Aide et Action n°100 oct/nov/déc 2006
Aide et Action n°100 oct/nov/déc 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°100 de oct/nov/déc 2006

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Aide et Action France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 4,6 Mo

  • Dans ce numéro : éducation de qualité pour tous, témoignages d'une ambition.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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« « Elle nous a ouvert les yeux sur la situation éducative du pays » Lors de mouvements de grève lancés par son syndicat, l’Association dominicaine des professeurs (ADP) 1, elle allait jusqu’à Photo : AEA Caraïbes Mon nom est Carlos Roa Zabala, j’ai 22 ans et je poursuis actuellement des études de commerce à l’université des Caraïbes. Je me souviens d’une de mes profs de lycée : M me Mercedes Annoris. Ses conditions de vie et de travail étaient difficiles. Elle était engagée, elle pensait que l’amélioration du statut des enseignants, des conditions d’enseignement, était une clé pour une meilleure éducation en République dominicaine. On la soutenait et on respectait son combat. 20 « L’enseignant est l’architecte de l’âme… » NATH BUNROEUN, SOUS-SECRÉTAIRE D’ÉTAT ET COORDINATEUR DE L’ÉDUCATION POUR TOUS AU SEIN DU MINISTÈRE CAMBODGIEN DE L’ÉDUCATION, DE LA JEUNESSE ET DES SPORTS. « « Nous en sommes très fiers » Je m’appelle Kinnera Chandramma. Je suis présidente du Comité des mères à l’école des enfants travailleurs de Kuravi, soutenue par le Child Labour, programme gouvernemental. Je m’y rends souvent et cela me donne l’occasion d’échanger régulièrement avec le directeur de l’école, M. Mahender. M. Mahender est né dans une ville située à 54 km de l’école. Il vient d’un milieu modeste et a étudié jusqu’en fin de niveau Photo : AEA Asie du Sud AIDE ET ACTION - NUMÉRO 100 Carlos Roa Zabala est étudiant, République dominicaine. M. Mahender, directeur de l’école de Kuravi, reçoit le titre de meilleur directeur d’école de l’année 2005. préférer nous faire cours. C’est vrai que cela peut sembler paradoxal, mais je crois que c’était sa manière de vivre son engagement : militer pour un enseignement de qualité, exiger des conditions de vie et de travail décentes et poursuivre coûte Et si leur professeur militait pour une éducation de qualité en République dominicaine ? que coûte son activité d’enseignante. Aujourd’hui, quelques années plus tard, je repense à son engagement. C’est à elle que nous, ses (anciens) élèves, devons notre prise de conscience sur la situation éducative du pays et le rôle des syndicats. 1 L’Association dominicaine des professeurs (ADP) est le syndicat d’enseignants le plus ancien et le plus connu en République dominicaine. secondaire. Il est enthousiaste et dépense beaucoup d’efforts à sensibiliser les parents d’enfants non scolarisés à l’importance de l’éducation. Il a su tisser de bonnes relations avec la communauté et a réussi à gagner la confiance de ses élèves. Un jour, quand un jeune élève de 7 ans s’est fait mordre par un chien, il l’a immédiatement emmené au dispensaire du village. Le docteur lui a conseillé d’emmener l’enfant à l’hôpital car il n’avait pas tous les produits nécessaires. L’état de l’enfant s’aggravant, M. Mahender est resté deux jours auprès du garçon, jusqu’à sa guérison. Son intervention a sauvé la vie de l’enfant. Parmi 60 directeurs, le gouvernement l’a choisi au titre de « Meilleur directeur d’école de l’année 2005 » pour son travail exceptionnel au sein de l’école des enfants travailleurs. Nous en sommes très fiers. Les membres de notre comité et les élèves étaient comblés quand il a reçu sa récompense. Kinnera Chandramma est présidente du Comité des mères à l’école des enfants travailleurs de Kuravi, Inde. Photo : AEA Caraïbes Photo : AEA Asie du Sud
« « Asséner des vérités, ce n’est pas notre rôle » la Goutte d’Or. À l’époque, on atteignait les limites des méthodes traditionnelles. Le corps professoral de l’école était jeune en Photo : S. Coutellier-Morhange Stéphane Coutellier- Morhange est professeur des écoles, Paris, France. Je suis professeur des écoles depuis neuf ans et j’enseigne actuellement à l’école des Amandiers à Paris. En même temps, je suis aussi maître-formateur et j’appartiens au Groupe français d’éducation nouvelle (GFEN). Mon investissement dans des méthodes alternatives d’enseignement remonte à mon passage dans une école de « « L’enseignant porte l’avenir » Photo : D. R. Philippe Meirieu est professeur des universités, France (www.meirieu.com) Transmettre est, de toute évidence, le plus vieux métier du monde. Le plus important pour l’avenir aussi. La dignité de l’enseignant est dans sa volonté inébranlable d’instruire tous les élèves (…). Déterminé sur l’éducabilité de tous, défenseur du droit de l’enfant au respect, l’enseignant porte l’avenir de la culture et celui des individus à la fois. (…) Il a, ainsi, une mission qui devrait le mettre au centre du corps social et politique. Car, en transmettant les savoirs, il permet à ce corps d’exister et, en éveillant en même temps la liberté des personnes, il fait cadeau à ce corps du bien le plus précieux pour lui. On n’a donc pas besoin de défendre la dignité des enseignants. (…) En revanche, il faut sans cesse rappeler la nécessité de leur reconnaissance. Non pas que les enseignants aient besoin d’être constamment remerciés – ils ne font pas ce métier pour acheter la gratitude d’autrui –, mais parce que nul ne peut donner le meilleur de lui-même sans être reconnu. (…) Trop d’enfants sont, encore aujourd’hui, grande majorité, manquant d’expérience et en difficulté pédagogique. C’est la conseillère pédagogique, puis le directeur de l’établissement qui nous ont orientés en nous incitant à utiliser de nouvelles méthodes. Aujourd’hui, on continue de se réunir de manière informelle ou avec le GFEN pour échanger nos expériences et développer de nouvelles pratiques. Notre hypothèse de base : tous les élèves peuvent réussir. Dès lors, nous tentons de les mobiliser au travers de confrontations d’hypothèses, de débats ou bien encore d’ateliers philosophiques sur des thèmes comme la justice. privés d’éducation. D’autres ont une éducation au rabais. Certains ont la chance d’avoir des professeurs qui peuvent exercer décemment leur métier. Pas tous, malheureusement. Un monde qui ne donne pas la priorité à l’éducation s’englue dans son présent. Il n’a pas d’avenir. Un monde qui ne fait pas à ses enseignants la place qui leur est due est un monde perdu. En revanche, un monde qui parie sur ses enseignants peut retrouver l’espérance. Extrait de la préface du livre « Vocation enseignant » édité par Aide et Action. L’objectif c’est de permettre à l’élève de construire son savoir, pas de lui délivrer du « prêt à penser ». Nous créons des situations dans lesquelles l’élève va se construire comme citoyen, avec par exemple un journal de classe et son comité de rédaction. Asséner des vérités, ce n’est pas notre rôle. Depuis le début, la direction des écoles nous a soutenus dans l’introduction de ces nouvelles méthodes. Mais certains parents ne les comprennent pas toujours. Légitimement, ils s’interrogent : « et les fondamentaux ? ». Il faut créer un dialogue avec eux afin qu’ils admettent que ces méthodes visent une plus grande efficacité dans l’acquisition des contenus des programmes. « VOCATION ENSEIGNANT » DES FEMMES ET DES HOMMES DE TRADITION ET DE LIBERTÉ Pour le 5 octobre, Journée mondiale des enseignants, Aide et Action publie « Vocation enseignant ». Ce livre offre une vision globale de la situation des enseignants dans le monde, autour de 18 portraits croisés d’enfants et d’adultes qui évoquent leur métier ou leur professeur. Retrouvez « Vocation enseignant » sur www.aide-et-action.org AIDE ET ACTION - NUMÉRO 100 21



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