Aide et Action n°92 sep/oct/nov 2004
Aide et Action n°92 sep/oct/nov 2004
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°92 de sep/oct/nov 2004

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Aide et Action France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3,6 Mo

  • Dans ce numéro : minorités, l'éducation en question

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Photo : Aide et Action Culture 20 Jour de marché pour Diaraye Le marché est un espace de partage, d’échange et de convivialité nécessaire aux relations entre les communautés. C’est aussi là que l’on peut sentir le développement des activités dans la zone. C’est véritablement le pouls d’une localité. Ce dimanche, comme à l’accoutumée, Diaraye se rend au louma (marché hebdomadaire) de Télimélé, en Guinée. Elle s’est levée très tôt pour traire ses vaches et vérifier que son lait caillé est bien prêt pour la vente. Elle a revêtu ses habits de fête, car il y aura du monde venu de tous les coins du pays et il faut qu’elle se présente sous son meilleur jour. Le louma, c’est comme un jour de fête. Femmes, enfants, personnes âgées, tout le monde débarque sur la Des couleurs à perte de vue. place du marché. C’est l’occasion de rencontrer les gens des autres villages, les parents, les amis. Une nécessité économique Diaraye vient de Gougoudjé, une souspréfecture à quelque 20 km de Télimélé. Elle emprunte le véhicule qui fait la navette entre le marché et les villages environnants. Sur le chemin, elle dépasse les villageois qui ont choisi de faire la route à pied. Beaucoup d’entre eux ont des bagages sur la tête ou à la main. Certains tirent des cabris ou des moutons, d’autres encore des bœufs. Les femmes, le plus souvent, portent sur leur tête des paniers de fruits et de légumes. Diaraye, installée à l’avant du véhicule, tient ses deux calebasses de lait. Elle doit parvenir à tout vendre, car elle a besoin de cet argent pour ses deux enfants. Son mari, Mamadou Aliou, est absent. Il est au Sénégal depuis trois ans, où il fait du commerce. C’est elle qui se charge de tous les frais en
Photo : Aide et Action• ACTIONS LOCALES » > Vie associative » > Près de chez vous » >• PAROLE DE… » > De fil en aiguille… une marraine en Guinée » > Daouda, ancien filleul au Sénégal » >• PERSPECTIVES » > L’éducation au centre du développement » >• ACTUS• AIDE ET ACTION JUNIOR• INNOVATION » > Minorités : les enjeux éducatifs » >• ACTIONS INTERNATIONALES » > « Genève internationale » » >• RÉALITÉS » > La Casamance, entre conflit et reconstruction » >• CULTURE » > Jour de marché pour Diaraye » >• ÉCHO DES MÉDIAS » > Extraits » > En attente des clients. attendant le retour du père de famille, parti gagner sa vie à l’étranger. Le marché de Télimélé est le plus important de la localité, car c’est le chef-lieu de la préfecture. Il se tient sur la place publique, le long de l’artère principale de la ville. On y trouve de tout : fonio (céréale cultivée en Afrique de l’Ouest), riz, maïs, Pendant ce temps à Paris… Mardi matin. Brigitte se lève à 3h. Le chargement du camion demande une organisation pointilleuse, le moindre espace est mis à profit. Une fois sur le boulevard Daumesnil, elle décharge et installe son stand. Vers 8h, les premiers clients arrivent, mais le point d’orgue se situera entre 11 h et 12 h 30. Dans ce laps de temps, tout va très vite : peser, sourire, emballer, encaisser, parler de la pluie d’hier et du soleil de demain… Les clients ont le temps, ils sont venus prendre l’air, le pouls de la rue. De Daumesnil à Télimélé, on retrouve partout cette même profusion d’odeurs et de couleurs. Celles des épices venues du monde entier, des fruits mûrs ou des agencements de poissons frais. On parle des enfants, on commente les dernières nouvelles du monde et les discussions de quartier vont bon train. On touche, on discute les prix, on achète… L’ambiance est cosmopolite et sonore : le fleuriste, les mains en porte-voix, interpelle Brigitte sur une mélodie d’Aznavour, au milieu d’un brouhaha réconfortant. Il finira par lui emprunter un cageot. À 13h, il est temps de ranger. Déjà, les employés municipaux sont là et commencent à nettoyer le boulevard à grand renfort d’arrosage. Brigitte monte dans son camion, salue les balayeurs et s’éloigne dans un concert de klaxons… manioc, etc. Pendant la saison des pluies, alors que les travaux des champs ont cessé, les villageois viennent au marché acheter du tissu, des lampes, des piles et de nombreux autres produits manufacturés. La ville étant située sur la route du Sénégal, les commerçants font souvent escale à Télimélé pour acheter les marchandises qu’ils revendront plus tard. Des camions remplis de produits agricoles quittent Télimélé pour le Sénégal ou pour la Guinée-Bissau ou encore la Gambie. Un lieu de convivialité Une fois arrivée à destination, Diaraye dépose ses calebasses de lait à l’ombre d’un arbre, en bordure de la route principale. Comme les autres vendeurs, elle attend patiemment les clients. On la connaît bien ici, son lait est réputé et il ne fait aucun doute qu’elle le vendra rapidement. Le soleil est haut dans le ciel et le marché grouille de monde. Les bruits de moteur des camions et des taxis-brousse se mêlent aux cris des vendeuses, aux bêlements des moutons ou aux caquètements des poules. Le chatoiement des tissus sur les étals, le parfum des condiments posés sur des nattes à même le sol et le fourmillement de la foule, tout contribue à donner à ce marché une impression de fête. Alors que l’après-midi s’annonce, les jeunes commencent à rallier l’endroit. Filles Brigitte et André à Daumesnil. et garçons ont sorti leurs plus beaux habits, car c’est l’heure des rendez-vous galants. Certains jeunes font pétarader leur moto pour bien se mettre en valeur aux yeux des jolies filles… et pour les impressionner. Le louma, c’est vraiment la fête. On ne manquerait l’occasion pour rien au monde. C’est aussi là que l’on s’informe. Les problèmes des uns et des autres y sont débattus et les baptêmes, mariages et décès y sont également annoncés. Enfin, Diaraye a vendu tout son lait. Elle aura de quoi payer les cahiers et les ardoises de ses enfants. Elle a même pu s’acheter une paire de chaussures pour la fête de Tabaski qui aura lieu dans peu de temps. La semaine prochaine, elle compte se procurer du tissu pour confectionner des habits de fête pour elle-même et ses enfants. L’heure du retour approche et les commerçants commencent à brader leurs marchandises. Les plus malins ont attendu ce moment pour se décider à acheter le nécessaire à moindre coût. Diaraye a fait de bonnes affaires ce dimanche. Elle se dirige maintenant vers le lieu de départ du véhicule. Peu à peu, les passagers montent et avant que le soleil ne commence à disparaître derrière les montagnes qui ceinturent la ville, le chauffeur démarre. Bientôt, Télimélé disparaît derrière un épais nuage de poussière… ■ Daouda Tamsir, chargé de Communication en Guinée. 21 Photo : Aide et Action



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