Aide et Action n°91 jun/jui/aoû 2004
Aide et Action n°91 jun/jui/aoû 2004
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°91 de jun/jui/aoû 2004

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Aide et Action France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 1,7 Mo

  • Dans ce numéro : développent, une affaire de femmes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 12 - 13  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
12 13
Photo : Aide et Action Dans de nombreuses sociétés, l’eau est au cœur des responsabilités traditionnelles des femmes. C’est en effet un élément essentiel de survie dans toute société. Mais dans des lieux où l’accès à l’eau est un problème quotidien, la femme joue un rôle primordial. Pour cuisiner, pour l’hygiène, l’eau est indispensable. Or, c’est la femme qui s’occupe des enfants, qui prépare les repas… et qui gère, en Afrique, 90% de ces tâches domestiques. L’amélioration des conditions sanitaires et un accès facilité à une eau propre à proximité du foyer réduit donc considérablement les charges de travail des 12 Les femmes et l’eau Parfois, plusieurs heures de trajet sont nécessaires pour accéder à l’eau. femmes. Cela libère du temps pour d’autres activités économiques et permet souvent à leurs filles d’aller à l’école. Du point de vue du développement des communautés, les retombées sont absolument énormes. D’une part, les femmes, une fois sensibilisées à l’hygiène, sont les premières à retransmettre leur savoir aux enfants, ce qui réduit les risques de maladie. D’autre part, l’évolution des mœurs concernant le rôle de la femme au sein du foyer connaît une évolution positive puisque les enfants en sont les premiers témoins. Ils seront susceptibles de reproduire et d’améliorer cette évolution. développement, la discrimination est plus étendue [que sur le plan de l’emploi et des rémunérations]. Elle se manifeste non seulement dans l'emploi, mais aussi dans l'éducation, le soutien nutritionnel et les soins de santé. » Plus de 70% des pauvres du monde entier sont des femmes. Il apparaît clairement que l’émancipation de la femme et son accession à l’égalité face aux hommes constituent un objectif crucial. Le respect des droits de la personne fait partie intégrante du développement humain et économique. On parle aujourd’hui volontiers de question de genre. Les hommes et les femmes se différencient sur deux plans distincts : le sexe biologique, c’est-à-dire la différence physiologique, et le genre, c’est-àdire le sexe social. Une courte majorité de pays reconnaît aujourd’hui la « sexospécificité » des femmes, due à leurs cycles et à leurs grossesses ainsi qu’au besoin de soins de santé plus important que celui des hommes. Mais la femme se différencie également de l’homme sur un plan social, avec des différences selon les régions. Les préjugés, les tabous, les clichés en dérivent directement. Dans les années 1970, la communauté internationale a pris lentement conscience de la condition de la femme dans le monde et de son importance dans le développement économique. Souvent sous la pression d’ONG, des mesures ont été prises dans le but de réduire les discriminations dont les femmes étaient victimes. Plus des deux tiers des pays du monde ont modifié leur législation pour améliorer l’accès des femmes aux ressources et aux services sanitaires. Ainsi, le Burkina Faso a modifié sa constitution de manière à interdire la discrimination hommes/femmes. En Inde, la société a des normes patriarcales si fortes que peu de femmes remettent en cause les actes de violence perpétrés à leur encontre. Elles sont très souvent montrées du doigt comme fautives. La raison essentielle en est le manque d’information sur leurs droits. Cela malgré les efforts de multiples associations indiennes de lutte pour les droits de la femme. Les agriculteurs sont… des agricultrices ! Jusque-là, les projets de développement étaient fondés sur l’activité masculine. Il allait de soi que les agriculteurs, par exemple, étaient des hommes. Pourtant, c’est loin d’être le cas. Les femmes sont les principaux producteurs et fournisseurs d’aliments du monde. La division de la main d’œuvre agricole entre les femmes et les hommes tend à confiner les femmes dans le rôle de producteur pour les besoins du ménage. Non payée et non comptabilisée dans les statistiques, la main d’œuvre féminine n’est pratiquement pas reconnue dans le domaine de l’agriculture. En réalité, elle participe en grande partie à l’économie locale et y tient donc une place importante, bien que peu visible. Elle participe pleinement à la production agricole familiale et doit aussi répondre à la pression économique grandissante en apportant sa part au revenu du ménage. Au Togo, une enquête réalisée en 1980 dans la région maritime donnait les résultats Les corvées sont souvent exécutées par les femmes. Photo : Read
Photo : C. Henin• ACTIONS LOCALES » > Vie associative » > Près de chez vous » >• PAROLE DE… » > « L’accès au savoir est un droit fondamental » » > Parcours brillant d’un ancien filleul indien » >• RÉALITÉS » > Les Talibés : élèves mendiants à Dakar » >• ACTUS• BILAN FINANCIER 2003• PERSPECTIVES » > Les femmes, moteur du développement » >• ÉTATS GÉNÉRAUX » > Le processus des États Généraux est entré dans sa dernière phase » >• CULTURE » > Ndeup, thérapie de la transe » >• ÉCHO DES MÉDIAS » > Extraits » > suivants : les femmes assuraient 40% des labours, 70% du sarclage et des récoltes, 80% du semis, 90% de la commercialisation des produits vivriers et 95% de la transformation. Dans le secteur commercial, elles occupaient la première place. Au sein de la famille, elles jouent un rôle essentiel. Ce sont elles qui s’occupent de l’éducation des enfants et des tâches ménagères de la maison. Tous les jours, elles approvisionnent le foyer en eau (voir encadré p.12) et le plus Au Cambodge, le repiquage du riz est essentiellement assuré par les femmes. souvent, elles se chargent des corvées de combustibles : elles vont chercher du bois, avec l’aide des enfants, et ce sont bien sûr elles qui s’occupent des lessives. Cette activité économique informelle est donc en grande partie de leur responsabilité, bien que le fait soit peu reconnu. Pourtant, peu à peu, les mentalités changent. Mais cela prend du temps. Dans la plupart des pays d’intervention, on note des progrès conséquents quant au rôle Au Togo, les femmes se regroupent Les microprojets sont souvent portés par des groupements de femmes. Exemple au Togo… L’éducation des filles fera d’elles des femmes épanouies et des mères soucieuses de l’éducation de leurs propres enfants. Être sensible au rôle de la femme dans l’éducation en général et dans l’éducation des filles en particulier, c’est prendre conscience de l’importance de son rôle dans le développement. C’est ce qui a motivé Aide et Action à créer en partenariat avec l’Unicef le projet « Scolarisation des filles », dont l’une des composantes est la mise en place des fonds rotatifs. La démarche repose sur l’organisation des parents d’élèves en groupement et la constitution d’une épargne préalable. Sur cette base, Aide et Action octroie une subvention pour aider à démarrer les projets. Ces prêts ont commencé en 1997 au Togo et ont été pratiqués par 551 groupements. On remarque d’une façon générale que ce sont principalement les femmes qui constituent ces groupements : elles font surtout du stockage et de la vente de céréales et de produits dérivés. Elles ont appris à épargner, prendre de petits crédits et à calculer les bénéfices de leurs activités économiques individuelles. « Nous nous répartissons maintenant, mon mari et moi, les charges des fournitures, de l’écolage, des vêtements… de nos enfants. S’il achète les fournitures, je paie l’écolage », raconte une mère de famille de Tchandana (préfecture de Tône). de la femme dans la société. Elles sont de plus en plus nombreuses, au sein des communautés, à s’organiser, se regrouper, pour mener des projets de développement, quelquefois modestes mais toujours volontaires. Redonner sa vraie place à la femme Au Togo, Aide et Action soutient un projet de scolarisation des filles en partenariat avec l’Unicef (voir encadré). Malheureusement, dans la plupart des sociétés, y compris dans les pays développés, les femmes tiennent une place qui ne correspond pas à leur implication réelle. L’évolution des droits des femmes est 13



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :