Aide et Action n°92 sep/oct/nov 2004
Aide et Action n°92 sep/oct/nov 2004
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°92 de sep/oct/nov 2004

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Aide et Action France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3,6 Mo

  • Dans ce numéro : minorités, l'éducation en question

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Photo : Gilles Oddos Au Vietnam, les minorités ethniques représentent 14% de la population. pourquoi imposer un système d’apprentissage et de savoirs qui ne correspond pas au rythme et au mode de vie d’un groupe donné ? Au Vietnam, les minorités ethniques sont parmi les populations les moins touchées par le développement général du pays. Elles représentent 11 millions de personnes, soit 14% de la population du pays. Elles vivent dans les régions rurales les plus pauvres, dans les provinces les plus au sud du delta du Mékong et les hauts plateaux du Centre et du Nord. Elles souffrent du manque d’infrastructures (communication, éducation, santé) mais aussi de précarité alimentaire, de dégradation de l’environnement. L’analphabétisme est largement répandu, notamment chez les femmes. Les filles sont mariées très jeunes, parfois dès l’âge de 13 ans. La politique engagée par le gouvernement auprès des minorités vise à l’amélioration des conditions de vie et surtout à l’association des minorités au développement économique du pays. C’est pourquoi le Vietnam se tourne actuellement vers une politique d’intégration des différents 14 4 Hanoi VIETNAM Région de Khan Hoa groupes formant la mosaïque culturelle du pays. En témoigne par exemple le musée d’Ethnographie récemment ouvert à Hanoi, destiné à mettre en valeur la richesse culturelle et la diversité des minorités du Vietnam. Mais, conscient de l’énormité de la tâche, le gouvernement a sollicité l’appui des organisations internationales et des ONG présentes dans le pays. C’est le cas dans la région de Khan Hoa. La région de Khan Hoa La province est à la fois côtière et montagneuse. Elle compte huit districts dont deux zones urbaines : Bha Trang et Cam Ranh. La population totale dépasse le million d’habitants. Cette province, privilégiée par sa situation géographique, obtient de bons résultats en terme de développement socio-économique. Pourtant, une partie de la population reste en difficulté. L’insertion sociale, l’accès à l’éducation et aux services sanitaires sont encore limités. L’habitat dispersé et les infrastructures de communication réduites rendent le moindre déplacement particulièrement pénible. L’accès aux écoles, aux centres de santé ou aux administrations locales demande parfois plusieurs heures de marche. Les enfants ne sont donc pas en situation favorable de scolarisation. D’autre part, le niveau de maîtrise de la langue vietnamienne par La méthode EPE ces minorités est en général assez faible. L’organisation de cours de soutien est rendue difficile par le manque d’infrastructures. Les parents, de leur côté, ne sont pas toujours sensibilisés à la nécessité et au besoin de scolarisation de leurs enfants. Depuis quelques années, les efforts faits par le gouvernement ont apporté des résultats mais le pays affronte encore des difficultés considérables. Parmi les minorités, les taux d’abandon et de redoublement sont importants, la qualité du travail scolaire est faible en partie à cause de la mauvaise santé chronique des enfants. À partir des études exploratoires et d’une étude de faisabilité, Aide et Action a signé des protocoles d’accord avec les autorités provinciales préparant des projets éducatifs dans trois domaines : • scolarisation de la petite enfance afin de sensibiliser les parents à la prise en charge des enfants de 0 à 5 ans, de favoriser leur accueil en maternelle, d’améliorer la qualité de l’enseignement en vue de les préparer à l’école primaire ; • scolarisation des minorités pour améliorer la situation scolaire et sanitaire, spécialement pour les enfants des groupes ethniques ; • scolarisation des enfants des rues pour les instruire et les former à un métier en vue d’une insertion sociale et familiale. L’accent est mis sur la formation des enseignants à la santé par la méthode EPE (voir encadré ci-dessous). Enfin, le soutien aux cantines scolaires permet d’améliorer le suivi de l’alimentation des élèves. Ces différents projets exigent une longue préparation au Vietnam comme dans les autres pays d’intervention de l’association. Des études sont menées avec les acteurs présents sur le terrain, notamment des associations qui recherchent toujours l’implication des communautés dans leur propre développement. Le travail de terrain de l’association Rass En Inde, l’association Rass a développé des méthodes originales. Implantée en Orissa (district de Koraput, Inde) depuis 1997, Rass travaille avec diverses tribus. La population de sa zone d’intervention est composée d’une petite quinzaine de Cette méthode, mise au point à partir des idées du professeur David Morley, est basée sur un principe simple : dans les pays en voie de développement, les enfants aînés d’une famille sont souvent ceux qui s’occupent des plus petits. Partant de ce constat, il semble intéressant de former directement les enfants à la santé. Ainsi, ils pourront transmettre leur savoir à leurs petits frères ou petites sœurs et améliorer le quotidien de toute la communauté. L’objectif ultime consiste à faire prendre conscience aux enfants de l’importance de leur groupe et du rôle qu’ils peuvent jouer au sein de leur communauté. Basée sur la solidarité, la méthode permet de contourner un obstacle délicat : l’absence des parents pour cause de travail à l’extérieur. La formation de ces enfants peut être logiquement assurée par les enseignants, dans le cadre de l’école. Encore faut-il qu’ils soient eux-mêmes formés pour que le processus s’enclenche.
Photo : S. B. Srinivasan Photo : S. B. Srinivasan• ACTIONS LOCALES » > Vie associative » > Près de chez vous » >• PAROLE DE… » > De fil en aiguille… une marraine en Guinée » > Daouda, ancien filleul au Sénégal » >• PERSPECTIVES » > L’éducation au centre du développement » >• ACTUS• AIDE ET ACTION JUNIOR• INNOVATION » > Minorités : les enjeux éducatifs » >• ACTIONS INTERNATIONALES » > « Genève internationale » » >• RÉALITÉS » > La Casamance, entre conflit et reconstruction » >• CULTURE » > Jour de marché pour Diaraye » >• ÉCHO DES MÉDIAS » > Extraits » > M. Maniratnam, co-fondateur de Rass et les enfants de Champatut. tribus, parlant toutes le desya et des dialectes utilisés en famille. Les activités professionnelles sont essentiellement axées autour de l’agriculture et occasionnellement de l’artisanat (poterie). Chaque tribu a ses propres spécificités culturelles et ses propres coutumes. Elles ont été chassées de leur territoire dans les années 1980 suite à l’application de lois visant à la création de parcs nationaux. La majorité des personnes composant ces groupes ainsi exclus de leur environnement naturel se Chaque tribu a ses spécificités culturelles. sont vues contraintes de travailler sur les terres de plus riches propriétaires, pour quelques roupies par jour. Elles ont ainsi perdu identité culturelle et source de revenus. Elles ont également perdu confiance en elles. Aujourd’hui, bon nombre de tribus en Inde sont composées de travailleurs gagés, dont la culture et la langue risquent de s’éteindre sans intervention urgente. L’association Rass prône un développement durable qui passe par l’amélioration des conditions de vie des populations locales. Sa mission est d’offrir un avenir aux catégories les plus vulnérables de la société indienne, en leur donnant accès à l’éducation, dans le respect de leur culture. La méthode d’approche qu’ils utilisent est originale et intéressante. Ils repèrent dans un premier temps, au sein de la communauté, des personnalités susceptibles d’avoir une influence auprès des autres membres du groupe. Puis ils invitent ces personnes à visiter des projets en cours dans d’autres zones. Les uns discutent avec les autres, échangent leurs points de vue, analysent leurs problèmes et les moyens de les résoudre. Il s’agit seulement d’une visite d’une semaine, de découverte. Puis les visiteurs rentrent chez eux et peuvent faire part de leur expérience à ceux qui sont restés au village. La discussion entre personnes du même village, ceux qui sont allés visiter les projets et ceux qui Comment l’ONU appréhende le sujet « De manière générale, l’approche autoritaire de la plupart des systèmes éducatifs imposés aux populations autochtones ne prend pas en considération l’importance de leurs valeurs traditionnelles et culturelles. Ces systèmes éducatifs mettent plutôt l’accent sur l’intégration des groupes autochtones au modèle national. La majorité des enfants autochtones ne s’adaptent généralement pas à ces systèmes et, de ce fait, les communautés autochtones se caractérisent par des taux d’analphabétisme très élevés et un faible niveau d’instruction […] Des mesures novatrices ont été récemment prises pour remédier à cette situation. Au Guatemala et en Bolivie, par exemple, les enfants autochtones sont instruits dans leur propre langue aussi bien qu’en espagnol, ce qui facilite la préservation de leur identité culturelle. Dans certaines régions, on a créé à l’intention de chaque communauté ethnique un système éducatif basé sur la diversité linguistique et culturelle […] Le concept général d’assistance technique, qui imposait un certain modèle de développement aux populations concernées, sans les consulter, créant ainsi une dépendance à long terme, a été radicalement modifié. Cette approche du haut vers le bas s’est révélée très inefficace. L’accent est désormais mis sur l’autosuffisance et l’indépendance. » Publié par le Département d’information de l’ONU. sont restés, peut alors débuter. Petit à petit, Rass est acceptée, les groupes se forment et les idées émergent, tout naturellement. L’association peut alors apporter son appui éventuel pour des projets élaborés en connaissance de cause par la communauté. À Champatut, une école a ainsi été créée. L’école de jour du village de Champatut L’école est un bâtiment modeste au toit de tôle. Quarante-neuf enfants y étudient : trente-deux garçons et dix-sept filles qui viennent des quatre hameaux environnants. M. Ramkrishnan Padi en est le 15



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