Aide et Action n°91 jun/jui/aoû 2004
Aide et Action n°91 jun/jui/aoû 2004
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°91 de jun/jui/aoû 2004

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Aide et Action France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 1,7 Mo

  • Dans ce numéro : développent, une affaire de femmes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Photo : S. Bernard-Srinivasan Parole de… « L’accès au savoir est un droit fondamental » Depuis le 1 er janvier 2004, Sothik Hok coordonne les équipes du SIPAR, un de nos partenaires au Cambodge. De passage à Paris pour participer au week-end des États Généraux d’Aide et Action, il nous a accordé un entretien. Sothik Hok, le nouveau directeur du SIPAR au Cambodge. En travaillant avec le SIPAR vous avez choisi d’agir pour les enfants du Cambodge, parlez-nous de votre enfance à vous… Je suis né en 1968 dans la ville de Kompong Cham. En 1975, lorsque les Khmers Rouges ont pris le pouvoir, j’avais tout juste 7 ans, l’âge d’entrée à l’école. J’étais berger. Je n’ai pas eu le choix. Pendant 4 ans, j’ai vécu dans un camp, séparé de mes parents, sans bien sûr recevoir aucune instruction. De retour dans mon village, j’ai continué. Puis en 1981, ma sœur m’a dit : « Sothik, tu dois aller à l’école, sinon tu n’as pas d’avenir ! » Vous aviez donc 13 ans lorsque vous avez fait vos premiers pas à l’école ? Oui… Je suis entré au niveau I, l’équivalent du CP en France, avec beaucoup de retard à rattraper ! Au début, c’était difficile mais 6 j’étais motivé… L’instituteur m’a aidé. Il m’a donné des cours du soir bénévolement. Dès la fin du semestre, il m’a encouragé à sauter une première classe. Le début d’une longue série puisque j’ai obtenu mon bac 6 ans plus tard à 19 ans ! Après avoir passé votre bac, en 1987, vous souhaitiez donc poursuivre vos études ? Oui. J’ai obtenu une bourse pour partir étudier en ex-Union soviétique à l’Université pédagogique des langues étrangères… J’ai appris à parler couramment le russe et le français. Je suis reparti fin 1995, mon « master » en Pédagogie d’enseignement en poche ! Je voulais retourner dans mon pays pour y apporter le savoir dont j’avais bénéficié à l’étranger. À peine un mois après mon arrivée au Cambodge, Les centres d’Éducation pour tous : l’auto-apprentissage en dehors de l’école j’ai rencontré le coordinateur du SIPAR de l’époque… L’association avait besoin d’un conseiller sur un programme de formation, c’est comme ça que l’aventure a commencé. Petit à petit, je suis devenu responsable du programme Bibliothèques puis coordinateur et aujourd’hui directeur de l’équipe de Phnom Penh. Aujourd’hui, je réalise combien l’action du SIPAR en faveur du Cambodge est essentielle. L’accès au savoir est un droit fondamental. Je suis heureux de participer à la lutte contre l’illettrisme des jeunes de mon pays. Je sais que c’est grâce à l’éducation et la formation qu’un homme se construit et qu’un pays se reconstruit. ■ Propos recueillis par Marie Algalarrondo, SIPAR Le SIPAR, partenaire d’Aide et Action, s’est spécialisé dans la promotion de la lecture et le développement d’alternatives éducatives comme les centres d’Éducation pour tous. Lieux de rencontres et d’échanges, ils permettent à tous de retrouver un environnement lettré. Équipés de livres, de posters, de cassettes audio et vidéo, ils promeuvent l’auto-apprentissage hors de l’école. Chanthea Nhem, responsable du programme d’éducation non formelle au sein du SIPAR, nous explique : « Les centres d’Éducation pour tous jouent un rôle essentiel. Tout le monde peut y accéder, enfants, jeunes, adultes, personnes âgées… Ils permettent aux villageois de recevoir non seulement une instruction de base mais également, pour enrichir leur profession, des connaissances plus spécifiques adaptées à leurs besoins et au contexte économique local. Les résultats sont très positifs. Les villages évoluent de façon durable car sur le plan éducatif il y a de plus en plus de personnes lettrées et sur le plan économique leur niveau de vie est meilleur. » Ces centres d’Éducation pour tous sont des moteurs de développement communal et favorisent le retour de l’éducation au Cambodge. Photo : Aide et Action Cambodge
• ACTIONS LOCALES » > Vie associative » > Près de chez vous » >• PAROLE DE… » > « L’accès au savoir est un droit fondamental » » > Parcours brillant d’un ancien filleul indien » >• RÉALITÉS » > Les Talibés : élèves mendiants à Dakar » >• ACTUS• BILAN FINANCIER 2003• PERSPECTIVES » > Les femmes, moteur du développement » >• ÉTATS GÉNÉRAUX » > Le processus des États Généraux est entré dans sa dernière phase » >• CULTURE » > Ndeup, thérapie de la transe » >• ÉCHO DES MÉDIAS » > Extraits » > Parcours brillant d’un ancien filleul indien Chinnachamy est un jeune indien issu d’une population « défavorisée » de l’État du Tamil Nadu. Aujourd’hui, chef du bureau des postes, il nous raconte son histoire. « Vanakkam ! (« Bonjour » en Tamul). Je m’appelle Chinnachamy et je suis l’aîné de quatre enfants. Nous habitons au pied des collines dans le village de Manthakulathupatti (Tamil Nadu). La plupart des habitants du village sont analphabètes et vivent reclus. Ils n’ont aucun moyen de communiquer avec le monde extérieur et en ont même peur. Par exemple, lorsqu’un fonctionnaire de l’État vient au village, les habitants se cachent dans leur maison ! J’ai passé mon enfance à élever des chèvres et à jouer avec les autres enfants. Moi aussi, je m’enfermais chez moi quand « les étrangers » arrivaient. Tout a changé quand l’association ASSEFA (partenaire indien d’Aide et Action) a ouvert l’école du village. Mes deux sœurs cadettes et moi avons eu la chance d’y recevoir une éducation primaire grâce au programme de parrainage. J’ai poursuivi mes études secondaires à la Sarva Seva Higher Secondary School. J’habitais dans un foyer et j’ai obtenu une pension pour une éducation gratuite. Pendant ma scolarisation, je me suis fait beaucoup d’amis. Mes camarades et moi avons eu des relations privilégiées avec Une des tâches de Chinnachamy est d’assurer la relève du courrier. les enseignants puisqu’ils vivaient eux aussi sur le campus. Ils nous donnaient certaines fois des cours du soir et nous traitaient comme leurs petits frères et sœurs. J’ai participé aux programmes culturels ainsi qu’aux compétitions sportives. Nous faisions également des sorties éducatives qui m’ont permis de visiter Chennai, Kodaikanal, Thirupathi, Ooty, le Karnataka et le Kerala. J’ai terminé mon éducation secondaire avec succès (jusqu’à la 12 e classe). Cet environnement studieux et chaleureux m’a permis d’acquérir de solides compétences académiques et de développer une plus grande confiance en moi. Après avoir réussi la 12 e classe, j’ai suivi et validé une formation en informatique de six mois. Une chance extraordinaire Aujourd’hui, je travaille actuellement en tant que chef du bureau des postes à Kudagipatti (Tamil Nadu). J’ai commencé ma carrière, il y a cinq ans, comme chef d’une succursale. J’ai repris des études pour obtenir un avancement interne car j’aimerais devenir officier de haut niveau d’ici deux ans. Chinnachamy est devenu chef du bureau des postes. Je réalise que mes sœurs et moi avons eu une chance extraordinaire d’avoir pu recevoir une éducation. Grâce à cela nous sommes sortis de l’exclusion et avons construit notre avenir. Mon jeune frère suit actuellement des cours en classe de 8 e à l’école voisine de Iyyanarpuram. C’est important pour moi de lui donner la même chance qu’à nous et de lui assurer son avenir via l’éducation. J’aimerais l’encourager et l’aider à poursuivre ses études… Je veux lui donner le plus beau cadeau : celui de recevoir une éducation. » ■ 7 Photo : Aide et Action Inde Photo : Aide et Action Inde



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