Aide et Action n°92 sep/oct/nov 2004
Aide et Action n°92 sep/oct/nov 2004
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°92 de sep/oct/nov 2004

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Aide et Action France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3,6 Mo

  • Dans ce numéro : minorités, l'éducation en question

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Photo : S. B. Srinivasan Photo : S. B. Srinivasan Groupe de femmes tribales devant l’école soutenue par Rass. directeur. Lui-même et les deux enseignants habitent dans les environs. Tous les enfants du secteur sont scolarisés, au moins jusqu’à l’âge de 10 ans. Le soutien que l’école reçoit de la part du gouvernement est plutôt actif. Le président du panchayat (entité territoriale) leur a offert deux tables et deux chaises lors de l’ouverture de l’école. Ce qui, pour le gouvernement comme pour la communauté, représente un bel effort. Les professeurs ont été formés dans les centres gouvernementaux. Ils reçoivent en outre une formation à des pratiques pédagogiques spécifiques : construction de matériel bon marché, gestion de la salle de classe ou apprentissage ludique. Les élèves apprennent la langue officielle de l’État, l’oriya. Mais les professeurs apprennent de leur côté la langue de la communauté, celle que les élèves parlent chez eux : le desya. À terme, cela permettra une meilleure compréhension par les professeurs des problématiques spécifiques de leurs élèves. Les cours ont lieu cinq jours par semaine et le samedi est consacré à des activités artistiques, culturelles, sportives ou agricoles avec le jardin potager. Les adultes du village y prennent parfois part. C’est aussi le samedi qu’ont lieu les séances Le samedi est consacré aux activités extra-scolaires. 16 de correspondance et de lecture des lettres de parrains. Ces dernières, autrefois conservées dans des tiroirs, sont aujourd’hui accrochées aux murs de la classe. Cet exemple montre concrètement quelle peut être l’action d’une association en faveur de l’éducation. Mais l’alphabétisation peut servir de multiples causes, et notamment la création pour certains groupes d’activités génératrices de revenus. Ces dernières permettront à terme la généralisation de l’éducation à la communauté tout entière, par l’amélioration des conditions de vie. En Afrique, des femmes massaï se sont regroupées afin de pouvoir atteindre ces objectifs (voir encadré ci-contre). Pour une réflexion globale sur les minorités et la pertinence d’une diffusion de l’Éducation pour tous, toutes les expériences sont bonnes à analyser. De la même façon, les travaux réalisés par Aide et Action dans les pays où elle intervient ont un intérêt beaucoup plus large que leur seule application locale. Les méthodes de pédagogie utilisées au Vietnam ou en Inde, légitimées par une réflexion globale à laquelle prennent part des organismes comme l’ONU, sont promises à un bel avenir. Les partager est essentiel et permet de faire avancer la cause de l’éducation. Car les cultures sont multiples et les formes d’apprentissage le sont tout autant. ■ Photo : Aide et Action Développement, scolarisation : le cas des Massaï La population massaï représente environ 300 000 personnes. Elle peuple les basses plaines et les vallées humides le long de la vallée du Rift, du sud du Kenya au centre de la Tanzanie. La pluviométrie très basse (500 à 1000 mm par an) implique un mode de vie très particulier. Ces pasteurs semi-nomades pratiquent un élevage transhumant qui requiert des déplacements plus ou moins longs et fréquents suivant les saisons. Caroline Kumomoru et sa sœur Sanau font partie de l’Association des mères et des filles massaï de Narok, au Kenya. Elles ont lancé le projet Aramat à Mosiro, partie la plus aride de la région, où, en raison de la sécheresse, le bétail est décimé. Le projet a deux objectifs principaux : améliorer la qualité du bétail en croisant les vaches locales avec des zébus et enseigner des techniques agricoles aux Massaï en introduisant des cultures vivrières : sorgho, millet, manioc, maïs, haricots et légumes. Les femmes massaï se sont beaucoup intéressées à ce projet, car ce sont elles qui, dans leurs communautés, sont chargées de subvenir aux besoins de leurs familles. Maintenant, les femmes sont en mesure de vendre leur production excédentaire sur le marché et commencent à devenir économiquement indépendantes. Cette indépendance se traduit directement par une amélioration de la scolarisation de leurs enfants.
Photo : Krousar Thmey Actions internationales « Genève internationale » Genève est une véritable pépinière d’organisations diverses. Parmi elles, la toute récente Aide et Action Suisse. Suite à la signature d’un partenariat entre la Suisse et la France, une présentation de la nouvelle association et de son cadre de travail s’imposait. Aide et Action Suisse finance le projet « Scolarisation des enfants démunis de Poïpet ». L a ville suisse mérite bien son surnom de « Genève internationale ». Après le Comité international de la Croix-Rouge, dans la ville depuis 1864, les institutions n’ont cessé d’affluer. Action humanitaire, commerce, droits de l’homme, environnement, développement durable, formation, éducation, santé, travail, etc. Tous les domaines sont représentés. Symbolique entre toutes, la Croix- Rouge a été créée par Henri Dunant. Première organisation de secours aux blessés sur les champs de bataille, elle a très rapidement acquis une renommée internationale. Ce foisonnement d’institutions et d’organisations diverses est probablement la source des convictions humanitaires fortes et de la tendance générale de la population à s’impliquer au niveau international. Aide et Action Suisse (www.aide-et-action.ch) est née fin 1999 d’un noyau de quelques bénévoles qui ont rapidement réalisé que le statut d’association était indispensable pour se développer. Ce fut chose faite en mai 2002. Dès juillet 2003, l’élaboration progressive d’un contrat de partenariat avec Aide et Action France a permis la mise sur pied d’une petite équipe de salariés. L’association se concentre sur les parrainages de projets, de classes ou d’écoles. Elle a déjà à son actif un dossier d’envergure : le financement par le canton de Genève d’un projet mené par Krousar Thmey (un de nos partenaires au Cambodge) en partenariat avec le gouvernement cambodgien. L’école soutenue est Prum Nimith et se situe à la frontière avec le Laos. Nous vous reparlerons de ce projet prochainement… En Suisse, l’heure est à l’organisation et au développement de l’association, dans toutes les régions du pays. Les volontés ne manquent pas. Brigitte Galliot, présidente de l’association helvétique témoigne : « À nous maintenant, bénévoles, parrains et salariés de faire connaître la qualité de la réflexion et du travail que mènent les différentes équipes d’Aide et Action dans le monde. Pour que l’éducation devienne chaque jour davantage un pôle moteur du développement durable et de l’autonomie des communautés ». ■ Salon du livre L’association a participé pour la première fois cette année au Salon international du livre, de la presse et du multimédia qui s’est tenu fin avril à Genève. C’est au sein du Village Alternatif (www.village-alternatif.org) qu’Aide et Action Suisse a posé son stand, avec d’autres organisations soucieuses de la promotion du développement durable. Le thème cette année : « La marchandise humaine ». C’était l’occasion ou jamais de rappeler que le travail des enfants est une réalité dans de nombreux pays. À travers une exposition intitulée « À quel âge le travail est-il un privilège ? », les visiteurs ont ainsi été sensibilisés à l’un des nombreux freins à l’éducation. Sur ce thème particulièrement, Thierno Aliou Diaoune (responsable des programmes en Guinée) a expliqué combien le travail familial, adapté à l’âge de l’enfant, fait partie de l’éducation en Afrique. Les visiteurs ont ainsi pu prendre conscience de la difficulté de concilier l’éthique, la survie familiale et les traditions quand il s’agit de lutter contre les formes commerciales, sexuelles ou militaires (enfants soldats) du travail des enfants. Le stand d’Aide et Action Suisse au Salon international du livre, de la presse et du multimédia. SUISSE 154, route de Malagnou, CH-1224 Chêne-Bougeries case postale 338 Tél. : +41 79 409 20 46 www.aide-et-action.ch 17 Photo : N.Neuenschwander



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