Aide et Action n°100 oct/nov/déc 2006
Aide et Action n°100 oct/nov/déc 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°100 de oct/nov/déc 2006

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Aide et Action France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 4,6 Mo

  • Dans ce numéro : éducation de qualité pour tous, témoignages d'une ambition.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Crises « … et plus confiants en notre avenir 32 AIDE ET ACTION - NUMÉRO 100 T É M O I G N A G E S D’U N E A M B I T I O N Urgence à éduquer ! L’éducation est un droit. Or, les catastrophes naturelles, écologiques, sanitaires ou les conflits armés bouleversent les systèmes éducatifs et en empêchent souvent l’exercice. Les régions touchées doivent être soutenues pendant et après la crise pour que l’éducation reprenne ses droits. L’éducation, c’est aussi reconstruire. C’est une passerelle fondamentale vers le retour à la vie « normale » pour des enfants souvent traumatisés, qui retrouvent plus rapidement un sentiment de dignité et d’espoir en l’avenir. « Encore plus forts après la crise… Photo : AEA Asie du Sud Photo : AEA Asie du Sud Biju Georges est coordinateur supérieur du Projet de réhabilitation tsunami. Le 27 avril 2005, Aide et Action et Avvai Village Welfare Society ont démarré, dans le cadre du Rajendran est agriculteur à Kosalaikuppam, Inde. Je m’appelle Rajendran et j’habite à Kosalaikuppam, à 1 km de la côte. Je vis avec ma femme, Jayalakshmi, et notre fils adoptif, Kadiravan. Je possède 2 acres de terrain que je cultive malgré un faible rendement. La récolte était prête pour la moisson quand le tsunami a frappé notre village. En quelques minutes, tous mes efforts et investissements ont été balayés. J’ai perdu beaucoup d’ustensiles et même des réserves de grains stockées chez moi. Ma terre a été salinisée par l’eau de mer. Pendant Projet de réhabilitation équitable aux victimes dutsunami, le programme « De l’argent pour du travail » (Cash for Work) pour venir en aide aux fermiers. Les Dalits ont alors eu régulièrement du travail, notamment pour la reconstruction des canaux de distribution d’eau et les bassins à creuser. Les canaux ont sauvé 400 acres de terres très fertiles. 277760 roupies ont été distribuées en salaires. Le Centre de soins pour enfants (CCC) a été construit par la suite. Il accueille en ce moment 73 enfants. Après le tsunami, il faut réapprendre à vivre. deux mois, je me suis battu pour gagner Par la suite, dans le cadre d’un programme mon pain quotidien. J’avais peur de de désalinisation des terres, ma parcelle redémarrer à zéro et décidai de partir fut labourée. J’ai à nouveau pu cultiver du pour de bon dans une ville voisine pour riz et, la saison suivante, j’en ai produit chercher du travail. À ce moment-là, Aide suffisamment pour m’acheter une vache et Action, en partenariat avec Avvai laitière, source de revenu complémentaire. Village Welfare Society, est intervenue Nous sommes désormais plus confiants dans le village. Grâce à son soutien, nous pour faire courageusement face aux travers de la vie. avons repris doucement une vie normale. Notamment, le programme « De l’argent pour du travail » offrait un emploi immédiat avec des bénéfices possibles pour le développement de l’agriculture. Au programme : l’amélioration des canaux d’approvisionnement en eau et des bassins, la construction de digues… Le salaire versé immédiatement m’a évité de partir en ville. Ma femme a formé un groupe d’entraide, Asoka Chakkaram, et elle participe également au centre de soins pour enfants en y cuisinant une fois par semaine. Les habitants recyclent les matériaux de construction. Photo : A.-E. Thion Photo : A.-E. Thion
« Tirer parti des désastres Photo : AEA Caraïbes Honorat Michel est maire adjoint de Gros-Morne, Haïti. Aide et Action : Quelles sont les perceptions des gens aujourd’hui par rapport aux crises ou aux risques comme le cyclone Jeanne ? Honorat Michel : Le cyclone Jeanne a causé beaucoup de dégâts sur son passage. Depuis, des émissions radiophoniques et des spots télé ont informé les gens sur la prévention des désastres naturels, pour qu’ils soient mieux préparés émotionnellement. Au lieu d’avoir peur en entendant l’orage gronder, ils deviennent vigilants et solidaires entre eux. AEA : Quelles sont les relations qui existent entre les risques, les désastres naturels et le système éducatif en Haïti ? H. M. : Le manque d’éducation et de formation à la gestion des risques et des désastres naturels peut donner lieu à de graves accidents lors de catastrophes. C’est là une carence de notre système éducatif. Pour y remédier, des associations locales, des ONG et des ministères, voire des bailleurs de fond (PNUD 1, BID 2) ont contribué à la réalisation d’activités d’information et de formation. Ce n’est pas tout. Au-delà d’un plan opérationnel de protection de l’environnement, il reste à mettre en place un système d’alerte pour la population en cas de catastrophe. Et puis, bien sûr, il faut définir la politique nationale d’éducation environnementale et la développer. 1 Programme des Nations unies pour le développement. 2 Banque internationale de développement. L’éducation à la gestion des risques minimise l’impact des catastrophes. « Il faut immédiatement reconstruire l’éducation. On ne peut pas attendre que les trains roulent à nouveau ! Il faut sauver les esprits, tout comme les corps (…). » BEVERLY ROBERTS, COORDINATRICE DU RÉSEAU INTER-AGENCES D’ÉDUCATION D’URGENCE. Urgence Rwanda « Le 7 avril 1994, le Rwanda a sombré dans l’horreur. Plus de 800000 morts et 2 millions de personnes réfugiées témoignent de l’ampleur du drame. Aide et Action au Rwanda a payé un lourd tribu à ce conflit : des salariés et des filleuls ont été tués, le plus souvent avec leur famille. Et pourtant, dès septembre 1994, l’association lançait un projet de soutien pour la rentrée scolaire. Toujours convaincue que le retour à la paix ne se fera pas sans l’éducation. « Le Rwanda, pays où nous intervenons depuis 1982, est dans la tourmente, victime d’une guerre et de la folie meurtrière de groupes extrémistes. Alors, que faut-il faire ? (…) Aide et Action se doit d’intervenir auprès des enfants rwandais dans les camps de réfugiés. (…) Nous devons être auprès d’eux, mettre en place des projets d’animation et de scolarisation en collaboration avec d’autres partenaires. (…) Et dès que possible nous relancerons nos activités au Rwanda. (…) Nous serons face à l’urgence du développement, domaine où l’éducation des enfants retrouve tout son sens. Car relancer l’éducation est sans doute l’un des meilleurs moyens pour combattre l’intolérance, l’exclusion et la peur de l’autre. Mais aujourd’hui, il faut agir vite. (…) En agissant dans le domaine de la scolarisation qui est le nôtre. Photo : D.R. En alertant l’opinion publique sur l’immensité du drame pour que l’on n’abandonne pas le Rwanda. Enfin, en réclamant avec d’autres que ces crimes ne restent pas impunis, que les responsables des massacres soient jugés. (…) Agir sur place et lutter contre l’indifférence font partie d’un même devoir humanitaire. » Extrait de l’éditorial du numéro spécial, « Urgence Rwanda », juillet 1994. Le génocide au Rwanda a fait plus de 800 000 morts et 2 millions de réfugiés. AIDE ET ACTION - NUMÉRO 100 33 Photo : AEA Caraïbes



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