Agir Par la Culture n°61 mar/avr/mai 2020
Agir Par la Culture n°61 mar/avr/mai 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°61 de mar/avr/mai 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Présence et Action Culturelles

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 3,2 Mo

  • Dans ce numéro : agir pour la culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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4 6 Un cœur en commun // Harald // Delcourt, 2020 Passionner le lecteur de bande dessinée en voulant narrer l’histoire de la Sécurité sociale belge semble au premier abord être une mission impossible. Et pourtant, Harald accomplit cette gageure en mettant en scène trois couches temporelles dans cet opus. Il raconte tout d’abord les débuts compliqués de Louise. À l’âge d’un mois, on constate qu’elle a un problème cardiaque et qu’il faut l’opérer. C’est le premier récit : la peur des jeunes parents, le milieu hospitalier tantôt efficace, tantôt déshumanisant. La deuxième strate parle de l’origine des luttes sociales, en Belgique, notamment par l’évocation de la naissance difficile d’une petite fille, dans un milieu ouvrier pauvre, et du refus d’un médecin d’intervenir sans se faire payer. Le troisième volet, lui, se penche sur le travail secret du COP (Comité Ouvrier et Patronal) pendant la Deuxième guerre mondiale qui se réunissait dans le petit village de Ohain pour créer un texte, texte qui sera à l’origine de notre sécurité sociale, ce formidable outil de socialisation des richesses où chacun contribue selon ses moyens et reçoit selon ses besoins (du moins au moment de sa conception). Par le passage permanent d’une époque à une autre, la BD dépeint de manière didactique et émouvante l’origine des allocations familiales, des pensions, du remboursement des soins de santé… Ces conquêtes qui semblent tellement évidentes alors qu’elles ne l’étaient pas. À l’heure où la propagande néolibérale vise à réduire ces avancées, cette bande dessinée fait partie de l’arsenal culturel à notre disposition pour contrecarrer ces discours et permettre une réappropriation de la Sécurité sociale. Car, oui, il est temps de retourner à Ohain pour la maintenir et l’élargir. OS 6 Désastres urbains // Thierry Paquot // La Découverte Poche, 2019 On réédite ces jours-ci Désastres urbains – Les villes meurent aussi, dans une édition revue et augmentée. Tant mieux ! Philosophe de l’urbain, professeur émérite à l’Institut d’urbanisme de Paris, Thierry Paquot a consacré une œuvre foisonnante – et terriblement inspirante ! – aux rapports des êtres humains avec leur environnement physique, les villes en particulier. Ce livre, publié une première fois en 2015, passe au crible ce que Paquot, véritable Pic de la Mirandole contemporain, définit comme les cinq plaies de l’urbanisme (en chambre) actuel, à savoir : les grands ensembles (les barres HLM dans les banlieues françaises), les centres commerciaux, les gratte-ciels, les lotissements privatisés (repli identitaires sécurisé) et les « grands projets » (du type le Grand Paris). Autant de chantiers qui relèvent, selon l’auteur, d’un véritable technocratisme architectural, essentiellement productiviste, niant le vécu et les aspirations profondes des habitant·es. Et d’un environnement normé à l’assujettissement des individus à des comportements normés, il n’y a qu’un pas… DD 5 4 L’internet de la Haine // Johanna Vehkoo et Emmi Nieminen // Cambourakis, 2019 Les éditions Cambourakis, dont la collection Sorcières est connue pour être une pionnière dans le champ du féminisme, ont publié en 2019 L’internet de la haine, une bande dessinée de Johanna Vehkoo, illustrée par Emmi Nieminen. Les deux autrices auscultent la montée en importance du cyberharcèlement en Finlande. Dans un premier temps, elles dressent le portrait de quelques personnes confrontées à ce phénomène dans divers domaines en n’hésitant pas à confronter les lecteurs et lectrices aux discours haineux proférés comme une diarrhée sur les réseaux sociaux. Les cibles qui témoignent sont principalement des Finlandaises et des femmes immigrées vivant en Finlande, chercheuses, journalistes, politiques, militantes, bénévoles d’organisations humanitaires… Toutes évoquent le traitement auquel elles ont été confrontées, les injures et menaces haineuses, racistes, misogynes reçues, souvent à la suite d’une prise de parole publique. Cette présentation vise notamment à expliciter les ressorts qui meuvent les personnes victimes, ainsi comme l’explique agir par la culture #61 40 \ printemps 2020 7 une femme politique finlandaise d’origine somalienne : « Leur haine nourrit ma force. Elle me rappelle que mon travail a du sens et qu’on a besoin de moi. » Une autre a décidé de retourner le stigmate en organisant un concours de courriers haineux avec un vrai jury. Dans sa deuxième partie, BD donne la parole à des chercheurs et chercheuses spécialistes en la matière afin de tenter d’expliquer cette prolifération de messages ciblant plus spécifiquement les femmes et d’énumérer les techniques utilisées, sans oublier de donner des conseils pratiques. Un ouvrage fouillé et dense mais intensément stimulant qui vise aussi à lutter contre l’autocensure par la technique visant à éclairer le vampire. OS 7 Le Capitalisme patriarcal // Silvia Federici // La Fabrique, 2019 Dans ce nouvel essai, l’autrice de l’emblématique ouvrage féministe Caliban et la sorcière, nous livre une relecture critique et constructive de l’œuvre de Marx sous le prisme du genre et du féminisme. Figure de proue du féminisme marxiste américain, elle éclaire avec précision les zones ignorées par Marx dans son analyse du système capitaliste. Quand et comment Marx envisage-t-il la femme dans son analyse ? Et surtout, quand ne le fait-il pas et pourquoi ? Autant de questions essentielles qui jettent un regard éclairant sur la critique genrée du capitalisme et sur les difficultés de la gauche marxiste à intégrer dans son ADN la question du genre. Elle y décrit notamment le passage de la femme artisane productrice de richesse par sa force de travail à la femme domestique produisant de la richesse non monétaire à travers son travail reproductif. Comment le travail reproductif des femmes a rendu possible le travail productif des hommes. Par ailleurs, elle identifie avec beaucoup de justesse les travers de nos sociétés modernes dans lesquelles beaucoup de femmes ont certes regagné une place égale aux hommes dans la sphère productive mais souvent au détriment d’autres femmes plus précarisées et/ou racisées à qui elles délèguent leur travail reproductif. Un constat à poser comme levier à un combat collectif féministe qui ne doit laisser aucune femme derrière mais doit veiller à l’émancipation de toutes. SdL 5
8 Ali Aarrass // Manu Scordia // Vide Cocagne, 2019 Lorsque Manu Scordia va découvrir l’histoire de l’emprisonnement arbitraire d’Ali Aarrass, il va s’appuyer sur son talent d’illustrateur et de scénariste pour contribuer à rendre publique cette terrible histoire. Petit rappel des faits : Ali Aarrass, citoyen belgo-marocain, est arrêté en 2008 par la police espagnole, qui le soupçonne de trafic d’armes et d’appartenance à un réseau terroriste. Bien que son procès aboutisse à un non-lieu faute de preuves, il est extradé au Maroc, où il reste emprisonné alors que les autorités belges font peu de cas de cette injustice. Ali Aarrass est donc le récit d’une véritable descente aux enfers, et décrit, des années de jeunesse à l’enfer carcéral, comment un homme sans histoire est devenu la cible puis la victime de l’arbitraire, qui l’a conduit au fond d’une geôle marocaine où il a connu la torture. Le dessin en noir et blanc au trait très expressif se met avec force au service de l’intensité du récit et des émotions qui accompagnent les évènements. Au fil des trois parties de ce livre, l’auteur donne la parole à trois protagonistes : Ali, sa sœur Farida et son épouse Houria. Le lecteur accompagne les personnages dans leurs hauts et bas, leurs espoirs, leurs petits moments de joie mais également leur grande détresse. Certains dessins en contre-plongée, ainsi que les natures mortes illustrent avec force le vertige d’impuissance et l’angoisse vécus par Ali Aarrass et ses proches, tout au long de cette terrible incarcération. Un livre que l’on parcourt donc en retenant son souffle… Mais il s’agit aussi du récit d’une lutte et d’une résistance, que ce soit de la part d’Ali Arrass lui-même ou de ses proches, dont la détermination et le courage forcent l’admiration. Ali Aarrass a obtenu en 2019 le « Prix Le Soir de la BD de reportage » et constitue un livre fort et engagé dont la lecture ouvre un questionnement, au-delà de la situation spécifique d’Ali, sur le fonctionnement de la justice et le sort des binationaux. BM 8 podcast Sortez vos vélos, protestons ensemble ! sa 9 mai 2020 RDV 10h15 au Parc du Cinquantenaire (côté Schuman) Départ à 11h ViaVeloPalestina viavelopalestina.be ViaVelo Palestina roulera pour dire : Stop à l’apartheid israélien Stop aux annexions Stop aux opérations marketing pro-israéliennes agir par la culture #61 41 \ printemps 2020 1 1 Les couilles sur la table // Victoire Tuaillon // Binge Audio Derrière un nom outrancier, Victoire Tuaillon nous propose une semaine sur deux d’appréhender sous toutes les coutures les masculinités. Un podcast féministe qui s’intéresse à la masculinité hégémonique autant qu’à ceux·celles qui militent pour construire une masculinité non toxique. Grace à des invités variés, elle aborde un sujet étonnamment peu traité dans les médias, la construction de l’identité masculine et son affirmation dans la société. Comment sont éduqués les petits garçons aux émotions ? Comment expliquer le rôle central de la pénétration dans le rapport sexuel ? Qu’est-ce que la virilité ? Comment expliquer que la contraception masculine ne se développe pas? Un podcast pertinent qui commente sans juger, qui traite de sujets tabous sans virer dans le vulgaire ou le sensationnalisme. À écouter sur la plateforme de votre choix ou sur www.binge.audio/category/ les-couilles-sur-la-table. Fort de son succès sachez qu’il se décline également dans un livre et un spectacle au nom éponyme. SdL



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