Aide et Action n°95 jui/aoû/sep 2005
Aide et Action n°95 jui/aoû/sep 2005
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°95 de jui/aoû/sep 2005

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Aide et Action France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 1,7 Mo

  • Dans ce numéro : éducation, qui paie la facture ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 10 - 11  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
10 11
Simultanément, le secteur privé s’est développé, accélérant un processus d’éducation à deux vitesses. Le bilan des politiques de gratuité de l’école primaire est malheureusement mitigé. L’UNESCO tire d’ailleurs la sonnette d’alarme en intitulant son rapport 2005 sur l’Éducation pour tous L’Exigence de qualité. ! 1 Les Dépenses et pratiques éducatives familiales, Sophie Génelot, rapport pour la FCPE, août 2001. 2 User Fees in Primary Education, Raja Bentaouet et Nicholas Burnett, World Bank, juillet 2004. 3 Situation où une économie nationale a atteint son « niveau maximal » de productivité et où, par conséquent, de nouveaux gains ne peuvent venir que de l’innovation. 4 Le cadre indicatif pour l’Initiative PPTE fixe des objectifs de 20% du budget national alloué à l’éducation dont la moitié pour le secteur primaire. 5 Voir édito de John Daniel, L’École gratuite, à quel prix, L’Éducation aujourd’hui, n°10 juillet-septembre 2004, UNESCO. AFRIQUE 3 questions à… 1 2 10 Sadia Ndiaye, responsable de l’évaluation à la direction Afrique d’Aide et Action, Dakar. A&A : La plupart des grands bailleurs préconisent aux pays en développement de rendre prioritaire la gratuité de l’éducation. Qu’en pensez-vous ? S. N. : Je pense que l’éducation de base est un secteur prioritaire dans lequel les États doivent investir. Des pays comme le Niger, le Burkina Faso ou le Tchad suivent cette stratégie puisqu’ils y consacrent entre 62 et 70% de leur budget d’éducation. Les pays en développement ne devraient toutefois pas laisser totalement le secteur secondaire au privé comme le suggèrent certaines institutions internationales. Ils anéantiraient par ce fait les chances des plus pauvres de pouvoir y accéder. Une éducation gratuite permet l’accès d’un plus grand nombre d’enfants à l’éducation. Mais même si l’enseignement est gratuit, il y a souvent des frais annexes comme les uniformes, les manuels, les transports, etc. C’est souvent au prix de certains sacrifices que les parents paient ces frais. Mais ils sont motivés. Or si dès le départ ils savent que leurs enfants ne pourront jamais avoir accès à un enseignement secondaire, ils peuvent perdre leur motivation et l’école n’aura plus le même attrait. Selon moi, on n’a pas encore suffisamment apprécié les éventuels impacts sur l’école d’une offre secondaire trop faible par rapport au nombre d’enfants qui y aspirent. Et puis, c’est une question d’équité : a-t-on le droit de fermer le secondaire aux plus pauvres ? La mise en place de la gratuité ne doit pas se faire au détriment de la qualité de l’éducation. Aide et Action : L’UNESCO recommande de faire respecter la gratuité de l’éducation comme stratégie pour atteindre l’Éducation pour tous. Quel est votre avis ? Sadia Ndiaye : La gratuité permet d’accroître considérablement l’accès à l’éducation et, de ce fait, contribue à la réalisation des objectifs de l’Éducation pour tous. Mais j’aimerais souligner un point important : je pense qu’il est primordial d’associer la gratuité aux questions de qualité. En effet, nous savons que les politiques de gratuité mises en place par certains gouvernements ont fait exploser les effectifs des écoles. Mais, faute de mesures complémentaires, les classes sont surchargées, les abandons sont encore importants et les politiques de recrutement massif d’enseignants précipitamment mises en place posent des problèmes de qualité de l’éducation. La gratuité doit donc être préparée et accompagnée de dispositions conséquentes : le recrutement et la formation d’enseignants qualifiés, la construction de nouvelles écoles, etc. Une éducation gratuite oui mais équitable et de qualité. 3 A&A : Comment des pays disposant de peu de ressources peuvent-ils alors assurer la gratuité de l’éducation et financer une partie de l’éducation secondaire ? S. N. : Certains États disposent de ressources insuffisantes pour financer la totalité de leurs besoins éducatifs. C’est une réalité. Les contributions au financement de l’Éducation pour tous sont encore bien en dessous des besoins. Mais, selon moi, ce n’est pas toujours une question d’argent. Un dispositif administratif lourd, l’absence de politiques claires, une gestion inefficace… sont des dysfonctionnements qui coûtent cher aux pays et par ricochet aux populations. Je vais vous raconter une histoire pour illustrer mes propos. Lors d’une de mes missions dans une zone où Aide et Action envisageait d’intervenir, j’ai visité deux écoles éloignées l’une de l’autre de seulement un ou deux kilomètres. Dans la première, les enfants étaient en surnombre. Par manque de moyens, l’école demandait aux parents de participer à l’achat de pupitres qui faisaient grandement défaut. La seconde était en sous-effectif et des dizaines de pupitres donnés par l’État étaient entassés au fond des salles de classe ! Cette situation n’est malheureusement pas un cas isolé. Je crois que les gouvernements devraient remédier le plus vite possible à cette gestion peu efficace. Savoir où se trouvent les priorités et qui les décident, voilà des questions fondamentales qui agiraient sur l’efficacité de l’éducation et qui débloqueraient des fonds supplémentaires pour financer certains aspects aujourd’hui peu pris en charge. J’aimerais ajouter qu’il existe des expériences intéressantes s’attaquant à ces questions avec succès. Je parle par exemple de la décentralisation des systèmes éducatifs qui implique les communautés à la base dans la gestion de leur éducation. Selon moi, ces politiques permettent plus de transparence et une gestion plus efficace des ressources. Sur le terrain, l’association accompagne les communautés dans leurs efforts et met en place des dispositifs de suivi/évaluation et d’amélioration des résultats scolaires. Photo : A & A Bénin
Post-urgence Le passage sur Haïti, en septembre 2004, du cyclone Jeanne, a ravagé les départements de l’Artibonite au nord-ouest du pays : plus de 3 000 morts, près de 4 500 habitations détruites et 300 000 personnes directement touchées. La ville la plus dévastée, Gonaïves, compte plus de 2 000 morts. Les habitants et ceux des zones avoisinantes ont tout perdu : meubles, vêtements, provisions alimentaires, bétails, produits agricoles, etc. Les écoles ont été complètement détruites : les mobiliers, les équipements, les matériels scolaires et les bibliothèques sont emportés, les murs et les clôtures sont délabrés. Rapidement, les pouvoirs publics, les citoyens d’autres villes et les organisations humanitaires ont apporté aux Gonaiviens des aides en nourriture, vêtements, eau, médicaments. Aide et Action et ses partenaires se sont inscrits dans cette dynamique de solidarité en mettant en place un projet de dix-huit mois (à partir de novembre 2004) pour assurer, au-delà de l’urgence, les bases de la reconstruction et du retour au développement. ✂ L’éducation doit être reconstruite et reprendre ses droits. Ces premiers résultats encourageants ont été obtenus grâce à la mobilisation des populations et le soutien des marraines, parrains et donateurs. Aujourd’hui, l’urgence est passée et le développement est en marche. Mais l’environnement politique est toujours fragile et il reste beaucoup à faire. POUR MENER À BIEN CES ACTIONS, NOUS AVONS BESOIN DU SOUTIEN DE TOUTES ET DE TOUS. Nous vous invitons à poursuivre l’effort et à répondre à l’appel que nous lançons. Soutenir l’éducation et le développement en Haïti c’est ouvrir la stabilité pour le pays et sa population. Consultez notre mini-site Haïti intégré au site principal www.aide-et-action.org en visitant la page pays « Haïti ». L’acteur et parrain d’honneur Thierry Desroses s’est rendu en Haïti, dans la région de Dessalines, en mai dernier. Un film a été réalisé sur sa rencontre avec les sinistrés et sur ce qu’il a vu de nos projets de posturgence. Bien décidé à donner son témoignage, il est déjà parti à la rencontre de parrains à Bougenais (44). Haïti : la reconstruction est en marche La mobilisation envers les victimes du cyclone Jeanne qui a frappé Haïti en septembre dernier commence à porter ses fruits. La reconstruction est en marche mais le pays a beaucoup souffert et les populations sont encore meurtries. Intensifier l’appui envers les communautés pour leur développement est une priorité. Aujourd’hui, après plusieurs mois de travail, des actions ont été menées dans quatre domaines principaux : • le recensement de 1430 enfants et leur scolarisation dans des écoles d’accueil ; • le développement de partenariats et la coordination des partenaires intervenant sur la zone de Dessalines (ministère de l’Éducation nationale et représentation régionale, hôpital et mairie de Dessalines, autres ONG locales et internationales) ; • l’appui à la reprise des activités scolaires par la distribution de 850 kits 1 scolaires et le paiement de frais de scolarité pour 400 élèves ; • un partenariat mis en place avec l’hôpital Claire Heureuse de Dessalines pour la prise en charge des soins pour les enfants déplacés. 1 Chaque kit est composé de 6 cahiers, de 2 stylos-plumes, 2 crayons, une boîte de crayons de couleur, un jeu d’instruments géométriques et 1 sac d’écolier. Les prochains objectifs du projet sont clairement identifiés : • réhabiliter 10 écoles sinistrées et les équiper en matériel (tableaux et tables construites localement) ; • appuyer la relance des activités économiques et plus particulièrement les projets communautaires des familles ; • former les communautés aux réflexes de protection et à la prévention des risques et des désastres naturels. M. M me Mlle : I_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_I Adresse : I_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_I Code postal : I_i_i_i_i_I Ville : I_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_I Tél. : I_i_i_i_i_i_i_i_i_i_I E-mail : I_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_I Si vous êtes déjà parrain, merci d’indiquer votre référence : I_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_i_I OUI, je soutiens les communautés de Dessalines dans leur effort de scolarisation des enfants victimes du cyclone Jeanne. ❑ Je souhaite parrainer le projet d’Aide et Action jusqu’en juin 2006 et je joins mon 1 er chèque de 20 € à l’ordre d’Aide et Action correspondant à mon premier mois de parrainage. ❑ Je ne souhaite pas parrainer, je fais un don de : ❑ 30 € ❑ 60 € ❑ 100 € ❑ autre (merci d’indiquer le montant souhaité) :... €. Conformément à la loi n°78-17 du 6 janvier 1978, vous disposez d’un droit d’accès et de rectification pour toute information vous concernant, figurant sur notre fichier. Il suffit pour cela de nous écrire. Les dons en faveur d’Aide et Action sont déductibles à 60%, dans la limite de 20% de vos revenus imposables. Photo : Philippe Crochard Photo : A & A Haïti ✂ MHM02



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :