Aide et Action n°100 oct/nov/déc 2006
Aide et Action n°100 oct/nov/déc 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°100 de oct/nov/déc 2006

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Aide et Action France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 4,6 Mo

  • Dans ce numéro : éducation de qualité pour tous, témoignages d'une ambition.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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« Se servir des expériences qui réussissent Photo : D. R. Sam Ba : « L’implication des citoyens est (…) un principe de bon sens ». 12 « La seule voie qui offre quelque espoir d’un avenir meilleur pour toute l’humanité est celle de la coopération et du partenariat. » KOFI ANNAN, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’ONU. « La mobilisation sociale, clé du développement La mobilisation sociale dans le secteur de l’éducation est une stratégie par laquelle tous les acteurs s’impliquent, adhèrent, participent à la conception, à l’exécution et à l’évaluation des projets. Pour construire des infrastructures scolaires (écoles, logements, latrines…), nous, c’est-à-dire l’équipe de mobilisation sociale, prenons rendez-vous avec la communauté, échangeons autour du projet, avant d’identifier les bailleurs potentiels. On sensibilise et on teste la population pour découvrir ses attentes avant d’effectuer une analyse déterminant le rôle de chacun. Par exemple, pour la collecte des agrégats (sable fin, cailloux, terre meuble…) destinés à la construction du bâtiment, une majorité d’hommes les transportent sur les lieux du chantier avec des charrettes, des brouettes. Quant à l’approvisionnement en eau, il est généralement assuré par les femmes à travers l’Association des mères éducatrices (AME) ou le groupement féminin villageois. Peu de déception à ce niveau, car les femmes sont plus soucieuses de l’éducation de leurs enfants. Les chefs coutumiers ou notables, les responsables d’Associations de parents d’élèves et d’AME, ou encore les autorités administratives et politiques jouent un rôle stratégique de leaders d’opinion qui galvanisent et rassurent la population. Bien sûr, des difficultés peuvent entraver ce processus. Que ce soit la non-appropriation du projet par la communauté ou un jeu de AIDE ET ACTION - NUMÉRO 100 En France, l’implication des citoyens dans la mise en œuvre des politiques éducatives les concernant est aujourd’hui devenue un principe de bon sens. À mon avis, elle est même devenue un critère de validité pour l’ensemble des politiques publiques. Cette dimension participative désormais organisée au niveau de la commune par le Contrat éducatif local (CEL) et le Plan éducatif local (PEL) ne naît pas du néant. Auparavant, d’autres dispositifs existaient comme le Contrat d’aménagement du temps de l’enfant ou l’Aménagement des rythmes scolaires. Mais ils manquaient de cohérence et, en se limitant à l’énonciation de grands principes, ils ne rendaient pas la participation des populations efficiente. Il a fallu tirer la leçon de ces échecs et matérialiser une participation tout au long du processus éducatif, de la phase d’étude à l’évaluation finale. L’État a indiqué aux villes qu’une démarche intégrant et impliquant l’ensemble des acteurs éducatifs (parents d’élèves, Éducation nationale, associations…) devait précéder chaque CEL. Pour moi, ce travail d’implication de tous est facilité par mon expérience sénégalaise car j’ai été président de l’Amicale des jeunes de Wakhinane à Pikine en 1990, une association chargée d’améliorer les conditions de vie des habitants à partir de leurs propres forces. L’implication des citoyens en France ne peut que se renforcer et ce pour une raison simple : ils souhaitent de plus en plus être sujets de leur propre changement et non plus objets d’intervention. Et puis il est devenu évident que l’éducation des enfants ne concerne pas uniquement la famille, ou bien l’école ; c’est l’affaire de tous. Sam Ba est responsable du service de réussite éducative à Dreux. récupération individuel, voire politique. La mobilisation sociale est une des conditions de réussite de tout projet de développement d’envergure. Patrice Bationo est chef de service Mobilisation sociale à la Direction provinciale de l’éducation de base du Sanguié, Burkina Faso. Les femmes sont souvent plus soucieuses de l’éducation de leurs enfants. Photo : AEA Afrique
La mortalité infantile est très élevée au Bénin, il y a de nombreuses grossesses précoces et le taux de transmission mère-enfant du VIH/SIDA est énorme. Mon travail est de renforcer les compétences des animateurs béninois qui sensibilisent sur le VIH/SIDA et la santé reproductive. Les spécificités socioculturelles et les tabous sont très forts ici. Il a donc fallu que je modifie mon discours auprès de mes stagiaires. De leur côté il y a des confusions entre des croyances culturelles et des savoirs scientifiques. L’un des animateurs allait faire une intervention auprès d’élèves : il voulait raconter l’histoire d’un « L’effet « boule de neige » VIH/SIDA Ce que l’éducation peut faire Enfants déscolarisés, enseignants absents, le VIH/SIDA ravage les systèmes éducatifs et petit à petit c’est tout l’édifice social qui s’écroule. Informer, sensibiliser, combattre les tabous et les angoisses est un des rôles que doit porter l’éducation pour stopper le développement de la maladie. Si le SIDA est un frein à l’éducation, l’inverse est également vrai : l’éducation contribue à l’éradication de la maladie. « Aller au-delà des tabous Photo : I. Viger Sabaidee 1 ! Je suis éducatrice spécialisée dans la prévention des risques auprès des enfants qui vivent et travaillent dans la rue. J’aborde des sujets comme l’hygiène, la nutrition, les drogues mais également la question du VIH/SIDA. Les enfants et adolescents des rues sont particulièrement exposés au VIH/SIDA. Comme tous les jeunes, ils se sentent invulnérables et ne pensent pas à se protéger. Et ce malgré une vie sexuelle parfois très précoce, quand ils ne sont pas forcés à des pratiques sexuelles dangereuses (prostitution, viols…) sans aucune protection. L’usage des drogues accroît encore plus les risques de contamination. T É M O I G N A G E S D’U N E A M B I T I O N Isabelle Viger est sexologue, formatrice dans une ONG béninoise. Pourcentage d’enfants orphelins en Afrique subsaharienne en 2003 Données non disponibles 0-9% 10-14% + 15% Source : www.unaids.org Pour nous, il est essentiel de fournir des informations « utiles » : pas seulement faire peur. Nous créons nos outils de sensibilisation comme par exemple des romansphotos qui expliquent comment se protéger des MST 2. Par la suite, nous comptons former des jeunes à l’utilisation de ces outils pour qu’ils parlent des dangers du virus à leurs amis et leur famille. C’est l’effet « boule de neige » que l’on recherche. Leurs questions amènent à de longues discussions et explications. Dernièrement, ils m’ont demandé si l’utilisation de préservatifs mettait leur santé en danger et si les relations sexuelles entre personnes du même sexe pouvaient occasionner la couple qui avait la syphilis. Quand je lui ai demandé où il voulait en venir en racontant ça aux enfants, il me répond : « Que les filles ne doivent pas courir » ! Cette intervention est dangereuse car cela déresponsabilise totalement les garçons. Le problème c’est que les animateurs sont trop influencés par les valeurs culturelles. Mon objectif, c’est donc de créer avec eux un guide d’animation dans lequel les situations et les illustrations ne soient pas sexistes… par exemple ! transmission du VIH/SIDA. Cela vous donne une idée du manque d’information ou pire de l’effet des fausses croyances dans notre pays et… de l’importance de notre travail. Phonesavanh est éducatrice sur le programme Puean Mit, Vientiane, Laos. 1 « Sabaidee » signifie bonjour en lao. 2 MST : Maladie sexuellement transmissible. Phonesavanh informe les enfants des rues des dangers du VIH/SIDA. AIDE ET ACTION - NUMÉRO 100 13 Photo : AEA Asie du Sud-Est



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