Aide et Action n°102 mar/avr/mai 2007
Aide et Action n°102 mar/avr/mai 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°102 de mar/avr/mai 2007

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Aide et Action France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,8 Mo

  • Dans ce numéro : Tsunami, 2 ans après.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 10 - 11  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
10 11
De nombreux organismes (gouvernements, ONG, institutions…) mentionnent leurs méthodes « participatives ». Mais le schéma « Les différents modes de participation communautaire » (voir schéma ci-dessous) montre la diversité des approches possibles et les abus de langage qui peuvent en découler. Le dossier qui suit est construit autour d’exemples de mobilisation des communautés en faveur de l’amélioration de l’éducation. Ils présentent différents modèles de participation, montrent des réussites, mais aussi les difficultés quotidiennes des différents acteurs de l’éducation, qu’ils soient parents, enseignants, gestionnaires ou membres d’ONG. ■ 10 AIDE ET ACTION - NUMÉRO 102 Connaissance de la langue Pour un enseignant, connaître la langue de ses élèves et leurs parents est indispensable. Cela lui permet de s’intégrer rapidement à la communauté et de partager les spécificités culturelles de chacun. Dans tous les cas, l’enseignement dans la langue locale doit être privilégié pour de meilleurs résultats. Valorisation des savoirs locaux Au sein d’un groupe, tout le monde a une expérience et un savoir à partager. Un outil pour la qualité au Bénin Issus d’un partenariat entre Aide et Action Bénin et le ministère de l’Éducation béninois, les « Observatoires de suivi de la qualité de l’éducation » collectent des données, produisent un répertoire annuel statistique et créent des espaces de débat. Jean Avokpo en est membre sur la commune d’Allada (Bénin) : « Nous en sommes actuellement à la troisième édition de l’annuaire. C’est un outil pour avoir des données fiables en rapport avec les infrastructures, le mobilier ou les effectifs. Aujourd’hui, on connaît les taux de redoublements, l’évolution des effectifs, on peut donc voir l’impact de nos décisions et en prendre d’autres en conséquence. On peut faire des analyses. Par exemple, pourquoi dans tel milieu le taux de recrutement a-t-il chuté ? Les gens assistent à la restitution, puis font des recommandations. Depuis que nous travaillons ainsi, cela nous a permis d’identifier certaines causes d’abandon scolaire : l’inexistence des actes de naissance, par exemple. Quand les enfants arrivent en dernière année de primaire, ils ne peuvent pas s’inscrire aux examens s’ils ne sont pas recensés. Lors des discussions autour de ce problème, dans le village, des décisions ont été prises pour la délivrance de certificats de naissance. » Les différents modes de participation communautaire Annonce par le pilote externe (gouvernement, ONG) de ce qui va se faire ou s'est déjà fait. Les réponses des communautés ne sont pas prises en compte. Les communautés répondent à des questionnaires. Pas de possibilité d'influence sur les projets. Les communautés participent financièrement ou en nature (force de travail) à des projets temporaires. Peu de possibilités de poursuite. Les gens prennent des initiatives indépendantes des institutions extérieures. Ils contactent ces institutions pour trouver des ressources et les conseils dont ils ont besoin. Ils maîtrisent ces ressources. Dépendance totale des communautés : bénéficiaires 1• Participation passive 2• Participation par information 3• Participation par consultation 4• Participation par encouragements matériels 5• Participation fonctionnelle 6• Participation interactive 7• Auto-mobilisation Autonomisation des communautés : acteurs Les communautés sont consultées mais ne définissent ni les problèmes, ni les solutions. Pas de partage des décisions, pas d'obligation de la part de l'acteur externe de prendre en compte leur point de vue. Les communautés forment des groupes à objectifs précis, pour promouvoir des initiatives externes. Ces groupes démarrent souvent bien après le début des projets. Les communautés participent aux analyses, aux plans d'action, à la formation. La participation est vue comme un droit. D’après S. Kumar (directeur AEA Asie du Sud), « Methods for Community Participation », Vistaar Publications, New Dehli, 2002. Photo : AEA Les valoriser, c’est valoriser les personnes, ce qui facilitera toute dynamique de projet : l’enseignant jouira d’autant plus facilement de la nécessaire confiance de la communauté, parfois méfiante envers l’institution scolaire.
La qualité en actions DOSSIER Communautés mobilisées, passeport pour la qualité ? Une éducation de qualité est une éducation choisie. La participation des communautés leur permet à la fois d’assumer leurs choix et de trouver les moyens de les mettre en œuvre. Tour du monde d’une mobilisation aux visages multiples. GUINEE GUINÉE Conakry Bassin guinéen Guinée : « Les parents sont les initiateurs » Thierno Madiou Baj, enseignant communautaire à l’école de Bolo (Télimélé) : « Ce sont les parents d’élèves qui, à la fin de chaque mois, me donnent 1000 FG et deux pots de riz par élève. En plus, pendant la période des travaux champêtres, le village m’aide à avoir un champ, à le défricher, le labourer et le désherber. Grâce à tout cela, j’arrive à trouver ma dépense quotidienne. » Fodé Chérif, inspecteur régional de l’éducation de Kindia : « Les parents sont les initiateurs, ce sont eux qui disent qu’ils veulent une école, qu’ils ont l’infrastructure et qu’ils vont prendre en charge l’enseignant. L’ONG (Aide et Action,ndlr) a un appui stratégique qui permet de former les communautés et l’administration pour la réussite d’un tel engagement. » TOGO Togo : « On arrive à payer les enseignants volontaires » Propos de membres du comité des parents d’élèves de l’école de Kpaskpaï. Le vice-président : « L’idée de créer une école est née de la volonté des parents de ne plus voir souffrir leurs enfants Golfe du Bénin pour se rendre à Hélota ou à Adélo. Le parcours était trop long. Nous nous sommes réunis avec le chef de village, le chef de canton et l’inspecteur pour réfléchir et trouver l’emplacement de l’école. Les tables-bancs étaient en terre battue. Puis nous avons recherché et recruté un enseignant. » Le comité d’école recense les problèmes et tente de trouver des solutions. Photo : AEA Photo : AEA La formation à l’administration est un élément clé de la qualité. Le trésorier : « Avant la formation donnée par Aide et Action sur la gestion d’une école, le comité, constitué du président, du secrétaire, du trésorier et de deux conseillers gérait l’école. On recensait les problèmes et on essayait de trouver des solutions. Mais nous avions d’énormes problèmes d’argent avant la fin de l’année. La formation nous a permis d’élaborer un budget pour l’année en prévoyant les dépenses, les recettes et les sources de revenus. Le changement est qu’on arrive à payer les enseignants volontaires, les craies et tout ce qu’il faut pour l’établissement. L’argent est directement remis au trésorier, mais tout le monde a un droit de regard dans la caisse, que ce soit l’inspecteur, les membres du comité, la communauté ou les élèves qui participent, par la vente de paille, à renflouer la caisse. Le comité organise régulièrement des réunions pour informer tout le monde des rentrées et des dépenses. Ainsi, nous n’avons pas de problème. Chacun connaît son rôle. » AIDE ET ACTION - NUMÉRO 102 11



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :