Aide et Action n°97 déc 05/jan-fév 2006
Aide et Action n°97 déc 05/jan-fév 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°97 de déc 05/jan-fév 2006

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Aide et Action France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,1 Mo

  • Dans ce numéro : l'éducation et les crises.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 24 - 25  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
24 25
 » > Dossier SITUATIONS D’URGENCE Au Burkina Faso et au Niger, la collaboration entre Aide et Action et ActionAid a permis la création d’un plan d’urgence sur neuf mois pour la construction ou la réhabilitation de plus de 15 banques céréalières, l’aménagement de périmètres de production de contre-saison (choux par exemple) ou la promotion d’organisations paysannes comme cadre d’actions à long terme. Ce plan d’urgence comprend aussi un volet « sensibilisation ». Sensibiliser par la radio communautaire Pour la sensibilisation, rien ne vaut la radio communautaire. À Loga, non loin de Niamey, une radio est financée à l’origine par le FNUAP. C’est un décrochage local (100 kilomètres de rayon) de la radio nationale, elle est donc très écoutée. Sa grille comporte de nombreuses émissions de sensibilisation sur la santé, des émissions culturelles dans lesquelles des experts (en histoire, en géographie, en médecine, etc.) sont invités. Ramatou Kane, responsable de communication Niger d’Aide et Action, en visite sur les lieux, leur propose un partenariat à long terme. Elle veut que la radio informe des nouvelles actions en cours, notamment celles concernant la mise en place de banques de céréales. La récolte a déjà commencé et il est grand temps de sensibiliser les paysans 24 La radio communautaire : faible moyen, mais impact maximal. à la gestion des stocks. La radio a déjà des partenariats avec d’autres ONG, concernant l’irrigation ou les droits de l’homme, notamment les droits des enfants : Ramatou est bien reçue. Hamani Saley, le directeur, précise : « C’est un moyen extraordinaire de communication, dans le contexte africain. Nous avons souvent des gens qui viennent ici passer une annonce parce qu’un parent est malade [au centre de santé] La distribution de nourriture est l’occasion de donner des conseils (santé, nutrition…) à ces mères. Crises alimentaires ou décédé. Ils savent qu’ils vont être écoutés. Nous en avons souvent fait l’expérience : pour une même manifestation, si on l’annonce par la radio, beaucoup plus de gens viennent au rendezvous. Il faut dire que le bouche-à-oreille fonctionne aussi très bien dans ce cas ». Ici, pas de télé, pas de journaux… la radio est le seul média. Pour atténuer la crise alimentaire, c’est l’outil idéal pour diffuser des informations. ■ Photo : A. Bordallo Photo : A. Bordallo
 » > Dossier SITUATIONS D’URGENCE a position géographique d’Haïti l’expose naturellement à des risques de catastrophes telles que : tremblements de terre, cyclones, tempêtes tropicales, etc. Mais on ne doit pas pour autant être fataliste sur la possibilité de limiter le bilan des dégâts. « La population haïtienne doit être sensibilisée aux règles environnementales de base, développer les bons réflexes de protection et se questionner sur les causes et les conséquences de pratiques anarchiques : Quelles sont les conséquences d’un déboisement inconsidéré ? Pourquoi ne faut-il pas construire sa maison au bord du lit d’une rivière ? Que faire en cas de séisme ? Où se réfugier lors d’un cyclone ?, etc. L’éducation a un rôle important à jouer dans la gestion des risques ; elle est au cœur des questions de prévention », affirme Lucette Willerval, responsable de la zone Caraïbes d’Aide et Action. Catastrophe naturelle Haïti : le cyclone Jeanne, 1 an après Il y a un an, le terrible cyclone Jeanne frappait Haïti dans le département de l’Artibonite. Le pays est régulièrement ravagé par des catastrophes naturelles, bien souvent meurtrières. L’éducation a-t-elle un rôle à jouer pour atténuer les conséquences de tels cataclysmes ? L Des pratiques dangereuses pour l’environnement En Haïti, les comportements des populations, liés à la fois à leur grande pauvreté et au manque d’éducation, encouragent des pratiques dangereuses pour l’environnement et la sécurité des vies et des biens. Destruction des aires boisées, extension des terrains agricoles sans tenir compte de la « vocation naturelle des terres », surexploitation des champs par des systèmes désuets (culture sur brûlis), exploitation anarchique des carrières, développement désordonné des villes, etc. aggravent considérablement le bilan des pertes humaines, animales et dommages matériels. Par ce constat, Aide et Action, dans le cadre du programme post-urgence, a organisé, en mai dernier, une campagne de formation et de sensibilisation à la prévention des risques des cataclysmes, dans trois communes de l’Artibonite. Parmi les activités proposées, les participants ont pu établir une carte des zones à risques de leur commune et identifier les bâtiments pouvant servir de refuge en cas de catastrophe. La sensibilisation de chacun permettra de mettre un terme aux pratiques environnementales dangereuses. Les médias ont aussi servi le projet puisqu’ils ont diffusé une émission et des spots publicitaires destinés à éduquer les populations des communes touchées et environnantes. Les Haïtiens sensibilisés et impliqués Mais ce programme de sensibilisation doit aussi être relayé et pris en charge par les habitants eux-mêmes. L’association s’est donc engagée à appuyer les initiatives des comités d’écoles et poursuit son travail d’éducation communautaire dans cinq autres villes. L’objectif est de développer la sensibilisation dans les écoles, en partenariat avec les ministères de l’Environnement, de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, de l’Intérieur et des Collectivités territoriales. En dépit des améliorations apportées, il reste encore beaucoup à faire. Les communautés doivent prendre conscience de l’enjeu lié à la protection de leur environnement. L’éducation peut y contribuer. Au quotidien, elles doivent apprendre à anticiper les risques face aux catastrophes naturelles. Cet enjeu est de taille et outre le travail des ONG et des communautés, l’appui de l’État est indispensable. Le fruit de plusieurs années de travail pourra ainsi être protégé et des milliers de vies épargnées. ■ Haïti : le point sur les activités de reconstruction post-Jeanne dans le département de l’Artibonite• Réouverture d’écoles et relance d’activités scolaires dans huit communes• Réhabilitation de six écoles et reconstruction de deux écoles (toiture, salles de classe, élévation des murs, clôture et infrastructures sanitaires)• Rééquipement en mobilier scolaire (tables, bancs, bureaux, tableaux et chaises)• Fourniture de 850 kits scolaires• Frais de scolarité pris en charge• Soins et suivis médicaux• Drainage des canaux• Accompagnement des comités d’écoles et inter-écoles• Formation à la prévention des risques des désastres naturels vers les associations, autorités et acteurs locaux. » Aujourd’hui, plus de 3 300 enfants ont enfin repris le chemin de l’école. 25 Photo : A & A Haïti



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :