Aide et Action n°97 déc 05/jan-fév 2006
Aide et Action n°97 déc 05/jan-fév 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°97 de déc 05/jan-fév 2006

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Aide et Action France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,1 Mo

  • Dans ce numéro : l'éducation et les crises.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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 » > Dossier SITUATIONS D’URGENCE financiers de l’éducation. Les familles sont généralement saisies d’une baisse de revenus et n’ont plus les moyens d’envoyer leurs enfants à l’école. À Madagascar, en septembre 2002, lors de la crise politique, les écoles pourtant restées ouvertes, peinaient à recevoir des élèves. La paralysie politique et économique du pays ne permettait plus aux familles de payer les frais de scolarité. Les situations d’urgence sont synonymes de grande insécurité. Dans ce contexte, les familles préfèrent garder les enfants et plus particulièrement les filles à la maison. Les crises affectent profondément et durablement les systèmes éducatifs souvent déstabilisés et désorganisés. Les régions ou pays touchés doivent être soutenus pendant et après la crise pour que l’éducation reprenne ses droits. L’éducation, c’est reconstruire L’éducation d’urgence est une « passerelle » fondamentale vers la reconstruction. Pour des enfants ou des adolescents traumatisés, fatigués, déplacés… l’éducation d’urgence aide à donner un sentiment de normalité, de dignité et d’espoir en l’avenir. Il faut vite leur permettre de recevoir une éducation pour qu’ils 10 Réaffirmer notre engagement pour une éducation de qualité pour tous Lors de ses États Généraux de 2004, Aide et Action a décidé d’intervenir en situation d’urgence et de renforcer ainsi son travail pour la défense du droit à l’Éducation pour tous. Pour l’association, l’urgence est une étape essentielle de la construction – ou reconstruction – des projets locaux de développement. Parmi les actions d’éducation d’urgence menées en 2005:• au Bénin, formation des animateurs éducatifs des camps de réfugiés togolais (voir magazine de septembre 2005) ; • en Inde et au Sri Lanka : actions éducatives pour les enfants et jeunes des zones touchées par le tsunami (voir en pages 15-19 et magazine mars 2005) ; • au Niger : formation de tuteurs dans 5 régions particulièrement concernées par la crise alimentaire. Ces actions visent à permettre aux enfants et aux jeunes, victimes des crises ou de catastrophes naturelles, de ne pas cesser leurs activités éducatives. Elles s’inscrivent dans la continuité des actions menées sur les terrains depuis plusieurs années. Les femmes et les enfants sont toujours les premières victimes des crises. n’abandonnent pas leur scolarité, qu’ils puissent se bâtir un avenir et participer à la reconstruction de leur environnement économique et social. L’école, le centre de formation ou la tente est un point sûr de rassemblement. Un lieu de jeux, d’échanges, de discussions, d’écoute, de soutien psychologique… et qui, souvent, permet l’apport de soins et de nourriture. Beverly Roberts, coordinatrice du réseau Inter-Agences d’éducation d’urgence (INEE 2) souligne le besoin d’éducation Espérance Espérance a fui la République démocratique du Congo et le régime de Mobutu. Dans l’aéroport où elle travaillait, une bombe a explosé en mai 2000. Les autorités ont tout de suite soupçonné l’ensemble des travailleurs du lieu et Espérance a choisi la fuite devant la répression. Ce fut le Bénin et le camp de réfugiés de Kpomassé en raison de sa facilité d’accès. Un jour, une manifestation culturelle a lieu au collège du village de Kpomassé. Les enfants réfugiés y participent et obtiennent de nombreux prix à des jeux-concours. Consciente du potentiel des enfants, Espérance décide de prendre les choses en main. Sous Impact des crises sur l’éducation en situation d’urgence : « Il faut immédiatement reconstruire l’éducation. On ne peut pas attendre que les trains « L’éducation d’urgence est une ‘passerelle’fondamentale vers la reconstruction » roulent à nouveau ! Il faut sauver les esprits, tout comme les corps (…) » ■ 1 Chiffres et statistiques Unesco. 2 L’INEE comprend plus de 500 Organisations non gouvernementales, des institutions éducatives, des chercheurs et d’autres agences bilatérales et multilatérales. « Avant, je ne connaissais pas la valeur de mon prénom. Aujourd’hui j’ai compris. Il y a beaucoup de gens qui ont besoin d’espérance… » sa responsabilité, elle en réunit certains et organise des activités : mise en place d’animations, jardinage, cours de couture, de maraîchage, spectacles… tout est bon. Elle confie : « Les parents ici ont des soucis. Et malgré eux ils les transmettent aux enfants ; l’angoisse est contagieuse. Si on arrive à détourner les enfants de ces problèmes, ils iront mieux. Et puis ça libère les parents pour qu’ils se consacrent à leur avenir ! ». Au début, ça n’a pas été facile car les parents étaient inquiets : et si les enfants voulaient rester au Bénin ? Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui se sont rangés à l’avis d’Espérance et lui confient leurs enfants. 42 d’entre eux participent aux ateliers d’Espérance. Un beau prénom. Photo : A. Bordallo
 » > Dossier SITUATIONS D’URGENCE lus que dans tout autre contexte, en situation d’urgence, les associations ambassadrices et mandataires de leurs donateurs ont la responsabilité de mener des interventions efficaces. Ces organisations, quels que soient leurs moyens, leur domaine d’intervention, leur démarche ou leur conviction, doivent apporter une réponse adaptée aux besoins des victimes. Dans les situations d’urgence, leur premier devoir est l’assistance aux populations pour satisfaire les besoins de Crises : les devoirs du monde associatif Obligation de moyens, de résultats : quels sont les devoirs du monde associatif ? Les périodes de crise imposent de travailler dans des situations d’urgence. Les associations doivent intervenir vite et bien. Entre obligation de moyens et de résultats, quels sont les devoirs du monde associatif ? » Devoir d’efficacité : la garantie de l’éthique et de la qualité P survie. Dans la phase de réhabilitation et, ensuite, de développement, chaque intervention doit respecter les aspirations des populations concernées, susciter leur participation et même aller plus loin en les mettant à l’initiative des projets. Dialogue, proximité, initiative et choix laissés aux populations permettent de faire de leur engagement la garantie de la qualité de l’action. Cette démarche construit une véritable collaboration avec ces hommes, ces femmes et ces enfants privés Les enjeux de la participation et ses effets dans le renforcement des communautés Effets des processus avec participation• En termes formels - Les personnes affectées participent à la conception des programmes de reconstruction. - Les personnes affectées participent à la mise en place des programmes et acquièrent une expérience pour les répliquer dans le futur.• En termes structurels - Il y a un remaniement des relations de pouvoir entre les personnes affectées et les autres acteurs, ce qui augmente les espaces de concertation et les capacités d’autogestion.• Dans la vie quotidienne - Pendant l’urgence, les personnes affectées interviennent dans le contrôle et la distribution des biens. - Les personnes affectées participent et établissent des accords pour la mise en place des programmes de reconstruction. - Les personnes affectées organisent des espaces de participation liés aux revendications concernant l’accès à l’emploi - Les personnes affectées gèrent et entretiennent les biens reconstruits. Effets des processus sans participation• En termes formels - Les personnes affectées sont destinataires de programmes définis par d’autres groupes. - Les personnes affectées n’interviennent pas dans la mise en place des programmes et ne peuvent pas les répliquer par la suite.• En termes structurels - Renforcement des relations de « subordination » et de la gestion centralisée des décisions.• Dans la vie quotidienne - La distribution de l’aide d’urgence est centralisée par des organisations bénévoles et l’État. - Les personnes affectées reçoivent les maisons « finies ». - Les personnes affectées sont destinataires à titre individuel des programmes de création d’emploi. - Les biens collectifs reconstruits se détériorent à moyen terme, faute d’entretien. Liens entre les critères de qualité et la question de la participation. Tableau extrait du guide édité par l’association Coordination Sud : « Synergie qualité : propositions pour des actions humanitaires de qualité » le plus souvent de leurs droits fondamentaux comme des conditions nécessaires à une vie décente (voir tableau ci-contre). Mais ces principes d’action et d’éthique ne conditionnent pas à eux seuls l’efficacité de l’action des associations. Depuis quelques années maintenant, les Organisations de solidarité internationale (OSI) mettent en place des politiques de qualité. Avec des labels (Max Havelaar), des normes ISO 1 (Terre des hommes…) ou d’autres outils « qualité » développés en interne (Médecins du monde, ActionAid…), l’heure est à la recherche de l’efficacité maximale. Aide et Action s’est toujours inscrite dans cette recherche d’efficience. Mais comment vérifier que les moyens mis en œuvre soient les plus pertinents et productifs pour la réalisation des missions ? Comment s’assurer qu’aucun risque ne viendra empêcher la réalisation des objectifs ? S’assurer d’atteindre ses objectifs Pour répondre à ces questions, Aide et Action a décidé de se doter de deux cellules d’audit interne. Leurs missions (voir schéma p.12) est de permettre à l’association de s’engager dans la cause de l’Éducation pour tous le plus efficacement possible. L’audit vise la parfaite maîtrise de chaque activité et le respect des procédures dans tous les domaines : finances, ressources humaines, communication, gestion du parrainage, interventions suite autsunami, etc. Mais fixer des objectifs et ambitionner de les atteindre suppose d’être exposé à des incertitudes, à des menaces. Que faire si l’un de nos lieux d’intervention n’est plus accessible en raison de troubles politiques ? Comment préserver l’indépendance de l’association face à un risque de récupération politique ? Comment éviter que l’un de nos partenaires agisse en contradiction avec les valeurs de l’association ? Comment se protéger face à des risques de fraude et de corruption ? L’ensemble de ces risques 11



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