Aide et Action n°100 oct/nov/déc 2006
Aide et Action n°100 oct/nov/déc 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°100 de oct/nov/déc 2006

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Aide et Action France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 4,6 Mo

  • Dans ce numéro : éducation de qualité pour tous, témoignages d'une ambition.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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« Changer le regard des gens Photo : AEA Asie du Sud-Est L’éducation pour les personnes sourdes et aveugles n’a pas de sens sans un effort de sensibilisation auprès du gouvernement et de la population. Même des élèves d’un bon niveau n’ont aucune chance de décrocher un emploi si personne n’a confiance en leurs « Histoire d’une survie 26 Des élèves comme AIDE ET ACTION - NUMÉRO 100 Handicapés les autres Aveugle, sourd, handicapé moteur, l’enfant différent est souvent marginalisé… Au handicap s’ajoute alors l’exclusion sociale et économique. Convaincre les décideurs qu’éduquer les handicapés est un atout, impliquer les communautés, détruire les barrières culturelles qui parfois aggravent l’exclusion, développer les passerelles entre les approches spécialisées par nécessité (braille ou langage des signes par exemple) et le système formel… tels sont les défis d’une éducation de qualité pour tous, réellement. capacités. En 2005, nous avons lancé une campagne de sensibilisation pour inciter les parents d’enfants sourds et aveugles à les envoyer à l’école. Sean Vibot et Mas Vannany, élèves aveugles, ont participé à cette campagne en jouant de la musique. Pour eux, c’est important de prouver que les enfants handicapés sont capables de réussir et d’inciter les gens à les considérer comme des personnes à part entière. Ils estiment, d’ailleurs, que le plus grand succès du programme est l’intégration des élèves au système publique. Pouvoir étudier dans une classe d’élèves « normaux » a changé leur regard sur les autres et réciproquement. Je m’appelle Manahori, j’ai 20 ans. Ma mère est morte et mon père s’est remarié. J’ai eu la polio à 3 ans et à cause de mon handicap, je suis devenue la cible favorite de ma belle-mère. Je crois que je la dégoûtais. À l’école, c’était pareil. Ma vie était épouvantable, à tel point que j’ai tenté de me suicider mais mon père m’a sauvée. Peu de temps après, Commitments 1 a démarré un programme de soutien pour personnes handicapées. J’ai rencontré une assistante sociale à qui je me suis confiée et ça m’a aidée à reprendre confiance en moi. Elle a suggéré à mon père que je subisse une opération. Un succès, puisqu’après une longue rééducation, je marche presque normalement ! Aujourd’hui, de retour à la faculté, j’ai réussi mes examens de première année. J’ai aussi reçu des demandes en mariage et mon père s’est décidé à me marier. Voilà une nouvelle vie qui commence. 1 Partenaire d’Aide et Action. T É M O I G N A G E S D’U N E A M B I T I O N Phalla Neang est coordinatrice du programme « Éducation des enfants handicapés » de la fondation Krousar Thmey 1, Cambodge. Manahori, victime de la polio, a suivi le programme de soutien de l’association Commitments, Andhra Pradesh, Inde. Photo : AEA Asie du Sud D’autant que malgré leur handicap, ils sont parmi les meilleurs et rentrent à l’université l’année prochaine. 1 Krousar Thmey est la 1 re fondation cambodgienne d’aide à l’enfance défavorisée. Elle est aussi partenaire d’Aide et Action. Jeunes aveugles, Sean et Mas entrent à l’université. « Briser les barrières de l’obscurité Je m’appelle Arjun Choudhary, j’ai 16 ans. J’étudie en classe 9 (équivalent d’une troisième en France) à l’école d’Hellen Kellar Educational Academy d’Indore (Madhya Pradesh, Inde) et je suis malvoyant. L’association MPWAB 1 a créé, dans mon école, un centre éducatif adapté aux enfants malvoyants, souvent considérés comme aveugles. J’y trouve, par exemple, des loupes qui m’aident à lire et à écrire, ainsi que des livres imprimés en gros caractères. Du matériel pédagogique en couleurs me permet d’utiliser ma vue pour identifier les objets plus facilement. Mon enseignante, M me Sohani, m’encourage à utiliser le peu de vue dont je dispose, à l’école comme dans mes gestes de la vie quotidienne. Mes parents me voient progresser et sont confiants dans mon avenir. Je suis passionné par les ordinateurs : mon rêve est de devenir informaticien. Arjun Choudhary est élève malvoyant, Indore, Inde. 1 Madya Pradesh Welfare Association for the Blind. Photo : Krousar Thmey
Mouvement pour l’éducation Je crois, tu crois, nous croyons… que l’éducation change le monde Chaque jour, des milliers de personnes se mobilisent à l’échelle de leur commune, de leur pays, de leur région pour faire de l’éducation un enjeu mondial. Ce foisonnement de mouvements citoyens partage un même objectif : celui de rendre une éducation de qualité accessible à tous. Mais le chemin est encore long pour parvenir à cette « utopie réaliste ». « Sensibiliser le grand public Photo : AEA France Aide et Action : Comment voyez-vous votre rôle de bénévole ? Cécile Courtin : Depuis mes débuts, nos actions de mobilisation se sont modifiées : il y en a moins, mais plus conséquentes. T É M O I G N A G E S D’U N E A M B I T I O N Cécile Courtin est bénévole Aide et Action, France. On essaie aussi de se rapprocher d’associations qui partagent nos valeurs. À plusieurs, nous avons plus d’impact dans nos demandes d’événements et ça nous crédibilise auprès du grand public. Mais cela demande du temps : ce n’est pas toujours évident à gérer. Dans l’optique d’actions de sensibilisation d’envergure, il faut bien avouer que notre force n’est pas le nombre. Cela constitue à mon avis notre point faible. Certaines personnes intéressées pensent qu’il faut être parrain pour devenir bénévole, ce n’est pas vrai. D’autres souhaiteraient avoir une session de bénévolat régulière, « Les enfants de Kindia se font entendre à leur manière À l’occasion de la cérémonie de clôture de la Campagne mondiale pour l’éducation 2006, des élèves de la communauté urbaine de Kindia (Guinée) ont offert aux représentants officiels un beau spectacle. Les enfants ont dénoncé les conditions de travail et de vie de leurs enseignants en créant trois sketches. Le premier raconte la vie d’un enseignant qui s’endette car son salaire ne lui permet pas de vivre décemment. Face aux menaces de ses créanciers, il ne peut plus exercer son métier correctement, au détriment de ses élèves. Le deuxième sketch représente une classe de plus de 100 élèves. Tout le monde n’entend pas, il n’y a pas d’évaluation et l’enseignant délaisse les enfants en difficulté. La dernière mise en scène montre un enseignant qui n’a pas assez de matériel didactique. On y voit cinq ou six élèves autour du même livre, pas d’ardoises, ni de craies… Une seule idée à retenir : dans ces conditions, la qualité de l’enseignement est un leurre. Message entendu ? « C’est un cri du cœur qu’ils ont lancé (ndlr : les élèves) aux autorités, aux parents d’élèves et ONG pour leur expliquer les conditions de travail de leurs maîtres (…) En effet, dans une classe de plus de 100 élèves, quelles que soient les compétences d’un enseignant et la motivation des élèves, il est impossible de parler d’un enseignement – apprentissage de qualité. » Abdoul Karim Keita est membre de la cellule d’inspection pédagogique à la Direction préfectorale de l’éducation de Kindia, Guinée. « Le bénévole à Aide et Action, c’est un militant engagé pour le droit à l’Éducation pour tous (…) Être bénévole, c’est une façon d’être qui dépasse les cloisonnements, qui montre une ouverture. » CATHY ARGOUD, BÉNÉVOLE D’AIDE ET ACTION. « (…) Les enfants ont été plus à même de sensibiliser l’opinion publique et les décideurs. Cela a plus d’impact que les discours d’adultes. Ils ont donc demandé qu’on s’occupe davantage de leur maître (…), l’aider par exemple à satisfaire ses besoins primaires au risque sinon de le détourner de ses occupations professionnelles, et cela, les enfants ont eu à l’apprécier et ils ont voulu qu’on les regarde en face et qu’on les aide. » Amadou Souaré est vice-président de l’Observatoire régional de l’éducation de base de Kindia, Guinée. « Tous les enfants de Kindia, nous crions tous. Ce cri du cœur, nous vous le confions. Nous comptons sur vous. Toujours. » Enfants de Kindia, Guinée. Les enfants de Kindia ont chanté pour la qualité de leur éducation. chaque semaine. Nous, c’est davantage au gré des événements prévus. Cette année, on va essayer d’avoir un agenda mieux organisé, avec une prévision des grandes lignes d’action dès septembre. AIDE ET ACTION - NUMÉRO 100 27 Photo : AEA Afrique



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