Aide et Action n°97 déc 05/jan-fév 2006
Aide et Action n°97 déc 05/jan-fév 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°97 de déc 05/jan-fév 2006

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Aide et Action France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,1 Mo

  • Dans ce numéro : l'éducation et les crises.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Engagement citoyen Nous avons rencontré Serge-Pascal Houndjahoue, bénévole béninois et Nadine Frouin, bénévole française depuis de nombreuses années et récemment membre du conseil d’administration, qui a fait le déplacement pour l’occasion. Entretien à deux voix… A&A : Quels étaient les objectifs de ce forum ? Serge-Pascal Houndjahoue : Il s’agissait de formaliser le réseau, d’élaborer une charte des bénévoles et un règlement intérieur et enfin de mettre en place un plan d’action pour 2006. Nadine Frouin : Et n’oublions pas de souligner que c’est la première fois que les bénévoles béninois se retrouvent ! S.-P. H. : Oui, c’est vrai… Jusqu’à présent, chaque ville menait des actions isolées, sans réelle coordination. Il y a quatre villes dans lesquelles un réseau de bénévoles existait : Parakou, Cotonou, Ouidah et Zê. A&A : Quelles sont vos impressions sur ces deux jours de travail ? S.-P. H. : Les deux journées ont été particulièrement fructueuses. Cela nous [bénévoles] a permis de nous voir, de nous connaître. C’est de la discussion que surgit la vérité ! N. F. : Les objectifs de rédaction de la charte et du règlement intérieur ont été largement remplis. D’autre part, la structure ne comporte pas de protocole. S.-P. H. : Oui, chaque bénévole est impliqué dans les actions que tous ont décidé de mener, mais il n’y a pas de bureau, de président, de secrétaire, etc. Il faut que ça reste léger. N.F. : Les responsabilités sont totalement partagées. Les travaux de groupe ont permis de créer une dynamique, d’échanger sur les pratiques de chacun. Et ils ont permis de dégager une vraie convergence de points de vue sur les actions à mener dans le cadre de l’Éducation pour tous ou dans celui de la chaîne de solidarité (voir magazines n°95 et 96). 4 Le mouvement pour l’éducation La cause de l’éducation rassemble de plus en plus de bénévoles dans le monde entier. Toutes ces énergies individuelles se concentrent et le phénomène de mobilisation collective fait son chemin. C’est à ce titre que le premier forum des bénévoles béninois s’est tenu les 13 et 14 octobre 2005 à Cotonou (Bénin). L’engagement trouve un sens nouveau dès lors qu’il est partagé. Photo:A&ABénin Les objectifs du premier forum béninois : élaborer une charte, un règlement intérieur et un plan d’action pour l’année 2006. S.-P. H. : Il y avait quatre groupes de travail dans lesquels toutes les régions du pays étaient bien sûr représentées. Toutes les voix ont été entendues : le processus était réellement démocratique. On peut noter également la volonté de formation de tous les bénévoles : ils veulent être mieux formés pour mieux informer. A&A : Quelles sont vos motivations respectives pour faire du bénévolat ? N. F. : Pour moi, il s’agit de faire partager et connaître aux Français des réalités qu’ils ne connaissent peut-être pas. Qu’ils puissent sortir de leur environnement, pour découvrir par exemple la réalité du métier d’instituteur en Afrique, les différences entre le métier vécu ici et celui vécu en France. S.-P. H. : Je suis béninois, d’Afrique subsaharienne : c’est un endroit du monde où de nombreux pays sont très pauvres. La solidarité, la générosité sont des valeurs capitales sur lesquelles nous devons fonder notre société. Je me suis demandé : « Que puis-je faire en tant que citoyen ? ». Il y a un proverbe fon 1 qui dit : « On ne bénéficie pas systématiquement de tout ce qu’on a fait ». À certains moments, on doit faire des choses qui n’attendent rien en retour. A & A : Pourquoi avoir choisi Aide et Action pour faire du bénévolat ? S.-P. H. : L’éducation, c’est la porte qui nous fera sortir du sous-développement. On dit souvent que l’enfant est le père de l’homme : en éduquant les enfants, on est sûrs d’hériter d’une société meilleure. Et pour faire avancer les choses, on ne doit pas attendre qu’on nous paie ! N. F. : Ma grand-mère n’est jamais allée à l’école. Mon père a dû la quitter à l’âge de 14 ans. Quant à moi, j’ai eu la chance de bénéficier du système scolaire, en France, et j’aimerais par mon action faire en sorte que tout le monde puisse avoir accès à l’éducation. C’est l’objectif commun que
Photo : A & A Bénin Photo : A & A Bénin Nadine Frouin, bénévole depuis de nombreuses années et membre du conseil d’administration n’a pas hésité à se déplacer. nous avons entre tous les bénévoles, en France comme au Bénin : une meilleure répartition des chances, par le biais de l’Éducation pour tous. A&A : Serge-Pascal, que pensez-vous de la venue de Nadine à ce premier forum ? S.-P. H. : « C’est au bout de l’ancienne corde qu’on tisse la nouvelle ». Nadine nous a dit pendant ce forum : « Vous devez construire le bénévolat béninois dans votre contexte, compte tenu des réalités sociologiques du pays ». Elle est venue nous donner des exemples de réalisations en France. Avec ces exemples et notre contexte, nous avons construit notre bénévolat. Nadine est européenne, nous sommes africains. Quand elle quitte la France pour venir parler du bénévolat au Bénin, c’est qu’elle y croit. Pour nous, c’est très positif, cela crée une motivation de plus. Peutêtre que demain je partirai dans un coin reculé de l’Afrique pour parler à mon tour Les bénévoles Béninois sont une majorité d’étudiants du bénévolat, de mon expérience et la chaîne continuera. N. F. : J’ajouterais que le contexte est évidemment très différent entre la France et le Bénin… Quand on regarde la moyenne d’âge des bénévoles béninois, c’est surprenant pour moi, c’est une majorité d’étudiants. Leur implication consiste essentiellement à donner du temps et à partager leurs jeunes compétences. Il n’est pas question pour eux de s’investir financièrement… Ce sont des données à prendre en compte lors de l’élaboration du plan d’action. A & A : Justement, quelles sont les actions prévues au Bénin pour 2006 ? N. F. : Ils sont arrivés à un consensus sur plusieurs points : faire du soutien scolaire pendant les vacances, préparer la rentrée scolaire, faire la promotion de la chaîne de solidarité et animer des journées de sensibilisation autour du VIH/Sida. 1 Langue parlée au sud du Bénin. « Bénévole pour l’éducation » : un engagement de plus en plus partagé Comme au Bénin (voir interview cicontre) et ailleurs, ils sont chaque jour plus nombreux, de tous âges et de tous horizons, à s’engager activement pour la cause de l’éducation. Le chemin parcouru par Aide et Action ces vingt-cinq dernières années ne serait rien sans ces milliers de citoyens qui, animés par la conviction que l’éducation peut changer le monde, agissent, sensibilisent, mobilisent et plaident pour que cette conviction soit partagée par tous. À l’échelle de sa commune, de son pays et à l’échelle mondiale, c’est un foisonnement de mouvements citoyens qui se développent pour faire de l’éducation un engagement mondial. Toutes les régions du monde sont concernées, de l’Afrique à l’Asie, en passant par l’Europe ou, encore, les Caraïbes. C’est bien la preuve d’une conviction qui avance à grands pas et qui fait « bouger les gens » : celle que l’on peut agir, chacun à son niveau et en fonction de ses moyens, pour un monde de solidarité, grâce à l’éducation, levier du développement humain. Mais le chemin sera long pour parvenir à cette « utopie réaliste ». Une chose est sûre : si chacun s’accorde sur le fait que l’éducation est un enjeu de société et que la société doit en faire une priorité d’action, c’est que nous sommes sur la bonne voie. Pierre Soëtard, directeur de l’action bénévole France 5



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