant de l’hymne national pour toutes les écoles. Mais il y en a une, dans le quartier de Chba Ampeou, où le silence règne parmi les enfants. À la place, des mouvements de mains. Des signes du langage sourd et muet cambodgien sont ici maîtrisés par des enfants de 3 à 6 ans. Depuis sa création en octobre 2004, l’école maternelle permet l’évolution sociale des enfants : « La relation entre eux s’est énormément renforcée grâce à l’auto-introduction et à la reconnaissance du nom des amis. Avec des petites astuces pédagogiques comme celles-ci, les plus petits intègrent rapidement le savoir-vivre, le savoir-faire et la confiance en eux nécessaire pour apprendre à apprendre et pour vivre avec les autres ». JETER LES BASES DE L’APPRENTISSAGE « Apprendre à apprendre », jeter les bases de l’apprentissage dès le plus jeune âge est fondamental. Pour les scientifiques, les trois premières années de vie revêtent une importance critique pour la survie et l’épanouissement d’un enfant. Lors de cette période, il va développer ses capacités d’apprentissage, son intelligence, sa conscience du monde et ses rapports avec son entourage. Si le cerveau de l’enfant, extraordinairement réceptif à cet âge, ne bénéficie pas de suffisamment de stimulations au cours des trois premières années, ses possibilités risquent d’être considérablement réduites. Attentive au rythme de développement et de croissance du jeune enfant, l’école maternelle multiplie les occasions de stimuler son désir d’apprendre, de diversifier ses expériences et d’enrichir sa compréhension : elle l’aide à grandir. Par ailleurs, les études démontrent que la scolarisation des enfants dès leur plus jeune âge recule l’échec des élèves dans les premières classes de l’élémentaire. L’entrée à l’école primaire est une phase de transition importante entre Cambodge : des petits sourds entendus deux environnements. Pour ceux qui arrivent directement de leur foyer à l’école, le passage peut être difficile en raison des efforts d’adaptation à un environnement nouveau. L’étude de Willemien Le Roux sur la communauté San au Botswana (cf. encadré ci-dessous) apporte un éclairage intéressant sur la situation des cultures minoritaires et sur les problèmes rencontrés par les enfants face à des attentes sociales, des normes contradictoires et des langues inconnues. L’étude montre que si l’école n’est pas capable de s’adapter à l’environnement que les enfants ont connu auparavant, elle les contraint à faire d’immenses efforts pour réussir. Et bien peu en sont capables. Les centres de Petite enfance avec un enseignement dans la langue maternelle habituent progressivement les enfants au système de l’école primaire, ce qui diminue le nombre d’abandons et améliore les résultats scolaires. à ces enfants de prendre le chemin d’une éducation, alors que le handicap au Cambodge est vu comme un signe de mauvais karma. Les résultats sont spectaculaires : les enfants qui auparavant criaient pour se faire comprendre utilisent désormais la langue des signes. Ce qui ravit les parents. La communication devient plus aisée, l’environnement familial est bien meilleur et les résultats scolaires sont excellents. Encouragés par cette réussite, les parents apprennent le langage des signes pour les comprendre. Leur regard évolue : cet enfant n’est pas si différent, simplement, il ne s’exprime pas comme les autres. Pour eux, une fierté retrouvée, pour ces petits, la fin du monde du silence. « Les trois premières années de vie revêtent une importance critique pour la survie et l’épanouissement d’un enfant » Le difficile passage à l’école primaire : l’exemple des enfants San au Botswana Période clé pour le développement de l’enfant et pour l’acquisition des « bases », 0 à 6 ans est aussi la tranche d’âge où il a le plus besoin de soins, d’une alimentation équilibrée et d’un suivi médical. Des maladies fréquentes, un environnement malsain et une mauvaise nutrition limitent son potentiel et portent atteinte à sa survie. POUR STOPPER L’ENGRENAGE DE LA PAUVRETÉ D’après l’UNICEF, sur 100 enfants nés en 2000, 30 souffriront de malnutrition au cours de leurs 5 premières années, 26 ne seront pas immunisés contre les « Les San viennent d’une culture où adultes et enfants ont des relations très libres (…). Ils ont de ce fait beaucoup de mal à comprendre le mode de fonctionnement du système éducatif formel. Les enfants n’arrivent pas à s’adapter aux horaires stricts et à l’enfermement en groupe dans une salle de classe. Les cours sont dispensés en setswana et en anglais par des enseignants qui n’ont aucune idée de la culture et de la langue san et qui ne la comprennent donc pas. » Willemien Le Roux (2002) The Challenge of Change. A tracer study of san preschool children in Botswana. Photo : J. Pudlowski Dossier Éducation et Petite enfance » mag 99 » juillet 2006 » 11



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