Aide et Action n°93 déc 04/jan-fév 2005
Aide et Action n°93 déc 04/jan-fév 2005
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°93 de déc 04/jan-fév 2005

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Aide et Action France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 1,5 Mo

  • Dans ce numéro : l'alphabétisation des adultes, une clé du développement.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Photo : Stéphane Grollier Culture Tournage d’une scène de mariage à l’Aghan Church. Tout commence en 1895, quand l’assistant des frères Lumière, Marius Sestier, projette pour la première fois en Inde L’Arrivée du train en gare de La Ciotat. Le public est conquis et c’est le début d’un succès qui ne se démentira jamais. Aujourd’hui, des millions d’Indiens vont chaque jour voir l’une des 800 productions annuelles du pays. Un succès lié en partie au prix très abordable des entrées. Les séances sont longues (plus de trois heures) et les spectateurs pour le moins nombreux : environ 13 millions d’entrées par jour. À titre de comparaison, il y a en France et dans le même temps 470 000 entrées… Bollywood : à une lettre près, toute la magie du cinéma américain, dont il tire son nom. On y a seulement changé le H contre le B de Bombay (aujourd’hui Mumbai), lieu historique de la production cinématographique. À peu de chose près, la même quantité d’argent brassé. 14 Bollywood : l’Inde fait son cinéma Le cinéma en Inde, c’est toute une industrie. Des millions de spectateurs, des acteurs adulés… et une exportation en pleine croissance. Mais la comparaison s’arrête là : autant le cinéma américain s’impose sur le marché mondial, autant le cinéma indien était jusqu’à présent surtout connu en Inde… et en Afrique ! Il faut dire que le divertissement est total : de l’amour, des bagarres, des décors grandioses, des costumes magnifiques, de la danse, du chant… tout est là. Et le spectateur participe. Il peut chanter et danser dans la salle, cela ne choquera personne ! Vous avez dit Bollywood ? Le vocable est à prendre avec prudence : inventé par un journaliste dans les années 80, il a d’abord désigné un certain cinéma, rival direct d’Hollywood. Il a eu tellement de succès qu’il existe même d’autres dérivés, pour des cinémas spécifiques. Kollywood désigne par exemple le cinéma en langue tamoule issu de Kodambakkam (quartier de Chennai) et Tollywood désigne celui produit en telugu, la langue officielle de l’État de l’Andhra Pradesh. Aujourd’hui, nombreux sont les réalisateurs qui veulent se défaire d’une image du cinéma indien « made in Bollywood ». Un cinéma souvent assimilé à des productions « kitsch », avec des films ponctués de danses, chansons et pleurs, le tout planté dans un décor de montagnes suisses. Salaam Bombay ou Monsoon Wedding, par exemple, ne sont pas des produits Bollywood à proprement parler. Le rythme est un peu plus rapide et le format plus court davantage adapté aux canons du cinéma occidental. Ils sont revendiqués comme simplement indiens ou même hindi. Récemment, de nombreux films se sont vu distribués dans le monde entier. Tout particulièrement en Asie, mais également dans les pays arabes, puis aux États-Unis et en Angleterre. En réalité, il n’y a que l’Europe continentale qui échappe un tant soi peu au raz-demarée ! En France, quelques films ont pointé le bout de leur nez, comme Salaam Bombay à la fin des années 80, ou plus récemment Devdas et Lagaan. Leur succès est encore relatif. Il est vrai que les références culturelles qu’ils utilisent peuvent nous paraître assez lointaines. L’amour est le thème principal des films bollywoodiens. Photo : Richa Silakari
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