Aide et Action n°92 sep/oct/nov 2004
Aide et Action n°92 sep/oct/nov 2004
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°92 de sep/oct/nov 2004

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Aide et Action France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3,6 Mo

  • Dans ce numéro : minorités, l'éducation en question

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Photo : Aide et Action Réalités 18 La Casamance, entre conflit et reconstruction Le conflit casamançais est vieux d’une vingtaine d’années. Victimes d’exactions continues, des milliers de personnes ont fui leur village pour aller se réfugier dans des zones plus sûres. L’accalmie constatée ces dernières années provoque un retour des populations vers leur village d’origine. La vie dans les camps de réfugiés est particulièrement difficile. Situé à l’extrême ouest du continent africain, le Sénégal a une superficie de 196722 km 2. La région de Kolda, au sud du Sénégal, est née en 1984 de la scission de la région naturelle de la Casamance. Très pluvieuse et rurale par excellence, elle a une économie qui repose essentiellement sur le secteur primaire. 90% de la population active vit d’agriculture et d’élevage. Zone frontalière à trois pays, c’est aussi un véritable creuset de peuples et d’ethnies venus d’horizons divers, qui vivent en bonne entente. Mais la stabilité dans cette région a été sérieusement compromise ces dernières années par la lutte du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC). À cela s’ajoutent des conflits fonciers nés de l’arrivée de la vague migratoire des populations du bassin arachidier du Sénégal, chassées par la sécheresse. Le conflit casamançais connaît aujourd’hui une nette accalmie : les bandes armées qui écumaient les villages de l’intérieur ont été neutralisées par les forces de sécurité. Partout, un seul souhait : que la dynamique de paix ainsi enclenchée se consolide, pour le bien des populations. Les populations déplacées en détresse Un bonheur fragile pour la plupart d’entre elles car après le silence des armes et le répit des exactions, il reste aujourd’hui la détresse de populations déplacées. « Dans le département de Sédhiou, on dénombre 7400 réfugiés, dont plus de la moitié sont des femmes », révèle le chef de service régional de la Famille et du Développement social de Kolda. Les personnes déplacées sont en recherche constante d’endroits sûrs. Les plus vulnérables, notamment les femmes et les enfants, sont les plus affectées. Les enfants, traînés d’une localité à une autre au gré des circonstances par leurs parents, en souffrent beaucoup : sous-alimentés, exposés au paludisme, à la gale, aux maladies diarrhéiques, ils finissent par mourir faute de soins. Les centres d’accueil sont éloignés et enclavés par rapport aux rares structures sanitaires existantes. Nombre de ces déplacés sont des familles pauvres et vivent également dans la promiscuité. Démunies et en charge d’une famille nombreuse, les femmes deviennent des proies faciles pour les réseaux de prostitution clandestine, s’exposant ainsi à la propagation des IST (infections sexuellement transmissibles) et du SIDA. Un retour difficile À la faveur de l’accalmie observée ces derniers temps, plusieurs villages abandonnés sont revenus à la vie. Pour encourager ce mouvement de retour, des ONG développent des activités dans ces villages. De son côté, l’État du Sénégal a mis en place un programme spécial de reconstruction
Photo : Aide et Action• ACTIONS LOCALES » > Vie associative » > Près de chez vous » >• PAROLE DE… » > De fil en aiguille… une marraine en Guinée » > Daouda, ancien filleul au Sénégal » >• PERSPECTIVES » > L’éducation au centre du développement » >• ACTUS• AIDE ET ACTION JUNIOR• INNOVATION » > Minorités : les enjeux éducatifs » >• ACTIONS INTERNATIONALES » > « Genève internationale » » >• RÉALITÉS » > La Casamance, entre conflit et reconstruction » >• CULTURE » > Jour de marché pour Diaraye » >• ÉCHO DES MÉDIAS » > Extraits » > des villages abandonnés suite au conflit casamançais. Des volontaires du service civique national sont mis à profit pour accompagner ce programme gouvernemental. Des milliers de familles ont ainsi pu trouver un toit. Mais un bon nombre de candidats au retour doivent réapprendre à vivre, une fois rentrés chez eux. Leurs champs sont en effet encore considérés comme des lieux à haut risque. L’agriculture et l’élevage leur sont donc interdits. C’est le cas à Niangha, communauté rurale située à une quarantaine de kilomètres au sud de Kolda où certaines rizières et champs sont abandonnés parce qu’ils sont infestés par des mines antipersonnel. La survie de l’école en zone de conflit L’école est délaissée dans certaines localités secouées par le conflit. Les maîtres ne veulent plus se rendre dans les villages attaqués par les bandes armées de la rébellion. Les enfants voient ainsi leur scolarité brutalement interrompue. Mais les parents, eux, refusent que leurs enfants soient privés d’éducation à cause d’un conflit dont ils ne sont nullement responsables. C’est dans ce cadre que des initiatives sont développées dans certaines localités. À Bignona (région de Ziguinchor), des jeunes ayant terminé leurs études, mais aussi quelques anciens se sont organisés en association : Les Pionniers bénévoles. Ils tentent de rendre aux enfants leur droit Les enfants sont particulièrement vulnérables. Les champs doivent être déminés avant d’être cultivés. à l’éducation. On les rencontre dans bon nombre de villages le long de la frontière gambienne, à Djifangor ou à Djilakounda, dans le nord du département. Ces « pionniers bénévoles », soutenus par la communauté, ont pu bénéficier d’une formation d’enseignant. L’Unicef leur a fourni des vélos pour qu’ils puissent se rendre dans ces villages enclavés. On en dénombre plus de 80 et on estime à plus de 5000 le nombre d’enfants qui seraient restés analphabètes sans cette initiative. Grâce à de fortes volontés locales et des appuis significatifs, le droit à l’éducation a ainsi été préservé. ■ Mamadou Sow, responsable Communication au Sénégal. La migration, qu’est-ce que c’est ? C’est un phénomène complexe, qui revêt une multitude de réalités. La population concernée approcherait les 175 millions de personnes. Cela représente environ 3,5% de la population mondiale, autant dire qu’une grande majorité d’entre nous est stable géographiquement. On évalue à 50 millions le nombre de réfugiés, quelles que soient les causes. Les autres sont des émigrants du travail ou du regroupement familial. Les facteurs de migration peuvent être politiques et religieux (par attirance ou répulsion d’ailleurs), économiques ou démographiques. Le plus souvent, ils sont composés : il peut s’agir de migrations économiques liées à un phénomène politique, par exemple. Des décisions qui empêchent le développement d’une certaine activité ou tout simplement une instabilité politique freinant le développement local. Exemple, l’Andalousie du début du XVI e siècle : suite à l’expulsion des arabes de la Sierra Nevada, les terres agricoles ont été abandonnées. Pour repeupler la zone et conserver des systèmes d’irrigation particulièrement bien conçus, les Rois Catholiques ont « importé » la main d’œuvre du nord de l’Espagne. Le plus souvent, des repris de justice… Ici, les facteurs sont économiques, politiques et démographiques ! 19 Photo : Aide et Action



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