Aide et Action n°96 sep/oct/nov 2005
Aide et Action n°96 sep/oct/nov 2005
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°96 de sep/oct/nov 2005

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Aide et Action France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : apprendre autrement aux 4 coins du monde.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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« Nous sommes contents, car notre objectif en ouvrant le CET était de toucher les enfants mais aussi les adultes. Plus ils lisent et plus leur ouverture d’esprit s’accroît », explique avec enthousiasme Set. Aok Pheap, 50 ans, est pêcheur dans le village de Chambak. Toute sa vie, il n’a eu de cesse de rappeler à ses cinq enfants l’importance de l’éducation. Il les pousse à aller au CET dès qu’ils ont du temps libre après l’école. Aok a également essayé de partager avec ses voisins tout ce que lui-même avait appris dans les livres du CET, en particulier sur le choix des méthodes ou des engrais pour la culture du riz. Échanger les connaissances acquises par la lecture Confiant, il affirme que l’on peut avoir de bonnes récoltes si l’on suit sérieusement ce qui est écrit dans les livres. Mais il n’est pas si facile de convertir les paysans à des techniques nouvelles dans une société où les traditions ancestrales prévalent depuis tant d’années. Un beau défi que tous les acteurs du CET sont sûrs de relever avec un peu de temps, du dialogue et beaucoup de patience. ■ Danneri Sierra, 13 ans, est fière de suivre le huitième cycle d’éducation primaire. Cette jeune fille est l’un de ces 120 millions d’enfants qui, en Amérique latine, vivent dans des conditions extrêmes de pauvreté, sans école au quotidien et sans véritable logement. Danneri participe activement aux travaux domestiques et veille sur ses frères. Elle va peu à l’école. 12 DANS LES CARAÏBES : APPRENDRE GRÂCE AUX JEUX Les Espaces pour grandir Dans le « batey » Duquesa, bidonville des décharges de République dominicaine, les « Espaces pour grandir » apportent un nouvel espoir éducatif. Le programme accompagne les enfants dans leur scolarité et réintègre ceux qui en sont exclus. Grâce aux jeux, ils apprennent l’importance de la solidarité et de l’environnement. Photo : A & A Rép. dominicaine Ci-dessus : La fréquentation des CET ne cesse d’augmenter : parents et enfants sont conquis par la lecture. Ci-contre : Le Centre d’éducation pour tous du village de Khsim Knong au Cambodge. Plus que la lecture D’autres activités sont menées au sein des Centres d’éducation pour tous telles que le récit de contes, des questions/réponses pour élargir les connaissances générales, des jeux de rôles, la lecture en groupe ou individuelle, le dessin… Dans ces situations, chacun peut apprendre, expérimenter, réfléchir et aussi… rêver. Pour répondre au mieux aux besoins des habitants et les aider à améliorer leur niveau de vie, certains CET proposent aussi des petites formations professionnelles (culture des champignons, utilisation d’engrais biologiques) et des débats autour de problèmes de société (droits de l’homme). Ces initiatives encore isolées s’étendent petit à petit pour faire du Centre d’éducation pour tous un véritable espace d’échange, de rencontre et de valorisation des savoir-faire locaux. Son enfance se passe au milieu des interminables nuages de poussière laissés par le passage des camions pleins de déchets en route vers l’immense déversoir d’ordures qui entoure la communauté. Partager sans se battre Malgré la dure réalité dans laquelle Danneri doit grandir, ses yeux sourient en parlant de ce qu’elle appelle quelque chose de « très spécial » qui Danneri Sierra participe aux « Espaces pour grandir ». arrive dans sa communauté : les « Espaces pour grandir » (Espacios para crecer, EPC). « Je peux dire que l’EPC est un lieu où j’apprends des choses nouvelles et importantes pour la vie. J’ai appris à mieux m’exprimer, à partager avec mes compagnons sans me battre. Avant d’être ici, je ne pouvais pas me retrouver avec eux sans que naisse une bagarre. Maintenant, c’est fini ! », exprime-t-elle, les yeux remplis d’émotion. Elle poursuit : « J’aime beaucoup [l’EPC] parce que nous apprenons grâce à des jeux, je m’amuse tout le Photos : A & A Cambodge
Photo : A & A Rép. dominicaine temps. À l’école, je peux seulement me distraire à la récréation ». À Duquesa, cet espace « Environ 100000 Jenu Kurubas vivent à la lisière des forêts de trois états du sud de l’Inde (Karnataka, Kerala et Tamil Nadu). Le mot d’ordre de la structure sociale de cette tribu est l’autogouvernance. Traditionnellement collecteurs de miel (signification de leur nom), les Jenu Kurubas vivent dans et de la forêt. Les politiques de création des parcs nationaux, au début des années 1970, ont provoqué leur expulsion de leurs milieux et ont brutalement marginalisé la tribu. Leurs codes sociaux, très différents, reflètent une vie proche de la nature. Les pratiques religieuses sont animistes et la discrimination envers les femmes est absente (les séparations, les remariages Je peux dire que l’EPC est un lieu où j’apprends des choses nouvelles et importantes pour la vie » Danneri Sierra, 13 ans Les « Espaces pour grandir » accompagnent les enfants dans leur scolarité et réintègrent ceux qui en sont exclus. EN ASIE DU SUD : APPRENDRE PAR SON MILIEU de formation innovant accueille quotidiennement soixante enfants mais l’objectif est d’augmenter les effectifs jusqu’à atteindre cent vingt dans les prochains mois, assure Rodrigo Olavarria, chargé de Mission Aide et Action. Il explique aussi qu’avec cette initiative, les enfants de ce batey consacrent une partie de leur temps à apprendre, par des travaux manuels ou des ateliers d’expression, l’importance de l’environnement et de la solidarité. Une solidarité très vite mise en pratique puisqu’il ne leur a pas fallu longtemps pour essayer de motiver les enfants encore déscolarisés à quitter les décharges pour les rejoindre dans cet endroit « où l’on joue » ! Ne pas culpabiliser les parents Les « Espaces pour grandir » ne ciblent pas que les enfants. Les animateurs, formés à cet effet, entretiennent une sensibilisation constante avec les parents pour que ces derniers placent l’éducation comme principale activité de leurs enfants. « Les parents sont directement impliqués dans le projet car ce sont eux qui le poursuivront », nous explique Rodrigo Olavarria. Il poursuit : « Il ne faut pas les culpabiliser mais ils doivent assumer la responsabilité d’envoyer régulièrement leurs enfants aux journées éducatives des centres. » C’est avec eux que les « espaces grandiront » ! ■ « Jenunudi Kaliyaku » - un manuel scolaire en dialecte tribal L’instruction dans les écoles gouvernementales indiennes répond mal aux besoins des enfants tribaux. Ils rejettent l’éducation conventionnelle qui ignore leurs langues et leur milieu. Le « Jenunudi Kaliyaku » (manuel scolaire en dialecte tribal) donne à chaque enfant les moyens d’affronter la vie moderne. Le manuel scolaire tient compte de la culture tribale. 13 Photo : O. Jones



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