Aide et Action n°100 oct/nov/déc 2006
Aide et Action n°100 oct/nov/déc 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°100 de oct/nov/déc 2006

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Aide et Action France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 4,6 Mo

  • Dans ce numéro : éducation de qualité pour tous, témoignages d'une ambition.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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« Renforcer la motivation des filles Photo : D. R. Dans la Gnagna (Burkina Faso), la scolarisation des filles est faible (28,1% en 2005). La pauvreté, les mariages forcés ou précoces, les travaux domestiques et les violences subies à l’école expliquent en partie ce taux. D’où l’idée de mettre en place un projet pour la scolarisation des filles. On veut rehausser le taux Éducation des filles « Succès inégalé : trois fillettes sur dix ont réussi l’examen ! 22 Le droit des femmes commence avec l’éducation des filles Si l’éducation des filles est une priorité, elle ne s’envisage pas sans une vision plus large de la place de la femme dans la société. Quelle éducation pour quels débouchés, professionnels et sociaux ? Le déni d’éducation fait aux filles hypothèque leur avenir et celui de leur pays, en les maintenant dans un rôle économique et social défini sans elles. Le défi d’une éducation pour toutes et tous ne pourra être relevé qu’avec la participation des femmes ET des hommes, ensemble. AIDE ET ACTION - NUMÉRO 100 T É M O I G N A G E S D’U N E A M B I T I O N Hamadou Ouédraogo est responsable de l’amélioration de la vie scolaire à la Direction provinciale de l’enseignement de base de la Gnagna, Burkina Faso. Je m’appelle Reena Kalra et j’enseigne dans une école Taleemshala 1 du village de Jalabas dans le district d’Alwar au Rajasthan. Dans cette région, le taux d’analphabétisme est particulièrement élevé dans la population Méos. Davantage encore pour les filles qui travaillent pour leur foyer en allant chercher de l’eau ou en s’occupant des vaches. Elles subissent aussi la pression du mariage dès la préadolescence. Avant notre intervention, leur éducation se limitait à celle, religieuse, dispensée par la mosquée. Notre arrivée constitue donc une avancée pour elles mais des freins existent. Les femmes, les mères notamment, n’interviennent que peu dans l’éducation des filles. De leur côté, elles sont peu assidues. Pour résoudre ces difficultés, je suis en contact régulier avec le Comité villageois de développement éducatif (VEDC), en attendant la création d’un Comité d’éducation des mères. Cette année, j’ai été très fière quand trois fillettes sur dix ont réussi leur examen de classe 5 (équivalent au CM2). C’est la première fois que des filles complètent ici un cycle d’éducation primaire. Une grande liesse pour d’admission et la fréquentation scolaire, mais on ne pourra y parvenir qu’avec l’adhésion et la participation active des Associations des mères éducatrices (AME), des Associations des parents d’élèves (APE), des élèves, des enseignants, des responsables de l’encadrement pédagogique et des autorités coutumières locales. On souhaite renforcer la motivation des filles : des tenues scolaires leur seront fournies et des sacs d’école récompenseront les deux meilleures de chaque classe. Grâce à un système de tutorat, les élèves d’un niveau supérieur aideront leurs camarades. Les enseignants se sont engagés à organiser des cours supplémentaires au profit des filles. On va sensibiliser les parents en faisant du « porte-à-porte » avant d’entamer une campagne plus générale. Les mères éducatrices réalisent des champs collectifs dont les revenus serviront à améliorer les rations de la cantine et à acheter des fournitures scolaires pour les filles. Des cercles Reflect 1 seront formés pour alphabétiser les membres des APE et des AME. Enfin, les responsables de l’administration scolaire prévoient quant à eux des sorties de soutien pédagogique et des formations aux enseignants sur les stéréotypes sexistes et les violences faites aux filles. 1 Regenerated Freirean Literacy through Empowering Community Techniques – Une méthode de mobilisation sociale et d’alphabétisation des adultes basée sur leurs préoccupations quotidiennes. les parents mais aussi pour le village. Malgré ça, certains pensent toujours qu’en tant que femme, je ne devrais ni sortir de chez moi, ni travailler à l’extérieur. J’espère que le changement viendra des prochaines filles Méos qui sortiront de l’école en sachant lire et écrire. Reena Kalra est enseignante dans une école Taleemshala, Rajasthan, Inde. 1 « Taleem » : enseignement et apprentissage pour l’autonomie. « Shala » : école. Trop souvent, être une fille constitue un handicap. Photo : AEA Asie du Sud
« La parité entre les sexes fait partie des objectifs de l’Éducation pour tous. Voici aujourd’hui où nous en sommes : les pays en bleu sont ceux où l’on constate une disparité entre les sexes en faveur Photo : AEA Afrique L’éducation pour tous et la parité… pour quand ? Parité entre les sexes dans l’enseignement primaire Atteinte en 2002 100 dont : Bonnes chances de l’atteindre en 2005 9 dont : Bonnes chances de l’atteindre d’ici 2015 9 dont : Risquent de ne pas l’atteindre d’ici 2015 31 dont : des filles dans l’enseignement secondaire, les pays en gras sont ceux où intervient Aide et Action. Les derniers ne sont pas toujours ceux que l’on croit ! « Un enfant qui ne va pas à l’école, c’est tout un peuple qui ne grandit pas. » CHEIK ANTA DIOP, SAVANT ET HUMANISTE. « Des vacances « studieuses » Camara M’Balia, 13 ans, est filleule, Guinée. Atteinte en 2002 54 dont : Albanie, Allemagne, Arménie, Azerbaïdjan, Bulgarie, Canada, Chili, Chine, Croatie, Émirats arabes unis, Équateur, États-Unis, Russie, France, Grèce, Hongrie, Indonésie, Israël, Italie, Kazakhstan, Lettonie, Lituanie, Malte, Norvège, Oman, Ouzbékistan, Pays-bas, République de Corée, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Ukraine Estonie Cuba El Salvador, Swaziland, Paraguay Référence : Rapport mondial de suivi de l’Éducation pour tous, UNESCO, 2006. La liste des pays n’est pas exhaustive. La proportion est calculée sur un total de 149 pays. J’ai 13 ans et je suis en sixième année à l’école primaire du Centre à Boffa 1. Pendant mes vacances, j’aide ma mère à revendre le pain et les biscuits secs. Le matin, je me Parité entre les sexes dans l’enseignement secondaire Bonnes chances de l’atteindre en 2005 6 dont : Autriche, Bolivie, Guyane, Kenya République islamique d’Iran Égypte réveille tôt pour acheter le pain à la boulangerie située non loin de la maison. Par jour, je peux vendre jusqu’à 60 miches de pain et le soir, après le dîner, je rentre aussitôt me coucher, très fatiguée. Le bénéfice de la revente nous permettra de m’acheter la tenue scolaire et les cahiers pour la rentrée des classes. Un jour j’aimerais devenir ministre de la Promotion féminine, pour défendre la cause de la femme dans mon pays. 1 Région centrale de Guinée. Bonnes chances de l’atteindre en 2015 10 dont : Suisse ; Argentine, Belize, Bostwana Arabie saoudite, Ghana Afrique du Sud, Cameroun, Macao, Vietnam Risquent de ne pas l’atteindre d’ici 2015 79 dont : Gambie, Mauritanie, Myanmar, Ouganda, Pérou, Pologne, Rwanda, Zimbabwe ; Belgique, Colombie, Costa Rica, Espagne, Finlande, Irlande, Koweït, Luxembourg, Malaisie, Mexique, Namibie, Nicaragua, Qatar, République dominicaine, Royaume-Uni, Suriname, Venezuela Inde, République arabe syrienne ; Liban, Panama, Tunisie Népal, Sénégal, Tadjikistan, Togo, Zambie ; Brésil, Portugal Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cambodge, Comores, Côte-d’Ivoire, Djibouti, Érythrée, Éthiopie, Guatemala, Malawi, Mali, Maroc, Mozambique, Niger, Papouasie-Nouvelle-Guinée, RDP lao, Soudan, Tchad, Turquie, Yémen ; Algérie Proportion Proportion 36% 4% 7% 53% 100% Camara à la boulangerie. 67% 6% 6% 21% AIDE ET ACTION - NUMÉRO 100 23 Photo : AEA Afrique



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