Aide et Action n°100 oct/nov/déc 2006
Aide et Action n°100 oct/nov/déc 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°100 de oct/nov/déc 2006

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Aide et Action France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 4,6 Mo

  • Dans ce numéro : éducation de qualité pour tous, témoignages d'une ambition.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Formation professionnelle « Aider les jeunes à changer leur vie Photo : AEA Asie du Sud Je suis directeur et instructeur du centre iLEAD de Chennai (Tamil Nadu). Nous proposons des formations professionnelles pour permettre aux jeunes défavorisés d’exercer un métier. 200 jeunes ont été accueillis, dont 95% embauchés avec des salaires qui leur permettent de gagner leur vie décemment. Nous les formons en 18 AIDE ET ACTION - NUMÉRO 100 T É M O I G N A G E S D’U N E A M B I T I O N Changer d’avenir Quel est le rôle de l’école dans la préparation des enfants à leur future vie d’adulte ? L’école porte-t-elle à elle seule la charge de « l’Éducation pour tous » ? Des formations professionnelles peuvent l’aider à remplir la mission éducative. Mais cette forme d’éducation doit prendre en compte l’environnement social et économique des apprenants en revalorisant les savoir-faire de leur milieu. Loin de s’opposer, éducation formelle et formation professionnelle poursuivent le même but : donner confiance en l’avenir. Swaminathan est directeur et instructeur du centre iLEAD (Institut de formation professionnelle et de développement), Chennai, Inde. informatique, en mécanique ou en hôtellerie. La majorité n’avait pas terminé leur cursus scolaire pour des raisons financières ou par manque de conseils en orientation. Ils étaient restreints à être ouvriers non qualifiés dans de petites entreprises. Au centre, ils découvrent de nouvelles possibilités. Ne serait-ce que par les cours d’anglais, de gestion du temps, de communication et des cours de vie pratique, comme par exemple, comment gérer son argent. Moi, j’ai environ vingt ans d’expérience comme employeur et employé. Je n’ai jamais été aussi fier de voir des jeunes timides au départ prendre de l’assurance au fil de la formation. Pour beaucoup d’entre eux, les filles surtout, c’est un tournant dans leur vie : un premier « La formation des aînés influence la scolarisation des plus jeunes Au Centre d’échanges et de pratiques appliquées à l’agriculture durable, nous formons des jeunes ou des paysans au maraîchage, à l’agroforesterie, à l’élevage des volailles et des petits ruminants. Depuis 2005, dans le cadre de notre collaboration avec Aide et Action, l’accent est mis sur la formation des jeunes déscolarisés. Ils y apprennent un métier qui leur assurera un revenu. Et puis, ils retrouvent confiance en eux. En échec scolaire, ils étaient les seuls exemples pour les enfants de la famille et sources de démotivation pour les parents. Grâce à cette formation, les parents voient que leurs aînés réussissent et sont capables d’apprendre. Ça leur redonne foi en l’apprentissage et influence les inscriptions et le maintien de leurs frères et sœurs à l’école. Notre centre est récent mais nous sommes d’ores et déjà confrontés à des difficultés. Il y a les infrastructures : trop exiguës. Nous ne sommes pas, aujourd’hui, en mesure d’accueillir l’ensemble des jeunes intéressés. On manque aussi de moyens pour les appuyer dans l’installation à la vie active. Il existe d’autres centres d’éducation comme le nôtre dans la région. Unissons-nous pour faire le plaidoyer de notre action et obtenir la reconnaissance officielle et le soutien de l’État. Je sais que seul, je n’y arriverai pas. Boniface Tchantague est coordinateur du Centre d’échanges et de pratiques appliquées à l’agriculture durable (CEPAAD), Dapaong, Togo. pas vers l’autonomie et un soutien financier pour la famille. Un tournant dans la vie de ces jeunes : la formation professionnelle. Photo : AEA Afrique « Une ambition devenue possible Photo : A.-E. Thion J’ai toujours voulu devenir quelqu’un. Mais mes résultats scolaires tombaient comme un coup de massue. Après avoir quitté l’école, j’ai enchaîné les emplois et les salaires dérisoires. Le programme Technologie automobile iLEAD représente pour moi une lueur d’espoir. J’espère bien réussir et avoir un jour mon propre garage. John Dixon, 20 ans, est étudiant du programme Technologie automobile iLEAD, Chennai, Inde. Photo : AEA Asie du Sud
Enseignants « Un musée scolaire : une idée géniale qui fait apprendre Photo : AEA Afrique Dis maîtresse… M me Lène enseigne avec des objets qu’elle trouve dans la nature. Dans l’extrême nord du Togo, Bambibane Kanfitine Lène, 45 ans, directrice d’une école primaire publique à Dapaong, concrétise ses cours à travers des objets et matériaux qu’elle a rassemblés pour en faire un musée. La collection représente T É M O I G N A G E S D’U N E A M B I T I O N L’enseignant est la figure centrale des systèmes éducatifs. Mais quelle(s) mission(s) guide(nt) cette position fondamentale ? Transmettre, instruire, guider… avec quels moyens, de quelle manière, dans quelles conditions, aux côtés de qui ? L’enseignant a besoin de conditions de vie décentes, de formation et de reconnaissance. Son action se déploie bien au-delà des seuls 4 murs de sa classe, il participe au développement de sa communauté, de son pays et contribue à rendre les gens libres. près de 240 objets classés par disciplines d’éveil. L’histoire, la géographie, l’élocution, l’éducation scientifique, l’initiation à la vie pratique, l’environnement… les objets rassemblés ont tous un lien avec les matières enseignées et éveillent l’attention des enfants sur les activités créatrices et manuelles. Un des formateurs et un ancien élève de M me Lène reviennent sur cette idée originale : Le manuel scolaire n’est pas la seule source de savoir « La force de cette enseignante est d’avoir éveillé l’attention de ses collègues et des élèves qui croyaient, chaque jour, que le livre scolaire constituait la seule source du savoir. Mais à côté, il y a le vrai grand livre « « Je n’abandonnerai jamais ce métier » Je m’appelle Nguon Kim Len. J’ai 37 ans. Je suis mariée et j’ai trois enfants. Actuellement, je suis institutrice de la classe maternelle de Mith Samlanh, une ONG qui travaille à la scolarisation et à la réinsertion sociale des enfants des rues au Cambodge. Cela fait dix ans que je travaille ici. Mon salaire mensuel couvre difficilement les besoins de ma famille. Après dix ans d’expérience, je gagne 180 dollars par mois, ce qui est à peine suffisant. Quand j’ai été embauchée, mon salaire ne s’élevait qu’à 60 dollars par mois. Mon mari n’a pas de métier permanent. Parfois, il travaille comme chauffeur de taxi : avec notre vieille moto ou comme ouvrier de chantier. Nous avons quand même pu nous acheter une petite maison avec l’argent que nous avons mis de côté et avec l’aide financière de Mith Samlanh. La cuisine, la salle de bains, la salle à manger et la chambre à coucher ne sont qu’une seule et même pièce, mais nous avons l’électricité et l’eau courante, même s’il y a beaucoup de coupures. Pour les éventuels frais médicaux, Mith Samlanh nous donne, tous les mois, un supplément de 12 dollars. Les années où nous ne tombons pas malades, cet argent qui est la nature, notre milieu qu’il faut exploiter. C’est d’ailleurs ce que M me Lène a réalisé dans le musée. Tout le monde y accourt pour chercher ce qu’il faut pour la construction du savoir de l’enfant. » Atakpa Laou Kpatcha est enseignant-formateur de M me Lène au CFPA de Dapaong, Togo. J’ai appris par mon milieu pour mieux le connaître et le préserver « J’ai fait la connaissance de certaines plantes de ma région et surtout de leur usage dans les soins de certaines maladies grâce au musée. Ainsi, je participe à ma façon à la lutte contre la disparition de ces précieuses plantes. Je dois à ma maîtresse toutes mes acquisitions en fin de cycle primaire. » Douti Iliassou est un ancien élève de M me Lène au CM1, Dapaong, Togo. sert à financer l’éducation de nos trois enfants, à acheter du matériel scolaire. Mais avec mon seul salaire, nous survivons, nous ne pouvons pas mettre beaucoup de côté. Malgré ces difficultés, mon métier me plaît beaucoup. J’adore les enfants, surtout les plus petits. J’aime les rencontrer, les voir sourire même si ce n’est pas du tout reposant : vous savez, ils sont excités comme des crabes à cet âge-là ! Mais je n’abandonnerai jamais ce métier ! Je suis très heureuse quand je suis avec mes petits enfants. Nguon Kim Len est institutrice de la classe maternelle soutenue par Mith Samlanh, Phnom Penh, Cambodge. AIDE ET ACTION - NUMÉRO 100 19 Photo : AEA Asie du Sud-Est



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