Aide et Action n°94 mar/avr/mai 2005
Aide et Action n°94 mar/avr/mai 2005
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°94 de mar/avr/mai 2005

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Aide et Action France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,1 Mo

  • Dans ce numéro : femmes africaines dans l'enseignement.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Parole de… Trois femmes, une volonté : la reconnaissance de leurs droits ! Mayra en République dominicaine et Ela au Cambodge ont eu accès à l’éducation malgré de nombreux obstacles. Exemples de force et de volonté, elles transmettent aujourd’hui leur expérience. Moïra Sauvage, femme engagée, nous livre ses impressions sur ces deux témoignages. RÉPUBLIQUE DOMINICAINE Une femme de volonté Obstinée et volontaire, Mayra Carreras est une de ces femmes qui a su mener de front ses responsabilités de mère et de femme. Aujourd’hui, formée à la tapisserie, elle a dû « faire tomber des barrières » pour y arriver. Portrait d’une femme émancipée. Aide et Action : Qui est Mayra Carreras ? Mayra Carreras : J’ai 48 ans et je suis originaire de Monteplata (une des provinces les plus pauvres du pays). Cela fait vingt-neuf ans que j’habite la capitale, Santo-Domingo, avec mes trois enfants que j’élève seule. A&A : Quels sont vos souvenirs de Monteplata ? M.C. : Quand j’ai eu 3 ans, mon père est mort et ma mère était encore très jeune. Elle s’est remariée et m’a emmenée vivre avec mes grands-parents. Nous étions seize dans une toute petite maison, mais nous étions une famille. J’ai dû partir à l’âge de 8 ans travailler en tant que bonne. J’ai appris les tâches ménagères. À 16 ans, j’ai connu un monsieur beaucoup plus âgé que moi, avec lequel je me suis échappée et j’ai eu trois enfants. Cette relation n’a pas duré car il buvait beaucoup. Une fois 6 seule, j’ai dû faire beaucoup de nettoyage et de repassage pour les autres. J’ai réussi à élever mes enfants mais ma fille est tombée malade à l’âge de 7 ans (elle a maintenant 28 ans). La vie est devenue plus difficile. A&A : Comment avez-vous connu le Programme de formation technique pour les femmes (cf. encadré) ? M.C. : Je vendais des vêtements dans la rue et quelqu’un m’a parlé d’une école où on enseignait aux femmes à effectuer des « travaux d’homme ». J’ai vu qu’ils proposaient des cours de tapisserie. J’ai commencé les cours en plus de mes travaux de bonne et un an plus tard, je travaillais dans un atelier. C’était en 1995, il y a déjà dix ans ! Aujourd’hui, grâce à l’appui du centre de formation, j’ai acquis un Photo : A &A R. D. « Aujourd’hui, grâce à l’appui du centre de formation, j’ai acquis un métier et je suis autonome L’atelier de tapisserie du Programme de formation technique. métier et je suis autonome. Je paie la maison, j’achète les repas, les médicaments de ma fille et je peux même faire des économies. A&A : Quelles difficultés avez-vous rencontrées ? M.C. : Mon plus grand obstacle a été la maladie de ma fille. C’était difficile d’aller au centre et de s’occuper d’elle en même temps. Finalement, je la laissais la journée avec ma sœur. Mes garçons disaient que ce n’était pas » pour moi, que c’était un travail d’homme et que j’étais trop vieille pour faire ça. Mais quand on veut, l’âge n’est pas un obstacle ! Maintenant, notre vie s’est améliorée. Mes enfants ont compris et ils me soutiennent. Ils parlent de moi avec fierté. A&A : Avez-vous suscité d’autres vocations ? M.C. : Oui, en me voyant travailler dur dans l’atelier, beaucoup de femmes se sont motivées et même des hommes ! Je leur disais de ne pas se décourager. Il faut Photo : A &A R. D.
• ENGAGEMENT CITOYEN » > Mobilisation pour l’Asie » > Campagne pour une éducation de qualité pour TOUTES » >• PAROLE DE… » > Trois femmes, une volonté : la reconnaissance de leurs droits ! » >• PERSPECTIVES » > Femmes africaines dans l’enseignement » >• SPÉCIAL INDE/SRI LANKA• RÉALITÉS » > Société matriarcale : mythe ou réalité ? » >• ACTUS• PASSERELLES » > Voix de femmes pour la paix » >• ÉCHO DES MÉDIAS » > Le parrainage à l’honneur » >• COURRIER DES LECTEURS arriver à faire tomber les barrières et après, tout devient plus clair. A&A : Quel est votre but désormais ? M.C. : J’aimerais avoir mon propre atelier maintenant. Petit à petit, j’essaie de le monter. J’ai acheté un compresseur, comme ça, quand j’arriverai à avoir le local, j’aurai déjà quelques outils. Je sais que je réussirai. ■ Propos recueillis par Ernesto, Aide et Action République dominicaine Le 13 décembre 2003, Mayra Carreras a été félicitée par le Vice-Président de la République Rafael Francisco Albuquerque de Castro pour son courage et son dévouement envers sa communauté. Photo : Krousar Thmey/A&A A.S.-E. « Elle était très bonne élève, mais timide et solitaire au début », se souvient M me Phalla Neang 1, coordinatrice du programme « Éducation pour enfants handicapés ». « Cela n’a pas été facile pour Ela de sortir de l’isolement dû à sa surdité. Elle n’était pas très motivée pour les jeux ou les activités de groupe. » Une vraie transformation Puis on lui a proposé des cours de danse traditionnelle khmère : « La danse l’a peu à peu transformée. Elle a acquis de la confiance et l’estime de soi. Elle a réussi à exprimer ses émotions et à dépasser la barrière de la langue ». À l’école, Ela a appris la langue des signes et a commencé Programme de formation technique pour les femmes CAMBODGE à communiquer. « J’avais des amies qui n’étaient pas sourdes, nous communiquions un peu avec les mains, mais surtout nous jouions beaucoup ; il n’est pas toujours nécessaire de parler pour jouer. Certaines amies essayaient quand même d’apprendre quelques gestes. Mais quand je voulais vraiment raconter une histoire, je la racontais à mes amies sourdes. » Ela et une de ses collègues captivent leur auditoire. Le Centro de solidaridad para el desarrollo de la mujer est une ONG locale de solidarité envers les femmes. Son Programme de formation technique a pour objectif d’appuyer les femmes en difficulté, en leur offrant une formation professionnelle initialement réservée aux hommes (électricité, menuiserie, plomberie, tapisserie…). L’association appuie également l’intégration de ces femmes dans des entreprises locales. Ela, professeur du silence Ela est sourde et enseigne la langue des signes à l’école maternelle de Chba Ampeou, dans la banlieue de Phnom Penh. Ela fait partie des premiers enfants sourds à avoir reçu une éducation spécialisée au Cambodge, au sein de cette même école. Son expérience d’élève lui est aujourd’hui d’un grand secours. « Le but principal de cette classe maternelle : leur donner un niveau suffisant pour faire une entrée réussie en primaire Aujourd’hui, Ela emmène les six petites filles inscrites en maternelle dans leur salle de classe. Commence alors tout un programme d’éveil, d’apprentissage de la langue des signes, de jeux pour s’approprier son corps et maîtriser ses mouvements. Trois matins par semaine, Ela leur raconte une histoire en langue des signes. Pour elle, c’est facile » car elle maîtrise cette langue depuis très 7 Photo : Krousar Thmey/A &A A. S.-E.



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