Aide et Action n°92 sep/oct/nov 2004
Aide et Action n°92 sep/oct/nov 2004
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°92 de sep/oct/nov 2004

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Aide et Action France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3,6 Mo

  • Dans ce numéro : minorités, l'éducation en question

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Photo : M. Barrett Perspectives 8 L’éducation au centre du développement L’Éducation pour tous ne peut connaître de véritable succès que si l’on tient compte de tous les secteurs : santé, agriculture, environnement, commerce… Atteindre cet objectif passe donc par l’implication de tous les acteurs du développement. C’est un des rôles majeurs joués par les ONG sur le terrain. Exemple à Forécariah, en Guinée. Trois hypothèses de départ ont inspiré le projet Forécariah, lancé depuis près de trois ans en partenariat avec ActionAid Sierra Leone et cofinancé par l’Union européenne*. En premier lieu, il a été posé que l’éducation est un processus permanent d’apprentissage par les acteurs locaux. Ce qui revient à dire qu’il ne saurait y avoir de développement durable de l’éducation sans la participation des communautés. Deuxième hypothèse : l’école prépare ce processus pour les générations futures. Par les projets d’école, les communautés L’école prépare les générations futures. s’impliquent dans la gestion de l’école et font en sorte qu’elle s’adapte à son environnement social, culturel et économique. Troisième hypothèse : l’éducation est le levier du développement. Par cette affirmation, le projet Forécariah part du postulat que tout développement harmonieux et durable doit passer avant tout par l’éducation. Ce sont ces trois hypothèses qui forment la base du projet Forécariah. Il convient de rappeler que le développement est un processus global. Il touche tous les secteurs de la vie politique, sociale, économique et culturelle d’un pays. La santé, l’agriculture, l’éducation sont des priorités qui nécessitent l’implication de l’ensemble des acteurs concernés. À Forécariah, le projet s’appuie sur la valorisation des savoirs locaux et la réforme curriculaire (réforme des contenus de l’éducation). Ces deux éléments sont déterminants dans la démarche. Ainsi donc, la relation est faite entre plusieurs secteurs d’activité. Étrangers à leur propre culture Par valorisation des savoirs locaux, il faut comprendre la prise en compte des connaissances détenues par les communautés, dans tous les domaines. Ces savoirs n’ont jusqu’à présent pas été reconnus formellement : souvent, les programmes scolaires se contentaient uniquement d’apprentissages théoriques, assez éloignés des préoccupations quotidiennes de chacun. Ce qui a créé beaucoup de déperditions de connaissances endogènes. Autrement dit de connaissances correspondant à un espace géographique précis, ou à une communauté précise et qui n’existent pas ailleurs. Il importe aujourd’hui de les recenser et de les valoriser en les intégrant dans les programmes scolaires. En procédant de la sorte, on est amenés à toucher d’autres secteurs tels que la santé, l’agriculture ou l’hydraulique, qui ont trait à la vie des communautés. Par exemple, les savoirs liés à l’agriculture pourraient avoir tendance à être « oubliés ». Pourtant, la possibilité de conserver des connaissances liées au milieu reste nécessaire. Il en est de même pour les enfants des autres groupes socioprofessionnels (pêcheurs, artisans, éleveurs, etc.). On a tendance à faire d’eux des étrangers à leur propre culture en leur enseignant exclusivement des savoirs extérieurs à leur environnement socioculturel, le plus souvent
Photo : M. Barrett Photo : Aide et Action• ACTIONS LOCALES » > Vie associative » > Près de chez vous » >• PAROLE DE… » > De fil en aiguille… une marraine en Guinée » > Daouda, ancien filleul au Sénégal » >• PERSPECTIVES » > L’éducation au centre du développement » >• ACTUS• AIDE ET ACTION JUNIOR• INNOVATION » > Minorités : les enjeux éducatifs » >• ACTIONS INTERNATIONALES » > « Genève internationale » » >• RÉALITÉS » > La Casamance, entre conflit et reconstruction » >• CULTURE » > Jour de marché pour Diaraye » >• ÉCHO DES MÉDIAS » > Extraits » > Les femmes jouent un grand rôle dans la transmission des savoirs. calqué sur un modèle occidental difficilement transposable dans un tel contexte. Dans le domaine de la santé, il existe de nombreuses méthodes ou remèdes connus des communautés ou de certains Conserver les connaissances liées au milieu environnemental. détenteurs de savoirs comme les guérisseurs traditionnels ou les personnes âgées. Ces savoirs sont à valoriser en les formalisant et en les intégrant dans les programmes. D’une région à l’autre, des aménagements peuvent être faits par les enseignants afin de mieux intégrer l’école à son milieu. Généraliser l’expérience C’est donc toute l’ambition du projet Forécariah de faire de l’éducation un vecteur du développement. Les communautés villageoises ont élaboré des Plans de développement local (PDL), à partir desquels toutes les actions prioritaires devront être menées. Pour l’heure, la démarche est saluée par les communautés et par les autorités. Ainsi, des études ont été entreprises afin d’identifier les savoirs locaux et leurs détenteurs dans la zone. Un comité d’experts a été mis en place pour formaliser ces savoirs et procéder à la réforme curriculaire. Le projet est suivi par les autorités qui voudraient le généraliser sur l’ensemble du territoire national, une fois que ses résultats auront été jugés concluants. Cette démarche s’inscrit dans la stratégie globale de lutte contre la pauvreté, qui est l’objectif premier de l’État et des partenaires au développement, organisations internationales, ONG et associations évoluant en Guinée. ■ *Le contenu de ce document relève de la seule responsabilité d’Aide et Action et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’Union européenne. Interview d’Osian Jones** Quelle est l’origine du projet Forécariah ? Osian Jones : Au départ, c’est une réponse aux effets des guerres au Libéria et en Sierra Leone sur la population de la région de Forécariah. Ces guerres ont provoqué l’arrivée de plus d’un million de réfugiés en Guinée. Dans la région de Forécariah, cela s’est traduit par des déséquilibres, tant au niveau de l’environnement (déboisement massif) qu’au niveau du système éducatif. Quelle est son envergure ? O. J. : C’est un projet extrêmement important. Pour les projets d’école, ce sont 20 667 enfants concernés. Il touchera aussi directement 28 501 ménages à travers les projets communautaires. Le financement est de 2 millions d’euros, dont 75% apportés par la Communauté européenne en janvier 2004, étalé sur trois ans. Quel rôle joue exactement Aide et Action ? O. J. : Aide et Action en Guinée est chef de file et coordinatrice au sein du Comité de pilotage. Elle appuie les ONG guinéennes, les Communautés rurales de développement et l’État par le biais de structures sous-préfectorales. Financièrement, nous nous occupons du volet « éducation ». Nos partenaires financent les autres volets (agriculture, santé…). Pour nous, il s’agit de scolariser un maximum d’enfants. Mais nous devons prendre en compte la réalité socio-économique locale afin de provoquer un changement en douceur. Cela conduit à faire des concessions d’une part et à nouer des partenariats qui prennent en compte un maximum de facteurs d’autre part ! ** Responsable des financements institutionnels, Paris. 9



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