Aide et Action n°97 déc 05/jan-fév 2006
Aide et Action n°97 déc 05/jan-fév 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°97 de déc 05/jan-fév 2006

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Aide et Action France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,1 Mo

  • Dans ce numéro : l'éducation et les crises.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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 » > Dossier SITUATIONS D’URGENCE Photo:A&AGuinée Sur le plan scolaire, les initiatives comme les « gouvernements scolaires » sont initiés dans beaucoup de pays. C’est une véritable école de la démocratie. Le principe est simple : les élèves élisent des ministres responsables de l’hygiène, du sport, de l’eau, etc. Une fois élus, les jeunes ministres devront respectivement organiser les matchs de football à la récréation, vérifier la propreté de l’école et l’hygiène des élèves, faire en sorte que chacun dispose d’assez d’eau, etc. Les enfants prennent leurs responsabilités à bras-le-corps et ils adorent ça ! Cette initiative pédagogique remporte un grand succès et les résultats sont probants. Il est certain qu’un enfant qui a appris à discuter avec ses camarades, à prendre les décisions de manière collégiale aura de plus fortes chances d’être un citoyen qui défendra ses droits que celui qui a appris à tout accepter sans poser la moindre question. Mais il ne faut pas non plus oublier tout le travail qui doit être fait en amont à l’échelle nationale. L’élaboration des Réunion de jeunes « ministres ». 28 L’éducation à la paix doit commencer dès le plus jeune âge. politiques éducatives doit intégrer la thématique des droits humains dans la perspective de prévention des conflits/paix. A&A : Peut-on évaluer l’impact de l’éducation sur la prévention de conflits ? A. G. : On peut comparer deux écoles similaires dont une met en place ces gouvernements scolaires et l’autre non. On peut également suivre les élèves pendant une longue période après qu’ils ont quitté l’école pour voir comment ils Organisation à Kinshasa d’un colloque international du 6 au 10 mars 2006 sur le thème « Éducation, violences et conflits en Afrique ». Chercheurs, planificateurs de l’éducation, gestionnaires des systèmes éducatifs et acteurs du système (enseignants, parents, élèves) saisiront cette occasion pour réfléchir sur ce thème fondamental. Le colloque va permettre aux participants d’échanger et de comparer leurs connaissances mais aussi de réfléchir aux actions et programmes éducatifs à mener en rapport avec cette problématique. Dans un continent marqué par les guerres et les violences à répétition, il est particulièrement pertinent de se pencher sur les solutions que l’éducation apporte contre la violence, les conflits et ce qu’elle offre comme perspectives de paix. Ces crises longues et récurrentes hypothèquent gravement la sauvegarde d’une paix solide, condition sine qua non d’un développement durable. Forte de son engagement depuis plus de vingt ans en Afrique, Aide et Action, spécialiste de l’éducation, a répondu présente à ce rendez-vous. Notre engagement au Rwanda, au Togo, au Sénégal, en Tanzanie, etc. nous a permis d’accumuler une compétence solide sur cette problématique. La capitalisation par nos programmes africains de leurs expériences respectives permettra à Aide et Action de rappeler que l’éducation est l’une des clés les plus efficaces pour assurer la paix en Afrique comme dans le reste du monde. Crises politiques et citoyenneté se comporteront dans la vie courante. Auront-ils le « leadership » que l’on attend d’eux ? Contribueront-ils au maintien et à la sauvegarde de la paix dans leur environnement ? Quoi qu’il en soit, l’impact de l’éducation sur les comportements pacifistes des individus ne se mesurera qu’au bout d’un temps suffisamment long. ■ 1 Rapport annuel de l’ONG Acord, 2005. 2 En Zambie, au Botswana et au Malawi, l’espérance de vie aurait diminué de dix ans et en Tanzanie de huit ans, suite au taux de séroprévalence. Photo : A. Bordallo
Photo : Communication sans frontières 05-2005. ÉCHO DES MÉDIAS Médias : « tsunamisation de l’information » À la une, dossiers, reportages… pas un média n’a délaissé les images dutsunami qui frappait les côtes d’Asie du Sud en décembre 2004. Pour quelles raisons ? Répondre à un besoin d’information ou à une course à l’audience ? L’humanitaire fait-il vendre ? À quel prix ? Bruno David, présidentfondateur de Communication sans frontières Aide et Action : Bruno David, vous êtes président de l’association Communication sans frontières, quel est l’objet de cette association ? Bruno David : CSF regroupe des « communicants » bénévoles qui veulent promouvoir les pratiques éthiques et déontologiques dans les métiers de la communication. Cette ambition se concentre au profit de causes humanitaires et du développement. Nous contribuons à rendre plus efficace et plus claire la communication autour des causes citoyennes en veillant au respect de critères comme la dignité humaine ou la représentation des victimes. A&A : Il y a un an, la communication sur le tsunami a fait l’objet d’un traitement sans précédent dans les médias. Quel est votre regard sur ce phénomène ? B. D. : Personne n’a pu échapper à la « tsunamisation » de l’information. Mais, s’il y a eu flambée médiatique, elle n’est pas restée contingentée aux premiers mois de la catastrophe. Six mois plus tard, les médias ont tenté de contrebalancer l’excès de mobilisation qu’ils avaient provoqué par de nombreux reportages « réprobateurs » et notamment sur l’attitude des ONG face aux sommes astronomiques qu’elles ont perçues. Un peu comme si elles se devaient de rembourser moralement les « Les vagues sont parties, mais la misère commence » (« The Hindu », janvier 2005). médias. Pourtant, on ne peut pas dire que ce sont elles qui ont « sursollicité » les donateurs. On a même vu des médias faire directement des appels aux dons. De plus, si l’on s’interroge sur la qualité de l’information et ce qu’elle a produit dans le registre « émotion/compassion », on ne peut pas dire qu’elle ait traité, audelà des mots et des images chocs, les problématiques de fond de la région et en particulier celles des conditions des populations avant et après le tsunami. A&A : L’utilisation d’images issues d’internet, la fréquentation de sites dédiés autsunami illustre un phénomène de plus en plus manifeste. Quelle est votre analyse de ce nouveau rapport entre médias et internet ? B. D. : L’entrée en masse des témoignages et images des victimes grâce aux nouveaux moyens de communication, sans Retrouvez des revues de presse internationale sur notre Centre de recherche documentaire (Accès par www.aide-et-action.org ou par http://doc-aea.datapps.com) Informez-vous sur le monde via la presse pays de nos régions d’intervention (Afrique, Asie et Caraïbes) depuis le Centre de recherche documentaire (CDRD). Vous y trouverez les journaux en ligne des pays, des articles d’actualités internationales et des revues de presse. À visiter de toute urgence ! aucun garde-fou légal et éthique, soulève de véritables problèmes. On n’avait jamais vu les victimes ellesmêmes ou leurs proches communiquer instantanément les photos du drame qu’ils sont en train de vivre. Cela modifie totalement l’intensité de l’information. Quel recul pouvons-nous prendre face à ce phénomène ? Bien d’autres questions se posent par ailleurs. Le respect de la dignité des victimes et la sauvegarde de l’intégrité et de l’intimité des familles dans le drame en font partie. Il existe aussi une compétition dans la rapidité d’accès à l’information. Internet est de loin le moyen le plus rapide et de ce fait peutêtre le plus dangereux. Les « blogs » sont devenus des sources courantes d’informations pour les journalistes peu scrupuleux. A & A : Comment empêcher ces dérives ? B. D. : Par l’éthique et la déontologie des « professionnels ». Les journalistes sérieux doivent désormais faire preuve de la plus grande vigilance et recouper en permanence leurs sources. Bien sûr, cela leur fait perdre du temps et les place en contradiction avec la boulimie instantanée d’informations à laquelle nous sommes en train de nous habituer. Mais la qualité de l’information est à ce prix. Chaque « lecteur citoyen » doit en être conscient. ■ 29



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