Aide et Action n°98 mar/avr/mai 2006
Aide et Action n°98 mar/avr/mai 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°98 de mar/avr/mai 2006

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Aide et Action France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : la mobilisation pour l'éducation.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Photo : A & A France Photo : A & A Asie du Sud-Est » > Dossier : la mobilisation pour l’éducation Aide et Action : Les organisations non gouvernementales (ONG) défendent des causes qu’elles relaient auprès des gouvernements. Parle-t-on d’influence ? Hélène Rama Niang : Depuis une dizaine d’années, les ONG sont devenues « partenaires » des États. Auparavant, les institutions publiques étaient réticentes à engager le dialogue : les organisations n’étaient souvent perçues que comme « expérimentateurs » de projets à petite échelle. Aujourd’hui, les gouvernements les consultent car elles sont considérées comme de véritables expertes dans leur domaine. Une opportunité inégalée, pour nous ONG, de conscientiser les « décideurs » sur les causes que nous défendons et que nous voulons faire 10 Convaincre les décideurs que l’éducation change le monde L’expertise acquise par les ONG a favorisé leur partenariat avec les gouvernements. Une position plus efficace en terme d’influence que la contestation. Surtout en matière éducative. Hélène Rama Niang nous explique pourquoi Aide et Action en a toujours été convaincue. Hélène Rama Niang est responsable Stratégie et Développement à la direction Afrique d’Aide et Action et pilote du chantier « Politique d’influence ». avancer ! C’est ce principe qui fonde la démarche d’influence. A & A : Aide et Action se positionnet-elle comme « partenaire » auprès des gouvernements ? H. R. N. : C’est tout à fait notre objectif. Nous n’avons pas la prétention de tout régler, ni seuls, ni avec les autres associations. Notre rôle est d’accompagner dans un sens contributif ou alternatif, novateur ou classique, l’action du gouvernement, dans les limites de nos valeurs et principes. La discussion est facilitée quand nous adoptons cette démarche. Les gouvernements nous écoutent, ils savent que nous ne voulons rien imposer. Notre message est clair : « Vous êtes souverains dans vos décisions, vous construisez les politiques éducatives et nous venons avec notre expérience, notre expertise… car nous sommes réellement convaincus que l’éducation change le monde ! ». A & A : Pouvez-vous nous raconter les résultats d’une action d’influence que vous avez menée ? H. R. N. : Il y a quelques années au Togo, Aide et Action a contribué à faire reconnaître officiellement ce qui était alors appelé les « écoles clandestines ». Beaucoup d’enfants des zones rurales étaient déscolarisés car ils ne disposaient d’aucune école proche de chez eux. Les communautés, avec l’appui de l’association, ont décidé de créer, gérer et financer leur Sébastien Marot (à gauche), coordinateur de l’ONG partenaire Friends international, signe un protocole d’accord avec le gouvernement laotien pour un projet en faveur des enfants des rues.
Photo : A & A Tanzanie » > Dossier : la mobilisation pour l’éducation Journée internationale de l’enfant africain en Tanzanie. Sur l’affiche : « Les enfants ont le droit d’être protégés ». école, sans attendre les autorités publiques. L’expérience s’est reproduite et ces structures non reconnues ont alors émergé un peu partout. L’association s’est lancée dans un plaidoyer auprès du gouvernement togolais pour la reconnaissance et le soutien de ces écoles. Pari tenu puisque l’État les a officiellement baptisées Écoles d’initiatives locales (EDIL) et les a intégrées dans le système national d’éducation (affectation d’un enseignant/directeur, distribution de manuels scolaires, aide pédagogique avec la venue d’inspecteurs de l’Éducation nationale et certification du diplôme). Cet exemple est une concrétisation de notre démarche d’influence. Nous avons interpellé le gouvernement sur la base d’une proposition, d’une alternative communautaire qui fonctionnait malgré les difficultés. Nous n’étions pas dans une démarche de contestation mais avions l’objectif d’obtenir leur participation pour améliorer la qualité de l’Éducation pour tous et son accès. A & A : Depuis quand l’association mène-t-elle des actions d’influence ? H. R. N. : Si l’on reprend l’histoire de l’association, nous faisons de l’influence depuis le début. Car notre démarche a toujours inclus la participation des gouvernements et nous avons toujours réfléchi à la manière de faire comprendre aux décideurs que l’éducation est le levier du développement. Mais ce n’est qu’en 2004, avec les États Généraux, que l’association a décidé de développer le thème de la culture politique et de professionnaliser les thématiques liées à l’influence. Un chantier, ou espace de réflexion, est ouvert aujourd’hui dans lequel nous nous approprions peu à peu cette culture politique, à travers un discours homogène, consensuel, un discours dans lequel tout le monde se retrouve, tant il est vrai que notre association est un ensemble de « Vous construisez les politiques éducatives et nous venons avec notre expérience, notre expertise » personnes très différentes, sur le plan culturel comme sur le plan des statuts de chacun. A & A : Quel rôle peuvent jouer les parrains et marraines dans cette démarche ? H. R. N. : Les parrains sont des acteurs fondamentaux. Ils sont les ambassadeurs de l’association et peuvent accéder à des lieux de parole que nous ne pourrons jamais investir. Il faut donc absolument partager avec eux ces démarches pour qu’ils deviennent encore meilleurs dans leur rôle d’ambassadeurs. Mais s’ils n’adhèrent pas, si on ne fait pas bien notre travail d’explication, c’est là qu’il y aura problème ! Ils doivent comprendre et soutenir notre besoin de convaincre que l’éducation change le monde : sans eux, on s’écroule… Ils constituent une grande partie de la richesse de l’association. ■ Traité d’Ottawa : le résultat d’une campagne réussie La convention d’Ottawa, ratifiée en 1997 par 122 États, interdit l’utilisation des mines antipersonnel. Elle a connu un succès incontestable : l’adhésion massive d’une large part de la communauté internationale à un tel traité était une première dans l’histoire du droit international. Comment expliquer cette réussite ? La Campagne internationale contre les mines terrestres, menée par une large coalition d’ONG à l’échelle mondiale, relayée en France notamment par Handicap international, a su influencer efficacement les gouvernements. Sans minorer le soutien actif de plusieurs États (le Canada a joué un rôle crucial), de diplomates ou encore de militaires, les ONG ont su prouver qu’elles avaient un rôle à jouer aux côtés des acteurs étatiques dans la sphère de décision internationale. Les États leur ont d’ailleurs accordé une place centrale dans la négociation et la rédaction du texte. Pour preuve de cette reconnaissance, la coalition s’est vu décerner le Prix Nobel de la paix en 1997 ! Mais le combat n’est pas terminé et les obstacles restent nombreux. Plusieurs pays n’ont toujours pas ratifié cette convention, dont trois membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU : les États-Unis, la Chine et la Russie. La visibilité, une forme d’influence. 11 Photo : A. Bordallo



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