Aide et Action n°100 oct/nov/déc 2006
Aide et Action n°100 oct/nov/déc 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°100 de oct/nov/déc 2006

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Aide et Action France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 4,6 Mo

  • Dans ce numéro : éducation de qualité pour tous, témoignages d'une ambition.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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à leur réalisation ou à leur poursuite. « 34 AIDE ET ACTION - NUMÉRO 100 Pérennisation T É M O I G N A G E S D’U N E A M B I T I O N Un engagement… désengagement Financer les frais auxquels les populations ne peuvent faire face pour l’éducation de leurs enfants, « a priori » l’intention semble louable ! Mais quelles perspectives offrirait une telle démarche ? En quoi permettrait-elle, demain, l’autonomie des projets ? Loin de se substituer aux acteurs locaux, Aide et Action a choisi de les aider à faire face, eux-mêmes, aux enjeux qui sont et resteront les leurs. Le chemin est sans doute plus long, parfois plus difficile… Mais à terme, l’objectif est clair : des projets autonomes et des acteurs capables de mobiliser eux-mêmes les ressources nécessaires Le cheminement de Modern Architects for Rural India (MARI) a commencé en 1992 quand une communauté tribale de Parvatagiri Mandal a demandé qu’une école soit installée dans son hameau car il était très difficile pour ses enfants de se déplacer jusqu’à l’école du village voisin. J’ai personnellement fait plusieurs voyages au village, ce qui surprenait les villageois mais leur a aussi permis de m’accepter. Les anciens se sont réunis et ont mis au point un plan d’action pour ouvrir une école dans le hameau. Certains villageois firent donation d’un bout de terrain et MARI construisit une petite hutte pour pouvoir commencer une École d’entraide (Self Help School). Ils ont choisi, dans le cadre « Photo : C. Bailleul/OIF Ouvrir des choix De l’aide au partenariat Abdou Diouf est secrétaire général de la Francophonie et ancien président du Sénégal. Pour progresser d’une relation d’aide vers un partenariat, le premier pas consiste à redéfinir le statut et les rôles respectifs de tous ceux qui veulent s’impliquer dans une démarche qui reconnaît et accepte véritablement une du Comité villageois d’éducation (VEC en anglais), un volontaire payé en nature dans le hameau, chargé d’inscrire les enfants et de faire tourner l’école. J’ai proposé que les VEC servent de « banques » auxquelles les villageois abondent pour financer des projets éducatifs à travers un Fonds pour le développement scolaire. Aujourd’hui, Aide et Action ne finance Réunion du Comité villageois d'éducation de Pasra. dignité et une responsabilité égales chez les partenaires, transcendant les différences de cultures et de niveaux de développement. Le type de partenariat que nous devons favoriser ne peut se fonder sur une relation verticale dans laquelle s’exercent l’autorité, la contrainte, l’imposition d’un rapport de force, une souveraineté de substitutions et la transposition des modèles ou, dans le même ordre d’idées, le paternalisme et la condescendance. Au contraire, le partenariat doit se fonder sur des éléments comme le dialogue authentique dans une relation horizontale, dans laquelle les acteurs plus ce projet et depuis janvier 2006, toutes les VEC de Parvatagiri Mandal ont pu payer à leur enseignant un salaire de 800 roupies par mois. La participation active des gens est une clé indispensable pour faire aboutir un projet. R. Murali est responsable de l’association MARI, Andhra Pradesh, Inde. se reconnaissent mutuellement comme égaux et agissant dans une optique d’échanges réciproquement utiles et enrichissants pour chacun par le fait même de leurs différences. Dans cet esprit, il est important que nous développions notre capacité d’écoute, non seulement à l’égard des institutions, mais aussi des particuliers, des cultures et des processus internes qui déterminent les mouvements du monde réel. Cette étape est indispensable si nous voulons parvenir à une meilleure compréhension des spécificités de chacun et une compréhension commune des objectifs et des stratégies de développement. Photo : AEA Asie du Sud
« Penser le départ… dès l’arrivée Photo : AEA Afrique Photo : AEA France Photo : AEA Afrique Tcha Berei est coordinateur pour la région Plateaux, Aide et Action Togo. À Aide et Action, nous recevons des demandes d’intervention de la part des communautés : habitants, maires, instituteurs, parents d’élèves. Nous nous servons ensuite d’études comme « l’analyse pays » et « les évaluations de programmes » pour Inauguration des bureaux d’Aide et Action dans la région des Plateaux, Togo. « Le « faire avec », au-delà du « faire faire » Claire Calosci est directrice générale d’Aide et Action. Au sein d’Aide et Action, nous parlons beaucoup de démarche, car la finalité de tout projet en dépend énormément. Si nous savons (ou pensons savoir !) quoi faire pour le développement de l’éducation, la question du comment est primordiale : pour travailler dans la durée, il faut envisager l’autonomie de tous, savoir ne pas rester indispensable. Or cette démarche, à quelles valeurs répond-elle ? Une démarche, c’est tout autant des principes, une philosophie, une attitude, un comportement et une éthique. C’est finalement un Photo : AEA Afrique élaborer notre stratégie d’extension et « choisir » les régions où nous intervenons, car les demandes sont nombreuses. Enfin, nous lançons une analyse régionale dans laquelle nous prenons en compte un maximum de critères objectifs permettant d’envisager « l’ouverture de zone » en termes d’engagement et de désengagement. Mais comment faut-il « entrer dans la zone » pour pouvoir en sortir dans les meilleures conditions possibles pour les communautés ? Les différentes évaluations des actions développées par notre programme ont permis de poser un regard critique sur ses pratiques antérieures. Il a porté et conduit L’acteur élabore ses projets et les met en œuvre ici à l’aide de l’outil d’animation MARP (Méthode active de recherche participative). chemin de maturation. Il est important de s’éloigner de la démarche caritative, qui implique d’être basée sur l’aide, de concevoir l’acteur comme un bénéficiaire qui ne fait que recevoir, de rechercher seul les besoins et d’y satisfaire, en somme d’imposer le développement… alors subi par les acteurs. Si l’on veut que le bénéficiaire devienne acteur, quelques règles simples doivent être pendant longtemps un certain nombre d’activités par lui-même sans une réelle démarche de transfert de compétences et de responsabilisation au niveau local. Ce qui a fragilisé la pérennité et la durabilité des actions. Depuis, nous avons décidé d’orienter nos démarches vers le transfert de compétences aux acteurs locaux en matière de planification et de gestion de projets. L’identification et la formulation participatives de projets ont été privilégiées à la place d’une approche d’appui technique, matériel et financier au coup par coup, portée de bout en bout par nous. L’animation endogène 1 a été adoptée à la place de l’animation exogène afin de mieux responsabiliser les communautés dans la gestion de leurs projets de développement. C’est pourquoi nous disons qu’il n’y a pas un temps pour entrer et un autre pour sortir. Autrement dit, dès lors qu’on s’engage dans une zone, on doit en même temps préparer le désengagement. Il s’agit de préparer le départ à l’arrivée ; le départ ne signifiant pas seulement retrait mais repositionnement par rapport aux fonctions d’appui-accompagnement et de conseil. 1 L’animateur endogène, à la différence de l’animateur exogène, est issu de la communauté et choisi par elle. respectées : il n’est plus question de besoins, mais de demandes et de résolution de problèmes. L’acteur lui-même conduit sa réflexion, élabore ses projets et les met en œuvre. Il est au centre de la démarche. Le développeur l’accompagne, propose les outils, les savoirs et les techniques nécessaires à la conduite des projets. L’acteur est alors maître de ses choix, on lui en donne les moyens : c’est le « faire avec », au-delà du « faire faire » ! AIDE ET ACTION - NUMÉRO 100 35 Photo : AEA Afrique



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