Aide et Action n°98 mar/avr/mai 2006
Aide et Action n°98 mar/avr/mai 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°98 de mar/avr/mai 2006

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Aide et Action France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : la mobilisation pour l'éducation.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Photo : REFMAP Photo : REFMAP » > Dossier : la mobilisation pour l’éducation Aide et Action : Dès le départ, vous avez joué un rôle au plus haut niveau de la diplomatie internationale (voir encadré ci-dessous). Comment ? Hadja Saran Daraba Kaba : Nous avons commencé à travailler dans les trois pays (Guinée, Liberia et Sierra Leone) avec des organisations féminines nationales formées d’avocates, de journalistes, de femmes d’affaires, de femmes ministres et parlementaires. Notre point de départ a été de composer des groupes féminins assez forts capables de se lever et dire : « Nous devons être entendues ». Elles ont organisé des manifestations, des campements devant le Parlement, se sont exprimées dans les médias. Certaines se sont adressé à des groupes de rebelles : « Pourquoi utilisezvous les fusils contre nous ? ». Le défi qu’elles 12 Un réseau de femmes influentes La Guinée, le Liberia et la Sierra Leone sont agités depuis des années par des conflits armés. Mais un réseau de femmes entend bien promouvoir la paix et revendique sa place aux tables des négociations. Leur point de départ : « rassembler des femmes fortes capables de se lever et dire : nous devons être entendues ». Rassemblement de femmes influentes pour la paix. ont alors lancé aux rebelles et aux gouvernements est celui d’un droit de réponse. A & A : Qui sont ces « femmes leaders » ? H.S.D.K. : Comme on dit chez nous, « si celui qui doit dire la parole la dit, la parole sera écoutée ». Il y a des femmes fortes dans chaque pays et le premier pas, c’est de les rassembler et leur apprendre les techniques de résolution de conflits. Mais attention, quand je parle de leadership féminin, je ne parle pas que des femmes éduquées. Non ! Notre réseau est aussi composé de personnes illettrées mais qui sont influentes dans leur communauté. Notre expérience nous a prouvé que quand toutes les femmes sont en position de décider, elles sont locomotrices et améliorent les conditions de vie de tous. Notre objectif : asseoir les femmes aux tables des négociations car nous sommes convaincues que sans elles, aucune paix durable n’existera. A & A : Quelles actions menez-vous pour la paix localement ? H. S. D. K. : Un exemple : quand des rebelles ont ravagé des communautés le long La reconnaissance des faiseuses de paix Le Réseau des femmes du fleuve Mano pour la paix a joué un rôle crucial dès le départ. En 2001, face à des flux de milliers de réfugiés du Liberia et de la Sierra Leone vers la Guinée, le Réseau a empêché le déclenchement d’hostilités entre ces trois pays en ramenant leurs dirigeants à la table des négociations. Plus tard, il figure parmi les signataires des accords de paix du Liberia de 2003 qui ont mis fin à des années de guerre civile. Suprême reconnaissance internationale : ces femmes ont aussi reçu en 2003 le Prix des Nations unies pour les droits de l’homme. Entretien avec Hadja Saran Daraba Kaba, présidente sortante du Réseau des femmes du fleuve Mano pour la paix (REFMAP) et ancienne ministre guinéenne aux affaires sociales. Le Prix des Nations unies pour les droits de l’homme renforcera leur influence. des frontières guinéennes en 2000, des centaines de milliers de patriotes se sont levés pour défendre leur pays. Ces jeunes gens ont tout quitté pour rejoindre l’armée. Mais une fois le conflit apaisé, ils se sont retrouvés sans rien, ni profession, ni salaire ou indemnités… A Nzérékoré (Guinée), un groupe de ces ex-volontaires a pris un colonel en otage. Frustrés, en colère, ils voulaient attirer l’attention par la violence. L’antenne locale du REFMAP a immédiatement été appelée. La permanente a pris un porte-voix et, à « Composer des groupes féminins assez forts capables de se lever et dire : nous devons être entendues » Photo : REFMAP force d’arguments en faveur de la nonviolence, a réussi à leur faire entendre raison. Cet événement n’a malheureusement pas été isolé. Notre réseau a fait remonter une série de prises d’otages du même genre à de potentiels bailleurs pour les sensibiliser sur le sort de ces ex-volontaires laissés à l’abandon. Grâce à ce plaidoyer, nous avons obtenu de plusieurs agences onusiennes 1 les financements pour un projet de réinsertion de 6000 ex-volontaires. ■ 1 Le projet de réinsertion des ex-volontaires de l’armée guinéenne a été financé par le Programme des Nations unies pour le développement, le Programme alimentaire mondial et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. Local du REFMAP. Photo : REFMAP
Photo : A & A Asie du Sud-Est Photo : A & A Asie du Sud-Est » > Dossier : la mobilisation pour l’éducation Aide et Action : L’association participe au projet Pour une éducation structurée au Laos (PESL) : en quoi consiste-t-il ? Auray Aun : PESL est un projet que le ministère des Affaires étrangères (MAE) français a initié conjointement avec le gouvernement laotien. L’objectif général consiste à fournir un appui à l’administration du système éducatif laotien pour une éducation de qualité. Enfants des rues au Laos. Partenariat gouvernement et ONG : influencer grâce à l’expertise Pour persuader les gouvernements d’agir en faveur de l’éducation, Aide et Action s’appuie sur l’expertise acquise au fil de ses interventions. Un exemple de partenariat : le projet Pour une éducation structurée au Laos. A & A : Comment et pourquoi Aide et Action a-t-elle été choisie ? A. A. : Les porteurs du projet (le MAE et le gouvernement laotien) cherchaient une organisation internationale experte dans les problématiques éducatives et présente au Laos. C’est sur la composante « Appui au management local des écoles primaires » que nous avons été contactés. Nous avons été très surpris par leurs énormes besoins. Il était très clair qu’à notre échelle nous ne pouvions répondre à toutes leurs attentes : nous avons préféré faire des petits pas pour commencer, en privilégiant l’efficacité. Lors de la réunion avec les responsables du ministère de l’Éducation laotien, nous avons Questions à Auray Aun, coordinateur des programmes Cambodge et Laos. présenté quelques réalisations comme les bibliothèques scolaires au Cambodge, l’enseignement préscolaire au Vietnam, le concept de « projet d’école » mis en place en Guinée et plus globalement notre démarche autour de la mobilisation communautaire. Toutes ces expériences concrètes et leurs impacts les ont beaucoup intéressés. A & A : Où en est-on actuellement ? A. A. : Nous avons réalisé une étude sur le contexte éducatif laotien puis engagé des missions exploratoires afin d’identifier les expériences déjà existantes de management d’écoles. Nous avons déjà commencé la formation de directeurs en impliquant les équipes pédagogiques concernées. Un échange régional d’expériences Laos/Cambodge/Vietnam/Myanmar sur la qualité de l’éducation a permis d’ouvrir des perspectives et d’échanger au-delà des seules réalités nationales. Récemment, nous avons sélectionné les écoles que nous allons appuyer et évaluer afin de pouvoir mesurer le chemin parcouru ensemble. A & A : En quoi ce partenariat relève-t-il de l’influence ? A. A. : Il n’a pas été pensé en terme d’influence, d’ailleurs ce sont les acteurs du projet (MAE et ministère laotien) qui sont venus vers nous. Mais cela nous offre une porte d’entrée pour influencer positivement le gouvernement afin d’agir ensemble pour l’éducation. Grâce aux différentes « Influencer positivement le gouvernement afin d’agir ensemble pour l’éducation » activités menées, nous pouvons leur prouver que nos actions sur le système éducatif servent le développement. Travailler avec les autorités éducatives est un axe fort de nos démarches, à nous de le rendre durable et efficace en faisant partager, au-delà de notre expertise terrain, nos valeurs et notre vision. ■ Le manque de structuration du système éducatif laotien est un handicap pour la qualité de l’éducation. 13 Photo : A & A Asie du Sud-Est



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